Bienvenue sur Le Monde de Mario ! 11/12/2018 - 10 h 42 | 12 connectés (6 membres - 6 invités)

>> Le Monde de Mario > Fanfictions > Une aventure mouvementée dans le monde de Mario

Une aventure mouvementée dans le monde de Mario

Mady - Avatar

Informations

Par MadyMise à jour le 30/03/2015
Avis (17)

Entrer en mode lecture large

L'histoire

Chapitre I
La rencontre

Les gardes m'ont amenée dans une cour extérieure rectangulaire. Le soleil entrait facilement dans les moindres recoins. Des enfants jouaient au beau milieu de cette cour; ils devaient être âgés de 2 ou 3 ans et ils s'amusaient comme des petits fous. La princesse de ce royaume m'avait demandé de les protéger au périple de ma vie; je n'ai pas vraiment compris ce qu'elle voulait dire mais ce sera un jeu d'enfants.

Sans que je m'en rende compte, un petit garçon, le plus petit des autres, s'approchait de moi. Il portait une salopette bleue avec un pull vert en dessous et une casquette verte. Il ressemblait beaucoup au petit garçon au loin qui jouait avec une petite fille blonde sauf que ce garçon avait une casquette rouge. Je le regardais s'approcher vers moi, il avait l'air très curieux de savoir qui j'étais. Il marchait d'un pas précipité, il n'avait pas vu les billes qui étaient devant lui, soudain il trébucha. Voyant qu'il commençait à pleurer je l'ai pris dans mes bras, aussitôt il s'arrêta de pleurer et il m'a fait le plus beau sourire que j'ai vu de toute ma vie. Il riait aux éclats et c'était le premier sourire que je voyais depuis mon arrivé dans le royaume. Soudain le ciel s'assombris...

Chapitre II
Enlèvement

Soudain, le ciel s’assombrit. Ce n'était pas normal; il a fait chaud toute la journée. J'ai levé les yeux vers le ciel et voilà ce que j'ai vu; une sorte de vaisseau avec une hélice en dessous et une personne était à l'intérieur. La petite fille blonde qui jouait maintenant avec une petite fille rousse, elles n'avaient pas vu le vaisseau qui descendait sur eux à une vitesse alarmante. J'ai déposé bébé Luigi, et oui le petit garçon à la casquette verte s'appelle Luigi, à côté de son frère Mario pour aller chercher les petites filles inconscientes. J'ai couru si vite que mes jambes se dérobèrent du sol emportant avec elles les petites filles qui tombèrent dans mes bras. Je les ai amenés dans un endroit sûr et j'ai déclenché l'alarme. Soudain, je me suis souvenu que j'avais laissé bébé Luigi avec son frère bébé Mario là où le vaisseau avait atterris. Je couru dans le palais comme si je courais un 100 mètres jusqu'à arriver dans la cour là où je les avais laissé. J'ai vu que cette personne ou plutôt cette chose ressemblait à un dragon qui a fusionné avec une tortue. J'avais vu ce visage quelque part mais où je ne m'en souvenais pas. Et l'horreur s'est produite; il avait fait prisonnier bébé Luigi et bébé Mario. Comme je voyais qu'il décollait; j'ai pris de l'élan pour sauter, j'ai réussi à m'accrocher au vaisseau mais avec le vent qui faisait tourner la poussière je ne voyais rien. J'ai pris le premier garçon qui était le plus près de moi mais avant que je prenne le deuxième enfant, l'hélice se transforma en réacteur et le vaisseau a décollé. Avec la puissance du réacteur, j'ai été projeté, tout en protégeant le garçon anonyme, vers un mur qui m'a coupé le souffle. Je l'ai entendu crier « Le royaume champignon sera bientôt à moi HAHAHAHAHA !!!!! ». Après avoir entendu cette phrase, je m'évanouis tout en serrant dans mes bras celui que j'avais sauvé de ce monstre sans savoir qui c'était.

Chapitre III
Prophétie et décision

Je me réveillais mal en point encore le souffle coupé et la vue brouillée à cause de mes douleurs au dos. Je levais la tête et je vis plus distinctement une troupe de Toad autour de moi. Une personne était accroupit à côté de moi me regardait, il ressemblait à deux gouttes d'eau au grand frère de bébé Luigi sauf qu'il était plus âgé et s'était un adulte. Il baissait les yeux en même temps que moi et je ressentais une sensation de bonheur et une sensation de désespoir: J'avais sauvée bébé Mario des griffes de ce monstre qui était venu au royaume champignon pour les enlever mais je n'avais pas réussi à sauver mon petit bébé Luigi. A côté de Mario se tenait Luigi, qui ressemblait à bébé Luigi sauf qu'il était plus grand, il était pâle comme si il avait peur de quelque chose mais de quoi, je ne le savais pas. Un Toad messager entrait dans la cour, il disait que j'étais convoqué dans le bureau de la princesse Peach et il n'avait rien dit de plus. Mario m'aidait à me relever puis nous commencions à partir vers le bureau de Peach qui se trouvait de l'autre côté du château royal. Lorsque nous sommes arrivés, elle ne disait rien et nous nous taisions aussi comme si voulions un silence glacial. Puis elle prit la parole.

« – La situation est très critique, bébé luigi a été enlevé et nous ne savons pas qui a fait cette horrible chose sauf vous. »
Elle me montrait du doigt et cela me rendais mal à l'aise.
« – Tu peux nous décrire cette personne ou nous faire un dessin ? »

Je préférais dessiner puisque je ne voulais pas décrire cette personne sans penser à bébé Luigi et que cela va montrer dans ma voix que je vais pleurer et que je que je ne voulais pas en parler. J'avais fini de le dessiner, il le ressemblait peu mais je le reconnaissais quand même. Je donnais cet autoportrait à la princesse Peach et elle le regardait. Après avoir regardé ce dessin, elle avait un regard étrange comme si elle avait reçu un choc électrique dans tout le corps. Puis elle ouvrit la bouche pour parler.

« – C'est terrible, celui qui a kidnappé bébé Luigi est le roi koopa; le roi Bowser.
– Princesse Peach, dit Mario, êtes-vous sûr de ce que vous dites.
– Aussi sûr que je vous vois Mario.
– Cela va être très dur surtout qu'il y a cette prophétie...
– Quelle prophétie, demandais-je, et pourquoi cela va être dur ? »
Depuis que j'étais ici, c'était la première fois que je parlais.
« – Cette prophétie, commença Peach, dit que bébé Luigi et Luigi et bébé Mario et Mario sont liés à un fil invisible magique, cette liaison est fait si par exemple Mario est blessé, bébé Mario est blessé aussi. Donc Bowser avait l'intention de les capturer pour leur faire quelque chose d'horrible. Il faut aller chercher bébé Luigi chez Bowser, mais nous avons perdu sa trace près du manoir des Boos. Il faut que quelqu'un trouve des informations où se cache Bowser. Qui veut y aller ? »
Avant que Mario ouvre la bouche pour demander d'y aller, j'ai crié que je voulais partir chercher bébé Luigi si fort que cela résonna dans tout le bureau. Toutes les têtes se tournèrent vers moi, j'ai senti que c'était de ma faute si il était avec Bowser et que je devais à tout prix aller chercher même si cela doit me coûter ma vie.

Chapitre IV
Départ en fugue et passager clandestin

Toutes les têtes se tournèrent vers moi, j'ai senti que c'était de ma faute s'il était avec Bowser et que je devais à tout prix aller chercher même si cela doit me coûter ma vie. Je baissai la tête car j'avais trop honte de ce qui c'était passé. Puis la princesse Peach commença à parler :

« – C'est trop dangereux d'aller à la poursuite de Bowser sans avoir de bons atouts pour le battre. Mario, tu partiras avec Yoshi demain à la première heure du matin pour questionner les habitants du royaume champignon pour savoir si ils ont vu Bowser dans les environs puis vous irez dans le manoir des Boos pour en savoir plus.
– Oui princesse Peach répondit Mario.
– Eh attendez une minute dis-je, j'ai demandé avant Mario de partir à la recherche de bébé Luigi et puis c'est moi qui a laissé partir Bowser donc le coupable paye les frais, c'est ma faute si je n'ai pas réussi à le sauver; c'est à moi d'aller le chercher.
– Justement tu n'as pas réussi à le sauver et puisque Mario a toujours réussi à sauver tout le monde, il est le plus qualifié pour faire cette mission. »

Avant de dire quelque chose, Luigi me fit signe de me taire car il était très difficile de discuter les ordres de la princesse. Pourquoi avait- elle choisit Mario au lieu de me laisser y aller, elle pense que je suis trop jeune pour vivre de grandes aventures. Mais je ne vais pas me laisser faire, ce soir je prépare mon sac pour partir vers le manoir des Boos là où la fuite de Bowser s'est éteinte. Je suis parti à la cuisine pour que Toady, mon ami le cuistot, me prépare des vivres pour le voyage. Toady est un Toad à qui on peut faire confiance pour garder des secrets et pour ne rien dire à personne. Après quelques explications il savait où je vais et qu'es ce que j'allai faire, bien sûr il va garder mon secret. Plus tard je regardais s'il ne me manquait rien: carte, sac de couchage, bourse remplit de pièces, cordes, vivres et des champignons. Je suis parti du château par une corde faite avec les draps de mon lit et je suis cachée derrière un buisson. Il ne fallait pas que je me fasse avoir par les gardes sinon j'étais cuite, mais par chance il n'y avait personne. Après une demi-heure de marche le château était bien loin dans les cieux, mais j'avais l'impression que quelqu'un me suivait depuis ma fuite au château. Heureusement les goombas et les koopas dormaient à cette heure tardive donc j'étais sûr que ce n'était pas eux mais peut-être quelque chose de pire. Je me retournais voyant qu'un buisson tremblait, peut-être que c'est la cachette du monstre. J'ai pris un bâton près de moi, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai sautée dans le buisson tremblant. Je suis tombée sur monstre puis je lui ai mis un grand coup sur la tête. Les nuages noirs qui cachaient la lune disparurent et j'ai pu voir le visage du monstre. Ce n'était pas un monstre que j'avais frappé; c'était un humain et pas n'importe quel humain; c'était Luigi. Il était à moitié assommé et portait un sac vert dans son dos. Puis il reprit ses esprits et dit:

« – Eh bien, mon frère t'a sous-estimé, tu as une de ces forces.
– Qu'es ce que tu fais là Luigi, dis-je, si Mario te voit là il sera fou de rage.
– Je sais, répondit-il, mais il fallait que je vienne avec toi.
– Pourquoi ?
– Parce que tu es très courageuse pour ton âge. De plus j'en ai assez d'être toujours dans l'ombre de mon frère Mario.
– J'ai 14 ans et alors, ce n'est pas une raison pour me sous-estimer... Comment ça être dans l'ombre de ton frère ?
– Eh bien, pour tout le monde je ne suis que le petit frère de Mario, celui qui a peur de tout et personne ne m'appelle par mon nom.
– Quoi qu'il en soit je t'appellerais dès maintenant Luigi. Luigi c'est toi qui avait sauvé ton frère des Boos et pas l'inverse, non ?
– Oui tu as raison, c'est moi qu'il l'a sauvé et pas le contraire. Maintenant je promets de ne plus avoir peur.
– Ne fait pas des promesses que tu ne tiendras pas. Aller viens nous avons beaucoup de chemin à faire si on ne veut pas se faire prendre notre place par ton frère et Yoshi.
– Tu veux bien que je vienne avec toi ?
– Bien sûr. Et puis deux peureux en valent mieux qu'un. T'inquiète moi aussi j'ai peur et ce n'est pas une raison pour laisser bébé Luigi chez Bowser. »

Luigi et moi nous sommes repartis vers notre premier indice: le manoir des Boos.

Chapitre V
Énigme au manoir des boos

Après avoir passé la forêt de la brume, ce qui n'était pas de tout repos à cause des bruits qui coupaient le silence et le vent glacial qui faisait froid dans le dos, nous étions devant le sinistre manoir des Boos. Ce manoir avait l'air d'être vivant. Arrivé à la grille je remarquais que Luigi traînait derrière moi, il était fatigué; c'était normal car nous n'avions pas fait de pause durant la journée et nous avions du courir pour échapper à un groupe de goombas enragés. Nous devions nous reposer mais ma pensée vers bébé Luigi me donnait plus de force pour continuer. Je me tournais vers Luigi et je dis :

« – Nous allons demander l'hospitalité aux Boos et nous allons essayer d'avoir des informations sur Bowser.
– Les Boos n'offrent jamais l'hospitalité aux personnes même si ils sont en danger de mort.
– J'ai une idée, nous allons les intimider et entrée dans leur jeu.
– Cela pourrait marcher. »

Je frappais à la porte trois fois pour les prévenir de notre arrivé et pour que le plan marche il fallait être poli. Soudain la porte s'ouvrit en grand, elle s'ouvrait sur un très grand hall qui était illuminé par des bougies. Celui qui avait ouvert la porte était un Boo avec un nœud papillon et comme tous les Boos il tirait la langue, puis il commença à parler :

« – Oui, c'est pour quoi ?
– Bonjour excusez-moi de vous déranger, répondais-je, nous voudrions voir votre roi.
– Pourquoi voulez-vous voir notre roi et pourquoi votre ami se cache derrière vous, es-ce qu'il aurait peur des fantômes ?
– Oh non pas du tout. Il voulait faire une interview de votre roi pour son journal malheureusement il est très timide et il m'a demandé de l'accompagner voilà c'est tout.
– Enfin quelqu'un qui pense à nous, venez je vais vous présentez au roi. »

J'étais soulagée car le plan marchait à la perfection mais il fallait encore intimider le roi des Boos. Le Boo nous conduisait vers lui; il avait l'air très heureux. Il s'était arrêté devant une porte en bois sombre puis il l'ouvrit. C'était une pièce en forme d'hexagone illuminée par de milliers de bougies tous comportant une faible flamme. Le roi des Boos était au fond de la pièce assis sur son trône, il était plus grand que les Boos, il portait une couronne et ses yeux étaient rouges flammes. Je marchais vers lui tout en le regardant et sans m'en apercevoir je mettais agenouillée puis j'ai commencée à parler :

« – Oh grand roi Boo nous avons besoin de votre sagesse et de votre connaissance pour continuer, le roi koopa Bowser à enlever un enfant pour lui faire quelque chose d'horrible, je vous en prie aidez-nous à le retrouver qu'es ce que cela vous ferait si on vous enlevait un de vos Boos, ce serait pareil. Je vous en supplies aider nous s'il vous plait.
– Je vois que votre détresse est très grande mais je ne peux pas vous aider. Nous avons aussi un gros problème; il y a un monstre qui menace de nous détruire.
– Es ce qu'il y aurait un moyen de le battre ?
– Oui, il n'y a qu'un seul moyen: le sabre de mon arrière arrière arrière arrière arrière grand-père, malheureusement ce sabre est caché dans le manoir mais nous ne savons pas où.
– Il n'y aurait aucun indice ?
– Si, nous avons trouvé une lettre écrite de sa main et il a écrit dedans où se trouve le sabre. Voici la lettre. »

Il avait la lettre à la main et je l'ai prise pour la lire:

« Mes chers descendants, je vais vous révéler où se trouve le katana aux 5 éléments.
Vous irez du triangle au carré par les couloirs les plus obscurs du manoir et sous le carré vous le trouverez.
Attention ce sabre ne marche qu'avec le cœur.

Le roi Boo. »

Après l'avoir lu, j'avais compris que l'ancien roi des boos nous avait donné une énigme, mais que voulait-il dire par "du triangle au carré". Il a écrit dans sa lettre que le sabre et sous le carré donc il faut que ce carré soit très grand pour le cacher en dessous. Je réfléchis, réfléchis, réfléchis, réfléchis. Puis soudain, comme un coup de marteau sur la tête, j'ai trouvé la réponse à l'énigme. Je me suis levée et j'ai crié :

« – Ça y est j'ai trouvé !!!!! »

Chapitre VI
Le pouvoir du katana aux 5 éléments

J'avais trouvé cette énigme avec tant réflexion; le triangle et le carré doivent être des pièces de ce manoir et les couloirs les plus sombres doivent être des couloirs souterrains. À mon avis cet ancêtre du roi Boo est un adepte des énigmes et il voulait que son trésor soit entre de bonnes mains. Luigi me regardait d'un air étonné, il n'avait pas l'impression d'avoir compris la lettre, puis il commença à parler :

« – Comment ça ? Tu as trouvé la réponse. Tu sais où se trouve le sabre.
– Oui, c'est très facile quand on y pense.
– Es ce que nous pouvons aller facilement à cet endroit ? »

Je le regardais avec un grand sourire et je me suis mis à rire :

« – Cela ne dépend que de toi, es ce que tu as peur du noir ?
– Euh...Non pas du tout ?
– Mon petit doigt me dit que si.
– Non tu te trompes sur toute la ligne.
– Bon cela suffit, gronda le roi Boo puis il se tourna vers moi, Boob va vous accompagner vers le sabre. »

Boob était le nom du Boo au nœud papillon, il rougit lorsque le roi Boo mentionna son nom. Nous n'avions pas de temps à perdre, il fallait trouver le katana et vite repartir chercher bébé Luigi. Je suis parti en premier accompagné par Luigi et Boob. Arrivé dans la pièce triangulaire dont parlait l'ancêtre du roi Boo, j'avais trouvé une trappe sous le tapis puis j'ai descendu l'échelle avec un chandelier. Après plusieurs minutes dans le souterrain le chemin se coupait en deux donc il fallait se séparer. Je pris le chemin de droite et Luigi et Boob celui de gauche. Le chemin se termina en cul de sac, avant d'avoir renoncé j'ai remarqué qu'il y avait une inscription sur le mur. J'ai regardé de plus près et voici ce qui était écrit:
« De l'abscisse à l'ordonné, la brique fait le même nombre qu'une échelle qui a neuf cordes. Toucher une seule briques et vous aurez mon trésor. »
Une fois de plus j'avais trouvé la réponse puis j'ai touché la brique qu'il fallait. La pièce était remplit d'armes et d'autres choses aussi étranges l'une des autres. Soudain un Boo est apparu; il avait une barbe très longue et il portait des lunettes de vue. Puis il commença à parler :

« – Bravo tu es une personne digne de confiance et tu es très doué pour les énigmes, malheureusement je vais bientôt disparaître et je ne peux plus me battre comme avant contre cette ombre noire qui risque d'engloutir mon manoir. C'est pour cela que je t'ai choisi toi comme successeur.
– Pourquoi moi? Pourquoi pas une autre personne ?
– Ce n'est pas à moi de me demander la signification de mon prénom, n'est-ce pas Mitsuki.
– Vous connaissez mon prénom comment ?
– Tout le monde connait la légende de Mitsuki; la fille qui va sauver le royaume champignon de l'obscure. Mais plus personne ne s'intéresse à cette histoire puisque Mario a pris ta place.
– Donc je dois faire disparaître le mauvais du royaume champignon, mais comment y arriver.
– Tu vas y arriver grâce à ça. »

Il a sorti une arme de sa bouche, puis il me la donna dans les mains. C'était le katana dont parlait la lettre. Il était dans un fourreau noir de jais avec une corde pour mettre à la ceinture. J'ai sortis la lame de son fourreau, malgré l'âge qu'elle avait elle avait l'air d'une lame que l'on avait fait quelque jour auparavant. Je remarquais que le manche avait cinq petits trous et on aurait dit que cela avait été fait exprès.

« – Il te revint de droit, comme son nom l'indique le katana contrôle cinq éléments: l'eau, la terre, le feu, le vent et la foudre, voici la pierre du feu; les autres sont dispersés dans tout le royaume champignon, attention ce katana ne marche qu'avec le cœur et...
Avant qu'il ne finisse sa phrase on a entendu un cri de peur.
– Voilà un petit moyen de faire tes preuves. »

Chapitre VII
Mitzuki contre Gazoman

Ce cri provenait de l'autre côté du manoir et ce n'était pas n'importe quel voix, c'était celle de Luigi. Il était en danger et je devais aller le sauver. J'ai rangé le sabre dans le fourreau puis je me suis mis à courir, il n'était pas très lourd pour un sabre mais était-il solide ?
J'ai commencé à courir quand tout à coup mon bras et ma tête ont commencé à me faire mal, mais j'ai finis par ne plus y penser car le plus important était de savoir comment allaient Luigi et Boob. Je suis arrivé là où nous nous sommes séparés puis j'ai pris leur direction. J'ai remarqué que leur chemin était plus complexe et plus humide que les autres souterrains, à mon avis ce souterrain menait tout droit vers le monstre dont parlait le roi Boo. A la fin de cette route la lumière était plus dense à croire que la lumière venait de dehors et j'avais raison. La lumière provenait d'une pleine lune si blonde que l'on pouvait croire que c'était un soleil mais elle ne provenait pas de dehors ; le toit avait une large fissure assez grande pour laisser passer la lumière dans toute la pièce. J'ai finis par retrouver Luigi et Boob dans un coin de la pièce ; Boob se cachait les yeux terrifiés et Luigi était blanc comme un linge terrifié lui aussi. J'ai couru vers eux, ils n'avaient pas remarqué que je venais les voir, quand je me suis approché Boob a levé les yeux et il s'est jeté sur moi ; il était froid. Puis je me suis approché de Luigi ; il était trempé de sueur froide et il avait le regard vide. La seule façon de faire reprendre les esprits à une personne qui avait reçu un choc mental est de le gifler. Voulant ne pas lui faire de mal, je lui ai mis une petite claque et, malgré cette petite tape, il a repris ses esprits. Après lui avoir donné le temps de remettre ses idées en place, j'ai commencé à parler :

« – Qu'est ce qui s'est passé ?
– Je ne sais pas, dit Luigi, tout est arrivé si vite, d'abord nous sommes arrivés dans cette pièce, tout à coup ; un noir intense nous a enveloppé et des yeux rouges sont apparus, puis nous avons été attaqués.
– Luigi, ce qui passé, essaye de l'oublier mais vous devez vite sortir d'ici et maintenant, c'est très dangereux de rester planter là.
– Mais, et toi, que vas-tu faire ? Tu ne peux combattre cette chose et c'est trop risqué.
– Je ne peux peut-être pas le battre, mais il faut que j'essaye.
– Dans ce cas, dit une voix glaciale, laisse-moi te montrer ma puissance. »

Les quelques ombres qu'il y avait dans cette pièce ont commencé à se rassembler en ne formant qu'une seule et même ombre. L'ombre se leva, elle faisait environ deux mètres et elle avait un bras en forme de lame, elle ouvrit les yeux. J'ai regardé ses yeux rouges, ils avaient un regard à glacer le sang, mais soudain, dans un moment d'inattention, l'ombre m'attaqua. Je ne l'avais pas vu venir, il était rapide, il m'a projeté de l'autre côté de la pièce et je me suis retrouver plaquée au mur. Voyant qu'il allait s'attaquer à Luigi et Boob, je me suis levé suffoquant de douleur et j'ai sorti le sabre du fourreau. J'ai toujours détesté les personnes qui faisaient du mal à mes amis, alors laissant la place à la colère, j'ai foncé droit sur lui et j'ai levé mon katana. Il avait remarqué que je fonçais vers lui, d'un mouvement il s'est déplacé mais pas assez rapide pour contrer mon coup. Le sabre fit un arc de cercle et se planta dans l'œil droit du monstre. Rugissant de douleur, il me blessa du front à la joue droite passant par l'œil droit avec son bras en forme d'épée. Oubliant la douleur, la rage au cœur, je l'ai regardé dans les yeux et j'ai crié :

« – KAEN !!!! »

La lame du katana se transforma en une flamme dont la chaleur était torride. La flamme se métamorphosa en boule de feu qui a fini sa course dans le ventre du monstre. Celui-ci explosa lorsque la boule le toucha, je fus propulsé par la pression de l'explosion et j'ai terminé ma course sur une plaque de béton. Le fatigue était trop forte pour que je puisse me levé, la douleur de ma blessure était plus horrible qu'avant et ma vision se troublait. J'ai usé mes dernières forces pour toucher mon œil droit et par chance il était intact. Luigi se précipita vers moi en courant, il était couvert de poudre noire de la tête au pied et il parlait mais je n'entendais rien. Le sommeil a pris le dessus et j'ai fermé les yeux.

Chapitre VIII
Entraînement intensif

Lorsque j'ai ouvert les yeux, j'avais des vertiges et j'avais mal au bras droit, j'ai remarqué que je ne voyais que d'un seul œil. Affolé j'ai mis la main sur mon œil droit, il était pansé, rassuré j'ai commencé à visualiser la pièce où j'ai dormi ; je me trouvais dans un lit à baldaquin poussiéreux, il y avait une armoire noire, une bougie allumée sur un chevet et une commode. Le vieux boo entra dans la pièce, il était très calme et il s'est avancé vers moi. Puis il se mit à parler :

« – Eh bien, comment te sens tu ?
– Je vais bien, mentais-je, comment vont-ils ?
– J'aurais mis ma langue à couper que tu allais dire ça ; oui ils vont bien, j'ai dit à Luigi d'aller se coucher il y a cinq minutes, il a veillé sur toi pendant que tu dormais.
– Combien de temps j'ai dormi ?
– Oh seulement deux jours et encore tu as eu de la chance d'avoir survécu.
– Comment ça ?
– Et bien, vois-tu lorsqu'un apprenti utilise le pouvoir du katana pour la première fois sans avoir suivi l'entraînement de son maître ; la seule punition qu'il peut avoir est la mort. Le katana utilise ton énergie physique et mentale. Donc tu as eu beaucoup de chance de ne pas être morte.
– Je ne sais pas ce qui s'est passé, j'étais sous l'emprise de la colère et j'ai crié un mot d'une langue étrangère dont je ne connais pas la signification, ce mot c'était kaen.
– Ce mot dont tu parles fait partie de l'ancien langage du royaume champignon mais il a disparu comme la légende du katana. Le mot kaen invoque la puissance de feu.
– Pouvez-vous m'enseigner l'ancien langage et le contrôle des éléments ?
– C'est mon devoir de t'enseigner l'art du katana. Il y a des vêtements propres sur la commode dès que tu seras prête rejoins moi dans la cave, Boob te montrera le chemin. »

Impatiente de commencer l'entraînement, je me suis dépêché de m'habiller, j'ai pris le katana qui était aussi sur la commode et j'ai rejoint Boob dans le hall d'entrer. La cave était aménagée pour former des jeunes recrues au combat. Le vieux Boo était au milieu de la pièce, assis sur le carrelage froid, il méditait. Je me suis approché de lui en silence de peur de le déranger et je me suis assis en face de lui. Levant l'œil gauche il prit une pierre dans sa main et dit :

« – Nous allons commencer par un exercice de mental très facile. Regarde, shin.
La pierre s'éleva de quelques centimètres au-dessus de sa main puis il me la lança dans les mains :
– A toi, vas-y le mot est shin. D'abord concentre-toi sur l'objet, fait comme si il n'y avait que lui dans ce monde. Ne pense qu'à le soulever. Concentre toi.
– D'accord, shin ! »

La pierre ne bougea pas d'un poil. J'ai recommencé plusieurs fois, mes muscles commençaient à me faire mal et la fatigue montait mais je ne vais pas baisser les bras, je dois devenir plus forte pour affronter l'obscure et surtout pour sauver bébé Luigi. Lorsque ma pensé fut pour bébé Luigi, la pierre monta jusqu'au plafond. Le vieux Boo m'a regardé avec de grands yeux et cela m'a fait rougir. Puis il a sorti un livre de sa bouche :

« – Puisque nous n'avons pas assez de temps pour t'entraîner, j'ai écrit tous les mots de l'ancien langage qui pourrait t'être utile pendant ton voyage. Entraîne-toi tous les jours pendant deux heures ou cours après les goombas et retrouve toutes les pierres des éléments. Je compte sur toi.
– Je vais réveiller Luigi, nous allons partir tous de suite.
– Encore un petit détail, tu as en toi que même les frères Mario et les habitants du royaume champignon non pas et c'est avec cela que tu pourras vaincre l'obscure. »

Après cette discussion je suis parti aller réveiller Luigi qui, même grognon d'avoir été tirer de son lit, était heureux de me voir et nous sommes partis au lever du soleil.

Chapitre IX
Je m'appelle Yosushi !

Nous sommes donc repartis sur la route, d'après le panneau nous nous dirigions vers la ville des Yoshis : Yoshiville. La ville se situait sur une colline boisée et elle était entourée d'arbres à fruits. J'ai commencé à parler :

« – Je vois que les spécialités de cette ville sont les fruits et les légumes.
– Tu as raison, dit Luigi, elle est célèbre pour sa cuisine, son agriculture et pour son festival annuel des fruits. Il y a des Toads qui voyagent juste pour voir cette fête car la nuit, pendant la fête, un Yoshi fait apparaître par magie une pluie qui asperge les arbres en fleurs.
– Bon nous avons assez discuté, mon estomac crie famine et allons manger. Nous n'avons rien mangé depuis que nous sommes partis du manoir. »

Je me suis mis à courir vers la ville, pour moi il n'y avait aucun doutes il y avait une pierre du katana à Yoshiville et cette pierre était la pierre de l'eau. Les maisons étaient rondes et elles avaient chacune une échoppe pour accueillir des clients. La ville avait un parfum de plats délicieux sortis du four. Il y avait vraiment tous les plats du monde : salades de fruits, sushis, compotes, gâteaux et bien d'autres saveurs. Toutes les échoppes avaient beaucoup de clients sauf une ; « Chez Yosushi : le royaume des bols de nouilles » qui n'avait personne. Le vendeur me fis de la peine alors j'ai fis signe à Luigi de venir car j'avais trouvé le restaurant où nous allons manger. Lorsque nous sommes arrivés, le vendeur a levé les yeux sur nous et a commencé à faire le ménage aussi vite qu'il pouvait. A mon avis il était très excité d'avoir des clients et de savoir que quelqu'un s'intéressait à sa cuisine. C'était un Yoshi de couleur rouge et il portait une casquette de la même couleur que sa peau. Puis il a commencé à parler :

« – Bienvenu au royaume des bols de nouilles, je m'appelle Yosushi et je suis le meilleur préparateur de ramen de cette ville. Bon, que voulez-vous commander; j'ai des nouilles aux champignons, des nouilles végétariennes et des nouilles aux crevettes.
– Merci de nous accueillir si chaleureusement, disais-je, pour ma part je vais prendre des nouilles aux crevettes et toi Luigi ?
– Pour moi un bol de nouilles aux champignons, répondit Luigi.
– Ca marche, prononça Yosushi. »

Nous avons été très vite servis et Yosushi n'avait pas menti; ses nouilles étaient vraiment excellentes. Pendant que nous mangions nos nouilles, Yosushi nous regardait d'une façon curieuse et il prit la parole :

« – Comment as-tu eu cette cicatrice ?
– Et bien j'ai aidé des amis à se débarrasser d'un monstre, il m'a fait ça avec son bras en forme de crochet et c'est ce sabre qui m'a sauvé la vie, racontais-je en sortant mon katana du fourreau.
– Alors vous êtes des héros, un groupe de voyageurs qui seraient prêts à tout pour sauver le monde de l'obscur.
– Euh on peut dire ça comme ça.
– Ouah, c'est super ! Mon rêve c'est de partir à l'aventure et de devenir célèbre dans tout le royaume champignon. Mais je dois rester ici pour m'occuper du restaurant et j'ai très peur de partir seul.
– Dois moi Yosushi, connais-tu quelqu'un qui a une pierre magique dans cette ville ?
– Oui, le grand maître Yosho a une pierre magique. Il l'utilise le soir du festival annuel pour arroser les arbres en fleurs et il dit que cette pluie pourra faire pousser de belles récoltes pendant toute l'année.
– Quand a lieu le festival annuel ?
– Le premier jour du printemps, c'est-à-dire dans trois jours.
– Merci beaucoup pour les renseignements. Dit moi ça te plairait de faire partie de notre groupe.
– Quoi, vous voulez que je fasse parti de votre groupe ?
– Oui bien sûr, nous avons besoin de quelqu'un pour nous aider à reconnaître les plantes sauvages. Cela ne te dérange pas Luigi ?
– Bwa du gout, dit-il, euh désoler, pas du tout.
– Et bien tu fais partie de la bande. Il faut que nous aillions discuter avec ce Yosho. Peux-tu nous emmener vers lui ?
– Oui, bien sûr. »

Yosushi sortis de sa maison et j'ai remarqué qu'il portait des baskets. C'était vraiment un drôle de Yoshi et nous sommes partis à la recherche du maître de cette ville ; le maître Yosho.

Chapitre X
Le maître Yosho

Nous partîmes de chez Yosushi après avoir mangé nos bols de nouilles. Lorsque nous sommes arrivés au temple sacré de maître Yosho, des Yoshis armés de lances et de boucliers vint nous bloqués le passage. Voyant que je descendais ma main pour sortir mon sabre, Yosushi me fit signe de m'arrêter puis le Yoshi armé de droite commença à parler :

« – Personne n'entre dans le temple sacré sans la permission du maire de cette ville.
– Je suis Yosushi de la famille des Yoshis rouges, répondit Yosushi, je viens demander conseil au maître Yosho pour une mission très importante.
– Yosushi hein ? Eh bien entrez. J'espère que vous résoudrez le problème du maître.
– Comment ça ? Le maître a un problème ?
– Oui. Mais tu le seras par toi-même en lui demandant. »

Puis ils se retournèrent et ils ont ouverts la grande porte du temple. L'intérieur du temple n'était qu'un vaste jardin contenant des arbres et des fleurs du monde entier accompagner d'un lac d'un bleu ravissant. Une personne se tenait près de la rive du lac, elle ne bougeait pas d'un pouce. C'était le maître Yosho : il était d'un vert vieillit de plusieurs années et de dos nous voyions même ses moustaches blanches qui pendaient de son nez. Les gardes renfermèrent la porte derrière nous, nous étions seuls avec le maître des Yoshis. Puis doucement, sans bruit, je sortis mon katana de son fourreau et, soudain, le maître frissonna. Ensuite, il retourna et il se mit à parler :

« – Je reconnaîtrais ce son entre mille. Alors c'est donc toi l'héritière du katana au cinq éléments. J'espère que mon vieux maître t'a appris à te battre. Car moi je suis là pour t'apprendre la sagesse et le contrôle de ton énergie.
– Malheureusement, il n'a pas eu le temps de m'apprendre beaucoup de choses. Je suis là pour résoudre un problème.
– Un problème ? Eh bien parle et partage ta quête avec les esprits qui nous entourent. »

Après avoir pris une longue respiration, j'ai commencé la description de mon aventure. Il dura plus de deux heures et, comme par enchantement, je ne laissais aucun détail de côté. Le récit finit, je soupçonnais le vieux Yoshi d'être rentré dans mon esprit pour que dévoile tout ce que je savais. Puis il commença à parler :

« – Eh bien jeune apprenti, ne soit pas douteux envers ton maître. Normalement un disciple tel que toi, ayant que quelques jours d'apprentissage, ne doit pas avoir fini son apprentissage chez le vieux Boo et ne dois pas avoir la pierre de feu dans le katana aux cinq éléments. Mais je ne peux pas t'aider dans ta quête car j'ai aussi mes faiblesses. Vois-tu, quelqu'un est entré dans le temple et à voler une pierre du katana que je devais garder précieusement. Cette pierre était la pierre d'eau et je l'utilise chaque année pour le festival des fruits pour arroser les arbres en fleur. L'eau qui sort de cette pierre est la plus douce et la plus clair de tout le royaume champignon mais elle peut être froide ou ardente pour celui qui l'utilise.
– Je pourrais peut-être m'occuper de cette affaire et puisqu'il ne reste plus que trois jours avant le festival, il faut se dépêcher.
– C'est très brave de ta part, d'ailleurs je vais t'aider pour ta mission. La personne qui a volé cette pierre est un magicien de ce monde. Il apparaît souvent auprès de Bowser comme conseiller et utilise son bâton magique pour transformer des blocs en koopa troopas jaunes.
– Hum, ce n'est pas très facile. Je ne connais pas vraiment tous les personnages puisque je suis ici depuis seulement quelques semaines. Et vous, Luigi et Yosushi ? Vous connaissez cette personne.
– Moi, elle ne me dit rien du tout, répondit Yosushi.
– C'est un magikoopa, répondit Luigi, connu sous le nom de Kamek. D'après ce que Mario m'a dit, il est souvent accompagné ces temps-ci de Kammy Koopa ; c'est une koopa sorcière. Il parait qu'elle est très dure à battre lorsqu'elle est énervée. Je pense qu'elle veut la pierre d'eau pour avoir plus de pouvoir.
– Eh bien, mon cher, vous avez de très bonnes connaissances personnelles. »

Luigi rougit en entendant cela. La description de ce magikoopa était présente mais nous ne savions pas comment le battre et où il se trouvait. J'ai posé la question à maître Yosho et il me répondit :

« – Je ne connais pas son style de combat, tu devras le trouver par toi-même en le combattant. Pour ce qui est de sa position actuelle, il est avec Kammy Koopa dans la grotte du donjon à quelques kilomètres d'ici. C'est tout ce que les étoiles m'ont disent.
– Merci grand maître. Nous allons partir sur le champ et nous allons ramener cette pierre avant le festival des fruits.
– Alors je vous souhaite bonne chance à tous. Mais avant de partir, lit le journal du royaume champignon, il vient d'arriver en ville. Tu auras une surprise en le lisant mais cela t'aideras à faire plus attention. »

J'acceptai sa proposition et je me mis en route vers le centre de la ville pour trouver le journal. Comment une gazette pourrait être utile ? Mais j'allais bientôt avoir la réponse.

Chapitre XI
Un petit imprévu

Lorsque nous sommes redescendus au village, les villageois nous regardaient de façon bizarre. Ignorant leur air inquiétant, nous nous sommes mis à chercher un livreur de journaux. Par chance nous en trouvâmes un au tournant de la rue. Luigi prit la gazette par un coin et lança une pièce au livreur qui l'attrapa au vol. Jetant un coup d'œil sur le journal je vis la photo de mon partenaire sur la première page. En un geste brusque, j'ai arrachée des mains la brochure des mains de Luigi et je me suis mis à lire. Le titre s'intitulait « Un enlèvement invraisemblable d'un des frères Mario ». Voyant mon air déconcerté, Yosushi commença à parler :

« – Que se passe-t-il, demanda-t-il d'un regard inquiet, es-ce vraiment très grave.
– Oh que oui, répondis-je, en moins de quelques jours je suis devenu l'ennemie public numéro 2 après Bowser.
– Qu'est-ce qu'ils disent à ton sujet, me questionna Luigi.
– D'après cet article, je suis accusé d'avoir enlevé, non de t'avoir enlevé et d'être complice avec le roi koopa afin d'anéantir le royaume champignon, dis ai-je caché derrière la rubrique, bon sang, ils ont beaucoup d'imagination.
– Mais qui es ce qui a eu une pensée pareil, dirent mes deux compagnons d'une même voix.
– Je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai ma petite idée à ce sujet. En tout cas cela nous mets des bâtons dans les roues et il va falloir faire beaucoup plus attention vu que les auteurs ont mis ma photo en deuxième page.
– Avec quelques modifications, tu pourrais passer inaperçu. Regarde-toi dans un miroir, il ne te manque presque rien pour le déguisement. »

Il sortit un miroir de son sac à dos et le mit devant moi. Luigi avait raison, j'avais changée. Non seulement j'avais grandis, mais mon corps aussi semblait plus fort et plus robuste. Je ne reconnaissais plus mon visage ; mes cernes fatigués et ma cicatrice le métamorphosaient en une figure plus adolescent. Le brun chocolat de mes yeux était remplacé par un noir si profond que je ne voyais même pas la différence entre mon iris et ma pupille. Il fallait juste que je change mes vêtements tachés de sang et de terre que je portais depuis le début de cette aventure et que je me coupe les cheveux et c'était bon. Puis j'ai répondu :

« – C'est vrai, tu as raison, lui dis-je en le regardant en face, c'est plutôt à toi qu'il faut faire des modifications. Pour tout te dire, avec ta casquette, tu tournes tous les regards vers toi mais tu ne fais beaucoup de succès auprès des filles. »

Je me suis mis à rire toute seule, apparemment mes coéquipiers n'avaient rien compris du tout mais les oreilles de Luigi étaient devenues écarlates et pour le rassurer je lui dis :

« – Haha, je rigole Luigi ce n'était qu'un blague idiote que je faisais tout le temps lorsque... euh. »

Je ne pus terminer ma phrase, cela me faisait pensée à mon ancienne vie dans le monde des humains. Mais cela n'avait plus d'importance pour moi, il fallait juste que je ne dise pas la vérité à mes amis pour ne pas leur faire de peine.

« – Euh, Mitzuki, déclara Luigi, tu n'as terminé ta phrase ?
– Oh ce n'est rien, mentis-je, je pensais à la fois où je n'arrêtais pas d'embêter tous les Toads que je croisais sur ma route.
– Mitzuki tu es vraiment une fille bizarre, affirma Yosushi.
– Je sais, répondis-je en souriant, on me le dit souvent. Bon si nous nous occupions de cette affaire de camouflage.
– Tu as raison, retournez chez moi en essayant de ne pas vous faire repérer et moi je vais faire quelques courses avant de vous rejoindre.
– OK, répondîmes Luigi et moi. »

Le trajet de notre point de séparation et de la maison de Yosushi fut court et beaucoup trop facile à mon goût. Ce n'était pas normal. Cachés dans le noir derrière les rideaux de la fenêtre, nous attendions patiemment le retour notre ami qui ne devait plus tarder à présent. Luigi somnolait dans un fauteuil et moi, j'étais accoudée à la cheminé dont le feu rendait son dernier souffle. Soudain j'entendis la porte de la maison s'ouvrir, marchant silencieusement vers la porte du salon dont la silhouette était destiné à y entrée. Lorsque la porte s'ouvrit, l'ombre entra et, plus rapide que jamais, je lui mis la lame de mon sabre sur le coup. La personne leva son bras tremblant, non pas pour faire descendre la lame mais pour appuyer sur l'interrupteur. Cette personne n'était que Yosushi qui revenait avec un sac en plastique remplit à ras bord d'objets et de vêtements. Voyant qu'il était blême de peur, j'ai rangé mon katana dans son fourreau. Enfin il souffla un bon coup et je fis de même. Puis je me suis mis à parler :

« – Bon dieu tu m'as fait une de ses peurs.
– A moi aussi d'ailleurs, répondit-il, c'est tout ce que j‘ai trouvé. Je suis désolé.
– Ce n'est pas grave, nous en avons assez pour se déguiser. Eh Luigi, ne t'endors pas, c'est l'heure du relookage. »

C'est alors que je sortis tous les vêtements du sac. Il y avait tellement d'habits si chouettes que je ne pus garder cette question dans ma tête :

« – Dis-moi Yosushi, questionnais-je, d'où viens tous ces fringues si cool et si tendance ?
– Ils viennent tous de chez une amie Yoshishi. Elle croit que cela va révolutionner la mode au royaume champignon mais tout le monde pense qu'elle est folle. »

Je couru me changer dans une autre pièce et, quelques minutes plus tard, j'étais prête. Je portais un T-shirt brun à capuche, un jean de couleur bleu ciel avec une ceinture spéciale pour mon sabre, des converses noires et une casquette blanche. Quand à Luigi, il avait abandonné sa salopette bleue, sa casquette et son cachemire vert pour une chemise blanche et un pantalon beige. Puis je mis ma main comme pour un serment, Luigi et Yosushi firent de même et j'ai commencé à parler :

« – A présent, jurons-nous de ne jamais laisser tomber le voile sur notre véritable identité et de ne jamais raconter à qui que ce soit qui nous sommes.
– Nous le jurons, dirent-ils tous en chœur. »

Je fis sortir de mon katana un jet de flammes très fines et il se divisa en trois files pour se transformer en scalpel pour s'attaquer au dos de notre main. Il écrivit ? ; ce mot signifiait serment en ancien langage.

« – Le sceau est posé, nous ne pouvons plus reculer, finis ai-je. »

Chapitre XII
Problèmes à régler

Je suis montée dans ma chambre silencieusement. Utiliser le Fûinjutsu, l'art de sceller, demande beaucoup d'énergie physique et mentale. Mais qu'elle idiote j'ai été ! Bon sang je leur ai fait promettre le serment inviolable ; s'ils disaient la vérité ils seront tout de suite morts. Il fallait que je leur en parle et que je détruise notre serment. L'idée de détruire ce sceau m'était venu quand j'ai pensé à Luigi ; si Mario nous bloque la route lors de notre voyage comment va-t-il faire si son frère le reconnaissait. M'allongeant sur le lit je ne pus fermer les yeux. Tout se défilait dans ma tête ; ce sceau, bébé Luigi, l'étrange pouvoir du katana, Kammy koopa. Mais le pire c'était de ne pas savoir où se trouve la grotte du donjon. Luigi saura peut-être où elle se trouve. Ne pensant plus à ça, je plongeais dans un rêve sans image. L'aube arriva si vite que j'ai eu l'impression que j'avais dormi quelques minutes. Je fus la première à me lever, mes compagnons devaient être fatigués par la dure journée que nous avions passée hier. N'aillant rien à faire pour l'instant j'ai préparé le petit déjeuné ; il fut composé de fruits mûrs et de jus d'orange. Ce fut Yosushi qui se leva en deuxième suivit de Luigi qui était derrière lui. Ils ont dues dormir dans la même chambre car Yosushi n'avait qu'une chambre d'amis et comme j'étais la seule fille du groupe, Yosushi m'a laissé sa chambre. Après un petit déjeuner rapide, nous prîmes la route qui menait à la sortie du village tout en essayant de ne pas se faire repérer. Le premier obstacle franchit j'ai commencé la conversation :

« – Dis-moi Luigi, demandai-je, toi qui a beaucoup de connaissances, es ce que tu sais comment aller à la grotte du donjon ?
– La grotte du donjon se trouve dans une galaxie très lointaine, répondit Luigi, et le moyen le plus rapide c'est d'aller sur l'observatoire d'Harmonie qui se trouve dans l'espace.
– Génial, dis ai-je avec un visage découragé, et tu peux me dire comment nous allons aller dans l'espace ?
– Les vaisseaux de la brigade des Toads ont été construits par les Lumas lorsque que Mario et moi nous nous sommes retrouvés à chercher la princesse Peach qui avait été enlevé par Bowser – comme tous les quinze du mois – et je m'en souviens bien car ils prétendaient de vouloir sauver Peach. Les vaisseaux se trouvent en sécurités au château.
– Super, on va retourner au château, voler un de leurs vaisseaux et aller dans l'espace, ajoutai-je d'un ton ironique, dois-je te rappeler Luigi que je suis l'ennemi public numéro deux.
– Je voulais juste te donner quelques informations.
– C'est gentil merci. Ecoute Luigi, j'ai réfléchis au sujet du serment que je vous ai fait promettre et je pense que vous êtes en danger si vous portez ce sceau. Quand pense-tu ?
– Je pense que tu as raison, répondit Luigi, si quelqu'un apprend la vérité nous ne pourrons plus mentir, viens Yosushi nous allons nous débarrasser de ce maudit sceau. »

Tendant nos mains où se trouvait le sceau, me concentrant sur mon énergie, j'ai murmuré « hakai ». Nous fîmes tous une grimace car le sceau avait brûlé ne laissant qu'une petite cicatrice blanchâtre. Chancelante, je me suis assise un moment sous l'ombre d'un arbre et j'ai levé la tête vers le ciel. Je n'avais jamais remarqué la beauté de leurs nuages et de leur ciel d'un bleu si unique. Puis j'ai proposé de camper ici pour la nuit et j'ai commencé à monter le terrain. Tout fût fini vers la fin de la journée et je pris le premier tour de garde. Montant dans un arbre, armé de mon katana, je scrutais l'horizon qui nous offrait un beau couché de soleil. Ce couché de soleil laissa vite sa place à un beau ciel étoilé qui me faisait penser à la grotte du donjon. Et dire qu'elle se trouve sur une planète dans une autre galaxie et que la seule façon d'y aller c'est de rencontrer cette Harmonie. Puis j'entendis la voix de Yosushi :

« – Dis Mitsuki, demanda-t-il, comment comptes-tu aller dans l'espace ? – Je ne sais pas, répondis-je, nous retournerons peut-être au château pour voler un vaisseau de la brigade des Toads.
– Mais c'est de la folie ! s'exclama Luigi, comment veut tu voler une de leurs machines sans te faire repérer ? – Tu as peut-être une autre idée, répondais-je, la folie ce serait qu'un Luma tombe du ciel, qu'il m'appelle maman et... »

Je ne pus finir ma phrase que quelque chose percuta ma tête, me déstabilisa et me fit dégringolé, la tête la première, de mon perchoir. Percutant le sol d'un bruit sourd, j'ai mis du temps à me remettre de ce choc et en plus je voyais des étoiles. Des étoiles ? Pas des étoiles mais une seule qui tournait autour de ma tête. Après avoir reprit mes esprits, j'ai remarqué que l'étoile était un petit Luma vert et qu'il me regardait avec adoration. M'asseyant avec peine, ma tête encore endolorie, je le fixais dans les yeux. Il ferma les yeux et il rit puis il dit d'une voix mélodieuse :

« – Bonjour maman ! »

Estomaquée par ce qu'il venait de me dire, je ne pouvais plus parler. Luigi et Yosushi le regardaient aussi d'un air surpris. Avant d'avoir pu faire le moindre geste, un rayon blanc sorti du ciel et descendit vers nous. Attendant que nos yeux s'habituent à cette lumière blanche, le rayon avait fait apparaître une jeune fille blonde avec une somptueuse robe bleue ciel. Sans dire un seul mot elle augmenta la luminosité. Fermant les yeux, aveuglé par la lumière, je ne sentis plus la terre ferme. Soudain, en ressentant le sol à nouveau, je basculai sur un terrain gris qui répandait une odeur de fer et d'acier. Je me suis levé, un peu sonné par cette escapade, aidant mes compagnons à se relever. Nous étions sur une base volante entourer d'étoiles et de Lumas de toutes les couleurs. Sentant la peur monter, j'ai demandé à Luigi :

« – Luigi, questionnai-je, où sommes-nous ?
– J'aurais parié que tu allais me dire ça, répondit-il, eh bien nous sommes sur le vaisseau d'Harmonie et si je n'ai pas de vision on est au-dessus du la Terre.
– Bienvenue sur l'observatoire, dit une voix mielleuse, merci d'avoir ramené ce petit Luma qui s'était perdu et veuillez m'excuser ce petit voyage brutal. »

La mère des Lumas était près d'un grand écran qui montrait toutes les planètes qu'il y avait à visité et j'ai remarqué que la grotte du donjon se trouvait dans le grenier. Nous avions réussi la moitié de notre objectif, il fallait juste aller à la grotte du donjon pour battre Kammy koopa et Kamek.

Chapitre XIII
En attendant...

Je ne pouvais plus bouger, il y avait quelque chose dans son regard qui me pétrifiait. En apercevant nos airs ahuris elle se mit à rire et dit :

« – N'ayez pas peur, je ne mords pas. Et encore merci pour le Luma.
Ravalant ma salive, je balbutiais :
– Oh pour le Luma se n'était rien, par contre vous pouvez nous indiquer comment on va à la grotte du donjon ?
Elle prit un air sérieux et elle se mit à réfléchir. Puis au bout de quelques minutes elle nous répondit :
– Mmh, la grotte du donjon hein, dit-elle en se touchant le menton, et bien d'ici huit heures je pourrais ouvrir le portail.
– HUIT HEURES !!!! criâmes mes amis et moi.
– Je suis désolée, mais nous avons dû doubler la sécurité à cause d'un criminel.
– Je comprends pourquoi, déclarai-je.
– Dites-moi ce ne serait pas vous sur cette affiche, demanda une voix mélodieuse. »

Nous nous figeâmes sur place et en me retournant pour savoir qui a dit cela, je vis le Luma noir s'approcher avec une feuille. Ils n'avaient pas perdu de temps pour se lancer à ma recherche, tous les créatures chasseuses de primes de ce royaume devaient être déjà en route vu que je valais quand même 1 millions de pièces d'or. Je ravalais ma salive difficilement et avant que quelqu'un fasse un geste Luigi s'interposa entre moi et la princesse étoile :

« – C'est un très gros malentendu, dit-il avec une voix sérieuse, en fait celui qui a été kidnapper c'est moi. Je suis partis sans écrire un mot et vu l'incident qui s'est passé au château de la princesse Peach, ils pensent qu'elle est la cause de ce complot. Croyez nous, regarder je vais bien pas une égratignure, rien. »

Et il eut un silence de mort, plus personne ne parlait ni même ne bougeait. Harmonie prit la parole :

« – Je vous crois et je vais faire tout mon possible pour ouvrir le portail au plus vite. En attendant je vous propose de vous reposer, luma vert va vous indiquer le chemin. »

Nous le suivîmes jusqu'à une pièce en forme de dôme : son sol était de mousse et d'herbe et le toit ressemblait au ciel lors des nuits sans nuages. Des lits de camp et un repas nous attendaient : c'était de la viande, des fruits ainsi qu'un saladier rempli à ras bord de pierres précieuses. Elles avaient chacune une couleur unique et avant que je ne puisse les voir de plus près, deux mains entrèrent dans mon champs de vision. L'une appartenait à Luigi et l'autre à Yosushi. Elles prirent chacune une pierre et avancèrent maintenant vers la bouche de leur propriétaire. Mais avant qu'elles arrivent à leur destination, j'ai pris les pierres de leurs mains et, énervée et estomaquée, j'ai criée :

« – Non mais ça ne va pas la tête, vous voulez mourir ou quoi ! Ça ne se mange pas ces choses-là et d'ailleurs cela se vend cher au marché. »

Choqués par ma réaction, ils me regardèrent d'une étrange façon, ensuite ils se mirent à rire très fort allant même s'étouffer. Yosushi reprit son souffle et dit :

« – Bon sang Mitsuki, ces cailloux s'achètent comme des bouchés de pain, ceux sont des friandises au goût très sucrés et très apprécier en salade.
– Alors se serait des bonbons, répondait-je.
– Exactement, déclara Luigi, mais ne t'inquiète pas je te comprends. La première fois je n'y ai pas touché tellement que j'avais peur de m'étouffer.
– Pour ne pas connaitre ces confiseries il faut être d'un autre monde, répliqua Yosushi.
– La vérité c'est que je viens d'un autre monde, dis-je en souriant. »

Mes deux amis se turent, qu'avais-je dis de mauvais encore, je soupirais et de toute façon je n'étais pas très bonne pour la discussion. Je pris un lit de camp et je me suis allongée.

« – Comment c'est le monde là-bas, questionna Yosushi.
– Je ne m'en souviens pas, répondis-je, j'ai beau me creuser la tête je ne me rappelle de rien ;
– Quel dommage.
– Mais si tu veux je peux te raconter ce que j'ai fait depuis mon arrivé ici.
– Oh oui se serait super et cela passerait le temps pas vrai Luigi ?
– Mmh oui, mais l'histoire je la connais donc ne t'étonne pas si je n'ai pas une drôle de tête Mitsuki, déclara Luigi qui s'était assis sur son lit de camp.
– Bien sûr que tu l'as connais, tu étais présent dans de nombreuses de mes escapades.
– Je m'en souviens comme si c'était hier, dit-il en levant les yeux au ciel.
– Bon et bien c'est partie, déclarai-je, je me suis réveillé avec un mal de dos terrible mais il m'a fallu peu de temps pour comprendre que j'étais assise sur une pile énorme de livres. Soudain des Toads armés sont arrivés affolés et on commencés à creuser jusqu'à qu'ils retrouvent une petite main qui bougeait encore. Après quelques minutes ils ont sortis un vieux Toad. Dès qu'ils ont emmenés Papy Toad sur un brancard, ils m'ont attrapé, mis à plat ventre et ils m'ont attachés les mains. Je suis passée au tribunal et on m'a condamnée à faire des travaux forcés. J'ai dû d'abord renouveler un mur du château de la princesse Peach et ce n'était pas la meilleur qu'ils m'ont donné de faire. Comme par hasard la princesse faisait sa petite promenade habituelle et sans faire exprès, le sceau remplit de ciment lui est tombé dessus.
– Tu as fait tomber du ciment sur la tête de ciment sur la princesse, s'exclama Yosushi avec les yeux aussi ronds que des balles de tennis.
– Et encore ce n'était que le début de ses bêtises, objecta Luigi, une fois elle a intoxiquée une centaine de Toad lorsque qu'elle a travaillée comme assistance boulangère.
– Cette fois-là ce n'était pas ma faute, ripostai-je furieuse, les bocaux étaient écrits en langue de Pianta.
– Et la fois où tu as lancé les feux d'artifices sur Mario lors de la fête national ?
– Là j'avoue c'était volontaire, il a fait exprès d'avoir mal attaché le chomp-chomp pour qu'il me coure après.
– Bon de toute façon c'est du passé tout cela, essayons de dormir et de ne plus y penser.
– Oui c'est une très bonne idée, bonne nuit. »

Lorsque les lumas sont venus nous réveillés j'avais l'impression de m'être endormis il y a quelques minutes. Ils nous amenèrent vers Harmonie qui se tenait devant une étoile qui tournait sur elle-même. Elle nous fit signe de nous mettre au centre et de se dépêcher car elle avait arrêté le signal d'alerte qui alarmait les autorités du royaume champignon. Nous avons commencé à tourner, tourner et tourner jusqu'à ce que le paysage se trouble et se transforme. J'ai fermée les yeux et plus rien.

Chapitre XIV
La grotte du donjon partie 1

Le tournoiement cessa lorsque nous atterrîmes dans ce qui, par toucher, était du sable frais. Crachant les grains que j'avais avalé j'attendis que les effets de ce voyage turbulent cessent, puis me levant je regardais autour de moi. Le monde sur lequel nous avions échoué avait une forme quasi-circulaire bordé par des murailles rocheuses naturelles mise à part la présence d'une roche si proéminente qu'une vue d'ensemble de ce paysage d'un point de vue aérien aurait l'allure d'un lobe d'oreille où serait accrocher une boucle d'oreille. Cependant ce qui fut le plus étrange c'est que la plage était déserte. Me tournant vers mes amis je vis Yosushi prit par une succession d'éternuements causé sans doute par le sable logé dans ses narines et Luigi qui, sa chaussure à la main, laissait tomber le minuscule gravier qui s'était logé à l'intérieur. Je pris alors la parole :

« – Luigi, ôte moi d'un doute, bous sommes bien dans un endroit qui s'appelle la grotte du donjon ?
– Tout juste, répondit-il, mais ne te laisse pas influencer par ce calme, nous ne sommes qu'à l'entrée du donjon et si je me souviens bien il va falloir nous diriger vers cette grille là-bas.
– Très bien alors allons-y, disais-je en prenant la direction désigné par le doigt de Luigi qui indiquait une crevasse dans le gigantesque rocher. »

Nous marchâmes vers cette dernière quand soudain Yosushi se pris le pied dans quelque chose et tomba à plat ventre. Luigi m'aida à relever notre ami lorsque que je découvris la raison pour laquelle il avait trébuché ; il s'agissait d'une carapace verte de koopa. Dégageant le sable autour d'elle, je la pris et en regardant à l'intérieur je constatais avec surprise qu'elle était vide.

« – Tu crois qu'on peut s'en servir, demandais-je à Luigi en lui montrant la carapace.
– Bien sûr, répondit-il, on peut s'en servir comme arme ou comme propulseur dans un milieu aquatique. Cela va nous être grandement utile lorsqu'il va falloir aller dans l'eau.
– D-D-Dans l'eau, balbutia Yosushi qui venait de perdre d'un seul coup une teinte de sa couleur naturelle et il tremblait.
Luigi se frappa la tête avec la paume de sa main.
– Oh zut ! J'avais complètement oublié ce détail ; les Yoshis ont peur de l'eau et donc aucun d'entre eux ne savent nager. Et puisqu'il faut passer par une cuvette sous-marine, Yosushi ne pourra pas nous accompagner. »

Luigi pris un air déçu tandis que Yosushi baissa les yeux et murmura un triste « désoler ». Mes pensées se bousculaient dans ma tête, avec un compagnon en moins on aura de plus grandes difficultés à vaincre Kammy Koopa. De plus elle possède en ce moment même la pierre d'eau alors Yosushi ne sera pas d'un grand secours contre elle-même si on trouve un autre moyen d'aller à sa rencontre.

« – Il vaudrait mieux que tu restes ici et que tu attendes que l'on revienne ce sera moins risqué pour toi.
– Mais, mais je veux venir avec vous moi et puis maître Yosho m'a dit que tu possédais une pierre de feu, tu ne pourrais pas... assécher l'eau ?
– Actuellement mes pouvoirs me permettent de faire peu de choses et si même j'arrivais à faire disparaître une immense étendue d'eau, j'arriverais totalement épuisé contre Kammy Koppa. Non, la meilleure solution est d'utiliser cette carapace pour aller se battre et récupérer la pierre. Je suis désoler mais c'est le seul moyen. »

Yosushi émit un gémissement et partit s'asseoir sur une pierre non loin de là. C'est avec dépit que Luigi et moi, après avoir déposés nos sacs, nous nous dirigeâmes vers la grille qui possédait des deux côtés une stèle de granite. Luigi m'indiqua qu'il fallait les allumer pour ouvrir la grille ce que je fis après avoir posé délicatement la carapace par terre et sortit mon sabre de son fourreau. La barrière s'éleva pour nous laisser passer nous amenant vers un couloir étroit agrémenté de haies rocheuses. Courbant vers la droite le sentier s'arrêta en un cul-de-sac recouvert d'eau tel un débordement. Baissant la tête je remarquais qu'on avait du mal à apercevoir le fond.

« – Voilà c'est ici, dit Luigi, il faut plonger. »

Prenant la carapace de mes mains, Luigi s'apprêtait à plonger. M'agrippant à lui nous prîmes ensemble une grande inspiration et nous plongeâmes.

Chapitre XV
La grotte du donjon partie 2

Luigi n'avait pas mentit, la carapace était d'une grande utilité, elle nous poussait rapidement vers le fond rencontrant seulement lors de notre passage des bulles qui tentaient de remonter vers la surface. Lorsqu'on atteignit la fin du gouffre Luigi remonta la carapace de façon à avoir une nage horizontale. De là je ne vis que des débris de bois reposant au fond dans le sable. Puis Luigi leva le propulseur vers le haut afin que nous passions dans un passage sous-marin qui nous amena directement vers la surface. Après avoir avalé une bouffée d'air et nous nous sommes allongés pour observer sans se faire repérer.

D'ici nous vîmes la grotte dans son intégralité laissant passer quelques rayons de lumière assez nombreux pour éclairer la scène. On pouvait observer un vieux navire composé d'un seul mât sans voile. Des caisses étaient disposés sur la terre ferme proche de nous mais aucun signe de Kamek ni de Kammy Koopa. Nous sortîmes de notre cachette et nous nous sommes dirigés vers le bateau. Une passerelle permettait de monter à bord et on l'a franchi ; rien et toujours personne à l'horizon. J'allais ouvrir la bouche quand soudain le bateau se mit à tanguer. M'agrippant à la rambarde je pris la main de Luigi qui s'appétait, lui, à tomber à la renverse. Le balancement se fit plus rapide me forçant ainsi à me tenir à genoux par terre et bras enroulé à la barrière pour ne pas passer par-dessus bord. L'agitation cessa d'un coup, l'eau en-dessous du navire était redevenu calme et fixe comme avant cet événement. Le son de deux voix se fit entendre au-dessus de nos têtes :

« – Ma chère Kammy, cette pierre comble mieux nos désirs que je ne l'espérais.
– En effet Kamek, elle est puissante, ce pouvoir exaucera sans doute les attentes du roi Bowser. »

Deux koopa portant lunettes, robes et chapeaux, l'un violet et l'autre bleu, se dressaient au-dessus de nos têtes flottant comme si de rien n'était. Ils descendirent à notre hauteur sans pour autant poser leurs pieds par terre mais malgré cela Kammy faisait environs deux ou trois fois la taille de Luigi.

« – Occupons-nous d'abord de ces deux individus, dit Kamek
– J'allais dire la même chose, rétorquais-je. »

A peine avais-je sorti mon sabre de son fourreau que Kammy Koopa leva les bras en l'air faisant apparaître à bâbord et à tribord du bateau deux vagues. Les vagues se transformèrent en mains, se posèrent et firent de nouveau bouger le navire dans tous les sens. Kamek, lui, fit apparaître des carapaces vertes qui rebondissaient tel des boules dans un flippeur qui Luigi tentait désespérément d'éviter. La stabilité du sol perdue nous désavantageait au profit de l'ennemi dont Kammy qui commençait à jeter des boules de feu. Tu n'es pas la seule à savoir faire cela pensais-je. Une main fit pencher le bateau vers la droite, alors glissant comme pour faire un tacle, je me suis accroché à l'aide de mes jambes à un barreau de la rambarde, me couchant sur le dos, tenant mon sabre à deux mains, visant Kammy, je criais mon incantation créant ainsi une boule de feu incandescente au bout de la lame. Elle partit comme une flèche et frappa la magikoopa en plein dans le dos. Les mouvements du bateau diminuèrent quelques instants et Luigi en profita pour attraper une carapace dont la vitesse s'était affaiblit pour l'envoyer directement dans la tête de Kamek qui défaillit et disparu.

Hurlant de rage et de douleurs Kammy entra dans une colère noire. La houle redoubla d'intensité provoquant d'énormes flots qui se brisaient sur la coque du navire. La situation était quasi-apocalyptique. Les balancements se firent plus rudes et plus rapides que jamais de sorte qu'il fut impossible de se tenir à quatre pattes sur le plancher. Je tentais une nouvelle fois la technique employée précédemment mais Kammy avait vu mon jeu. Elle fit basculer d'un coup brusque le navire d'un côté ce qui me perdre le contact avec le sol. M'approchant dangereusement de la barrière, j'ai tenté de me cramponner à elle mais mes doigts glissèrent à son contact causant ainsi ma chute. Avant même de pouvoir sortir ma tête de l'eau, la houle m'entraîna avec des secousses jusqu'au fond et fit en sorte que je ne puisse plus remonter. Relevant la tête je vis que le bateau émis des éclats de lumière, des boules de feu peut-être. Je ne pouvais plus respirer, mes poumons imploraient de l'oxygène. Ma vue commença à se troubler lorsqu'une onde sonore m'indiqua que quelque chose était tombé à l'eau. Oh pitié quelqu'un s'il vous plait suppliais-je en laissant sortir mes dernières bulles d'air. Soudain quelque chose s'enroula autour de ma taille me ramenant d'un coup sec vers le haut. Le quelque chose et moi jaillirent à l'air libre si violemment que le choc avec la terre ferme me fit recracher toute l'eau logé dans mes voies respiratoires et aspirer une énorme bouffée d'oxygène. Haletant et crachotant j'ouvris les yeux, à première vue s'était rouge et cela tremblait. Mais ma vision s'éclaircit et je découvrit avec stupéfaction.

« – Yosushi ! m'écriais-je. »

Chapitre XVI
La grotte du donjon partie 3

« – Mais, mais comment... qu'est-ce que... bafouillais-je.
– Je... je ne sais pas moi non plus, bredouilla-t-il, lorsque vous êtes partis quelque chose en moi m'a poussé à vous suivre et avant que je ne m'en rendre compte j'étais déjà dans l'eau. Je ne pouvais plus faire machine arrière donc j'ai continué. Quand je vous ai retrouvé, vous combattiez ces deux koopas. L'eau, elle était agité, dangereuse, pas calme comme la précédente et puis tu es tombé dedans. Comme tu ne revenais plus à la surface, je n'ai pas réfléchis et j'ai plongé avec la carapace une seconde fois. Je me suis servi de ma langue pour t'attraper et je nous ai ramené sur la terre ferme.
– Yosushi je... merci beaucoup, annonçais-je, maintenant il faut aller aider Luigi, il en a grandement besoin. »

En effet Kammy s'acharnait sur lui comme une démente en lui lançant des carapaces et des boules de feu. Il fatiguait et ne tiendra sans doute plus très longtemps. Son bras de chemise s'était consumé laissant voir une énorme brûlure. Nous courûmes vers le bateau mais son balancement avait détruit la passerelle.

« – Monte sur mon dos, dit Yosushi, je vais nous amener sur le navire. Hors de question d'aller encore une fois dans l'eau. »

Une fois sur son dos il recula, courut droit devant lui et sauta. Soudainement une troisième main sortit de l'eau en dessous de nous pour tenter de nouveau de nous emmener vers le fond. Mais Yosushi fut plus rapide, il tira sa langue qui s'accrocha à la barrière et nous posa vivement sur le pont du navire. Une boule vint à notre rencontre et Yosushi l'avala tout rond puis la renvoya à son propriétaire. Kammy l'évita de justesse mais elle commençait à perdre patience et nous fixait moi et Yosushi.

« – Débarrassons-nous d'elle, déclarais-je.
– Vous êtes peut-être coriaces mais il faut vous rendre à l'évidence vous ne pourrez jamais gagner contre moi ! Regardez, s'exclama-t-elle en montrant la pierre d'eau, tant que j'aurais cette pierre je serais invincible alors abandonnez tout espoir de... argh non ! »

Luigi avait profité de cette distraction pour lancer sur la magikoopa une carapace verte ce qui eût pour conséquence de lui faire lâcher la pierre.

« – Kaen, hurlais-je en invoquant une boule de feu similaire à celle avec laquelle j'avais battu les ombres au manoir. »

Celle-ci partit tel un boulet de canon se loger dans le buste de Kammy qui fût projeter quelques mètres plus loin et disparue de la même manière que son complice. Une vague d'épuisement m'enveloppa et je m'écroulais sur le dos, haletante. Yosushi et Luigi vinrent près de moi et firent de même.

« – On a réussi, murmurais-je.
– Ouais, répondirent-ils. »

Nous restâmes un long moment allongés ensemble attendant que notre respiration redevienne calme et que nos membres soit moins lourds. C'est Luigi qui prit la parole :

« – Tiens, dit-il en déposant la pierre d'eau sur moi, tu en feras bon usage.
– Merci, répondis-je, mais ma main droite est crispé sur la manche de mon sabre, je ne peux pas la loger dans son emplacement approprié. C'est comme si elle était enchaîné au sabre.
– Range la lame dans le fourreau pour savoir si tu peux décrocher ta main. »

C'est avec difficulté que je défis ma ceinture où était mon fourreau et ensuite je réussi avec peine à rentrer la lame à l'intérieur. Comme par magie ma main se desserra et j'ai déposé la pierre dans son trou. Puis Yosushi poussa un rire euphorique.

« – Je sais nager, je sais nager, je sais nager, répétait-il.
– Erreur, rectifiais-je, tu sais plonger avec une carapace, nuance mais c'est un début.
– Comment ça plonger avec une carapace, s'étonna Luigi.
– Yosushi a bravé sa phobie de l'eau pour venir nous aider, expliquais-je, tiens d'ailleurs je ne savais pas non plus que tu pouvais avaler du feu.
– Hihihi, merci c'est innée chez nous les yoshis rouge.
– Hé pendant que j'y pense, parla Luigi, qui surveille nos sacs ? Parce que si quelqu'un d'autre qu'Harmonie les découvre, on risque d'avoir de gros ennuis.
– Pas de souci, répondit Yosushi, je les ai enterrés dans le sable près d'une roche à l'entrée ; c'est d'ailleurs là que j'ai trouvé ma carapace.
– Allons les récupérer, finissais-je, j'ai bien envie de savoir quels sorts je peux utiliser avec cette pierre. »

Nous reprîmes le chemin inverse avec chacun une carapace dans les bras et une fois passé l'entrée de la grotte un luma noir vint vers nous. Tandis que Luigi discutait avec le luma, Yosushi creusait pour sortir nos affaires du sable. J'ouvris le mien et pour la première fois je parcouru le manuel que m'a offert mon maître fantôme. Ce livre était divisé en six parties différentes : eau, feu, terre, air, foudre et spéciaux. Je choisis la partie « eau » en promettant d'ouvrir la rubrique « feu » plus tard chez maître Yosho. Chaque ligne annonçait une invocation suivit d'une description de son résultat, les formules étaient diverses : matérialisation, soin de brûlures, eau potable, eau pure, brouillard, etc.... Je n'avais pas fini que Luigi vint nous voir en disant :

« – On a un énorme souci. »

Chapitre XVII
Un retour semé d'embuches.

« – Que se passe-t-il, demanda Yosushi.
– Les toads se sont rendu compte qu'Harmonie avait désactivé le système d'alarme, expliqua Luigi, ils ont envoyé un vaisseau pour savoir pour quelle raison elle avait fait cela. Ils soupçonnent que cette action ait un lien avec nous ou avec le plan de Bowser.
– Pour cette raison, on ne peut pas vous faire téléporter jusqu'à la base maintenant. Le message de maman est clair, vous devez rester ici.
– Mais si nous attendons ici les toads vont remettre le système d'alarme, ils vont découvrir que vous nous avez aidé une fois que nous serons revenu à la base. Non, il faut nous téléporter dès maintenant comme cela vous ne serez pas inculpés de complicité.
– J'aimerais Luigi, mais les toads fouillent notre satellite en ce moment, c'est beaucoup trop risqué.
– L'idée de Luigi n'est pas si dangereuse que cela, interférais-je, il suffit de ne pas nous faire repérer. Mis à part le centre du satellite, d'où pouvons-nous être téléportés vers la grotte du donjon ?
– On peut y accéder de par le grenier, répondit le luma.
– Parfait, le tout c'est de prévenir Harmonie de nos intentions, attirer les toads à l'opposé de l'endroit où on va arriver de sorte que nous ayons le temps de descendre. De là je créerai un brouillard pour troubler les toads et Harmonie pourra nous renvoyer sur Terre sans problème.
– Oui et comment expliquer l'apparition soudaine d'un brouillard, questionna le luma.
– Vous allez peut-être trouver une excuse, désigner cet incident comme un souci interne ou externe à la station.
– Assez vaste choix mais je vois ce que vous voulez dire. J'accepte ce plan. Si vous voulez bien rester tranquille pour que je puisse vous téléporter convenablement. »

Le retour fut moins perturbant qu'à l'aller et nous nous retrouvâmes dans une pièce ronde. Puis nous sortîmes de la pièce nous révélant ainsi l'endroit où nous nous trouvions ; nous étions au sommet du satellite.

« – Prenez ces télé-porteurs qui vous emmènerons en bas dès le signal, montra le luma, puis une fois le brouillard en place rapprochez-vous du tableau de bord où se trouve Harmonie.
– Attendez, c'est quoi le signal, questionnais-je.
– Vous verrez bien, répondit le luma. »

Le luma descendit de la plate-forme, en bas des ronds blancs à pois colorés s'agitaient dans tous les sens. Il a fallu de quelques instants pour qu'une secousse d'origine inconnue perturbe la station, surement le signal. Nous prîmes les téléporteurs qui nous amenèrent du grenier à une plate-forme plus basse puis de cette plate-forme au rez-de-chaussée. De là je sortis mon katana, me concentrant pointant l'endroit où je voulais qu'il apparaisse.

« – Kiri, murmurais-je. »

Rien ne sortis de la lame. Je fis les mêmes gestes et prononça la formule. Le deuxième essai fit réapparaitre la fatigue qui grandissait devenant de plus en plus pesante. Paniqué j'aillais recommencer une troisième fois lorsque la voix de Lui m'arrêta.

« – C'est bon je crois que le brouillard est assez épais comme ça. »

Je levais les yeux à l'endroit choisit et je fus estomaquée : un brouillard aussi épais que de la fumée était apparu sans crier gare. J'ai touché la lame du katana ; elle était humide et elle laissait échapper de petites particules d'eau dans l'air tel un minuscule arrosoir. Maudissant mon manque d'observation, je me dirigeais vers le tableau de bord. Le brouillard était compact mais étrangement nos têtes dépassaient de celui-ci. Les toads, quant à eux ils étaient terrifiés et, de par les bruits, rentraient dans des objets. Nous voyant arriver Harmonie nous fit un clin d'œil et ouvrit la bouche.

« – Oh je suis vraiment désolée messieurs, dit-elle d'un ton de regret, je crains que nous soyons passé à travers une queue de comète. »

Le luma vert qui était près d'elle pouffait de rire. Arrivés devant elle, elle nous sourit et illumina les environs d'une lumière aveuglante. Fermant les yeux je sentis mes pieds quitter la terre ferme.

Quelques instants pour tard je percutais le sol. Ouvrant les yeux je vis que le soleil était déjà levé mais l'air frais et l'odeur d'herbe mouillée m'indiquaient que nous étions le matin. Nous avions sans doute travaillé toute la nuit et, si nous comptions le temps pris à l'aller, nous serions à Yoshiville en milieu d'après-midi. Il nous resterait alors deux jours pour nous reposer tranquillement avant de reprendre la route. Nos sacs sur le dos nous repartîmes en direction de la ville de Yosushi.

Plus tard au loin nous aperçûmes une silhouette d'un toad assis sous l'ombre d'un arbre un sac deux fois plus grand que lui à côté. Tournant la tête vers nous il nous aperçut, nous fit signe de la main, prit son sac et se précipitait rapidement vers nous en souriant. Je le reconnus aussitôt ; c'était Toady mon ami le toad cuisinier.

« – Ah Mitsuki ! Luigi ! Si vous saviez à quel point je suis heureux de vous voir tous les deux, disait-il, vous n'imaginez même pas le vacarme au château après votre départ. Ne vous inquiétez pas, je ne crois pas à cette histoire d'enlèvement étant donné que je t'ai vu partir Luigi après que Mitsuki soit partie. D'ailleurs tout le monde est inquiet pour toi Luigi mais on dirait que tu vas bien mis à part cette brûlure à ton bras. Elle te fait mal ? J'ai de la pommade si tu veux. Où en êtes-vous dans votre enquête ? Mario et Yoshi sont partis aussi. »

Une grande qualité inclut un énorme défaut pensais-je, Toady pouvait garder des secrets mais parlait beaucoup trop avec les gens auquel il avait confiance.

« – On va dire qu'elle avance, répondis-je, et toi ? Que fais-tu sur la route ?
– Je vais au festival à Yoshiville comme tous les ans pour trouver de nouvelles recettes de cuisine et voir la pluie tomber sur les récoltes. C'est fou tout ce qu'on trouver là-bas.
– Cela tombe bien car c'est aussi notre destination et notre ami ici présent Yosushi cuisine, disais-je en présentant Yosushi, vous pourrez en parler pendant le trajet jusqu'à la ville.
– Oui ça fera passer le temps jusqu'à Yoshiville et... argh zut, s'écria Toady, il faut que je vous prévienne. Luigi, ton frère, Mario, il s'est mis personnellement à ta recherche avec Yoshi et il et actuellement à Yoshiville. »

Luigi ne répondit pas mais il paraissait encore plus inquiet et son teint devint cireux.

« – Il ne manquait plus que ça, maugréais-je. »

Chapitre XVIII
Informations indirectes.

« – C'est ridicule, ça ne marchera pas, fit Toady.
– Ça marchera je te le dis, dis-je, toi et Yosushi contentez-vous d'être le plus naturel possible. »

Je fermis la fermeture éclair du sac de Toady dans lequel j'étais actuellement cachée. Cette idée m'était venue précédemment. Alors que Luigi se faisait soigner par Toady et que je me reposais à côté de Yosushi, un wiggler chargea dans notre direction. Je fus réveillée par le bruit mais avant d'avoir pût faire le moindre geste Yosushi avait déjà attrapé la chenille avec sa langue et la mangea toute entière. Mais, pris de nausées, il la recracha aussitôt. Elle s'en alla apeurée et c'est après quelques explications de Yosushi qu'elle immergea. L'idée était que Luigi ou moi aillent dans l'estomac de Yosushi tandis que l'autre se cacherait dans le sac de Toady. Etant donné que Toady avait une raison pour aller en ville et que Yosushi y habitait, ils devaient être ceux qui nous emmèneront vers la demeure de maître Yosho. Restait à savoir qui irait dans la panse de Yosushi. Cela se joua à la courte paille et Luigi perdit.

De ma cachette de la musique, des chants et des rires indiquèrent que nous étions entrés dans la ville. J'ouvris légèrement la fermeture éclair de sorte à pouvoir regarder dehors. Toads, Yoshis et quelques goombas et koopas mangeaient, buvaient et faisaient la fête ensemble. Tous les stands regorgeaient de monde à tel point que les vendeurs en étaient débordés. Ce paysage qui aurait dû être nocturne était illuminé de couleurs chaudes émanant de la joie et donnerait de la chaleur au cœur le plus refroidit du royaume. On aurait même pût se déplacer librement tellement il y a du monde, pensais-je, moi qui croyais qu'il n'y aurait que peu de monde deux jours avant le festival, je me suis complètement trompée. Le rêve éveillé d'airs de danse, de bonheur et de musique s'effaça peu à peu à mesure que l'on montait la colline vers la demeure de maître Yosho. Soudain Toady s'arrêta et déposa son sac près de ce qui semblait être un banc.

« – Ouf, nom d'un champignon, dit Toady, ce sac est plus lourd que je ne le pensais. Enfin, nous sommes presque arrivés à destination et nous n'avons eu aucun souci jusqu'ici.
– En effet cette ville parait trop paisible alors qu'un individu dangereux court actuellement en liberté, fit une voix derrière nous. »

La voix me glaça de tout mon corps et m'obligea inconsciemment à retenir ma respiration. Yosushi émit un cri de stupeur et Toady respirait bruyamment.

« – Nom d'une carapace bleue, s'écria Toady, Mario, vous m'avez fait peur !
– Je vous prie de m'excuser, répondit Mario, j'étais attablé à une table avec Yoshi lorsque je vous ai vu passer en compagnie de cet étrange Yoshi et j'ai eu une irrésistible envie de venir vous saluer.
– C'est très gentil de votre part. La princesse Peach m'a informé de votre présence ici à Yoshiville avant que je prenne le circuit de tuyauteries qui est maintenant surveillé. D'ailleurs qu'entendiez-vous par « individu dangereux » ? Bowser aurait-il l'intention de gâcher le festival ? »

Il joua cette dernière phrase avec une voix effrayée. Essayant d'obtenir une respiration la plus inaudible possible, je compris alors que Toady tentait de nous offrir des informations à propos du royaume champignon.

« – Pour tout vous dire Bowser est actuellement introuvable, raconta Mario, je vous explique. Au lendemain de la capture de bébé Luigi nous sommes partis Yoshi et moi très tôt le matin en direction du château de Bowser pensant les retrouver là-bas. Mais à notre grande surprise le château était vide et quand je dis vide il n'y avait personne : ni thwomp, ni skelerex, etc. Puis comme vous le savez en rentrant j'ai appris la disparition de mon frère et de cette fille. N'ayant tous les deux laissés aucun mot, ni aucune trace et avec les évènements passés j'en ai conclu à un enlèvement.
– N'avez-vous pas pensé que ces deux-là seraient partis de leur plein gré, demanda Toady, vous avez sans doute remarqué la détermination dont Mitsuki, oui c'est le nom de cette fille, a fait preuve en voulant sauver bébé Luigi, non ?
– Etant donné que par le passé elle n'a fait que nous causer des ennuis et n'a montré aucune once de sympathie envers nous, je doute fort qu'elle soit partie à sa rescousse. »

Vous n'avez pas fait d'effort non plus de votre côté, rappelais-je en silence. S'en suivit un long silence. J'entendis Mario contourné le banc et s'assoir.

« – C'est un lakitu qui m'a prévenu que Luigi était ici, continua Mario chagriné, j'espérais le retrouver vite mais il faut croire que je suis plus compétant à sauver des princesses et des royaumes. Luigi est peureux mais il sait se montrer courageux quand le besoin se fait sentir. Je souhaite qu'une seule chose ; c'est que mon frère aille bien et qu'il sache que je suis prêt à tout pour le retrouver. »

Il se leva.

« – Bon je vais vous laisser, finit-il, je vais rejoindre Yoshi et demain nous ferons une dernière patrouille avant de reprendre la route. Il semblerait qu'ils ne soient plus ici. »

Il commença à marcher. Toady se leva.

« – Pour vous dire la vérité Mario, prononça Toady, je ne crois pas à cette histoire d'enlèvement. Vous ne le pressentez peut-être pas encore mais des changements futurs vont être en total contradiction avec des choses et des rumeurs passées et actuelles que vous croyez vrai. En tout cas c'est ce que je ressens aujourd'hui.
– C'est votre point de vue, dit Mario qui s'était arrêté entre temps. À l'avenir si vous voyez cette fille ou Luigi vous serez gré de me prévenir. Au revoir et bonne soirée.
– Je n'y manquerais pas et à vous aussi. »

Mario s'éloigna. Je soufflais un bon coup et Toady et Yosushi firent de même. On avait eu chaud cette fois-ci. Toady repris son sac et le reste du trajet se fit dans le silence. Nous arrivâmes au portail de la demeure où les gardes nous laissâmes entrer. Une fois à l'intérieur et la porte fermée je sortis du sac tandis que Yosushi se précipita vers le lac.

« – Originale mais inconfortable, dit maître Yosho en souriant faisant sans doute allusion à l'idée. »

J'entendis Yosushi émettre un haut-le-cœur, Luigi tomba dans l'eau, ressortit aussitôt et posa nos sacs par terre.

« – Pouah dégoutant, s'exclama Luigi en s'avançant vers moi trempé jusqu'aux os, la prochaine fois Mitsuki c'est toi qui va à l'intérieur de son estomac.
– Tu tombes bien Luigi, disais-je, j'ai quelque chose à te demander. »

Chapitre XIX
Choix et festival

Croisant mes bras et prenant un air sérieux je regardais Luigi qui cessa soudain de me sourir.

« – Ais-je fais quelque chose qui t'as contrariée, demanda Luigi.
– Au contraire, ais-je répondue, j'aimerais juste que tu me donnes ton point de vue sur des informations que Toady et Yosushi – et moi indirectement – avons reçu en cours de route.
– Je t'écoute, fit Luigi ayant repris confiance en lui.
– Alors premièrement le système de tuyauteries est surveillé, deuxièmement Bowser a disparu et troisièmement nous avons rencontré ton frère qui actuellement se fait beaucoup de soucis pour toi et il est prêt à remuer ciel et terre pour te retrouver. »

Pendant un instant Luigi resta de marbre. Puis, la tête entre ses mains, il se mit à marcher frénétiquement de long en large.

« – Non, non, non, paniqua-t-il, tout cela va beaucoup trop loin ! D'abord l'avis de recherche et ensuite ça. Raah ! Tout cela à cause de ma faute, si j'avais laissé un mot pour Mario. Que faire maintenant ? »

Je le pris par les épaules.

« – Calme-toi, il doit bien y avoir un moyen d'arranger ceci.
– Alors lequel !? Mario est tourmenté à cause de moi et je ne peux pas aller le voir pour le rassurer ; Si je fais ça il n'hésitera pas à te le faire payer et si je ne le fais pas il va nous traquer. Dans ces deux cas notre voyage pour aller secourir bébé Luigi se soldera par un échec.
– Dans ces circonstances fais en sorte que Mario soit averti de ton état de santé sans que cela compromette notre mission. Une lettre ou un petit mot par exemple. Qu'en penses-tu ? »

Les yeux dans le vide Luigi réfléchissait. Il acquiesça ensuite silencieusement de la tête. Je le tournais vers Toady et Yosushi qui discutaient joyeusement de cuisine. J'ai appelé Toady pour attirer son attention.

« – Toady, serais-tu d'accord pour transmettre un message de Luigi pour Mario dès que tu iras profiter du festival ?
– Je le ferai, répondit Toady, si cela peut apaiser Mario et Luigi également.
– Bon voilà déjà un problème résolu. En ce qui concerne le système de tuyauteries et bien on va continuer à pied. Il ne reste plus que la disparition de Bowser à résoudre. Quelqu'un a-t-il une idée ? »

Mes trois compagnons firent non de la tête. Yosushi baillait, Luigi, calmé, tentait de garder ses paupières ouvertes et la tête de Toady descendait et remontait à intervalles irréguliers. Tout ceci me remémorais que nous avions peu dormi ces derniers temps et me rappela aussi ma fatigue. Maître Yosho s'approcha.

« – Je crois qu'il est grand temps pour vous tous d'aller vous coucher, prononça-t-il, la nuit porte conseil dit-on. »

À peine installée dans mon sac de couchage je m'endormis aussitôt.

Le soleil était levé très haut dans le ciel lorsque je fus réveillée par des gouttes d'eau qui me tombaient sur la figure. Je grognais et plaquais mes mains sur mes yeux.

« – Debout grosse dormeuse, s'exclama Yosushi plein de gaieté en secouant son corps trempé, il faut se lever, la matinée est déjà passée. »

C'est en grommelant que je sortis de mon sac de couchage. Je regardais autour de moi. Yosushi heureux replongea à nouveau dans l'eau, Luigi, le bras en écharpe, lui donnait des conseils de natation et maître Yosho, au bord du lac, méditait.

« – Où est Toady, demandais-je en me frottant l'œil droit.
– Il est parti s'amuser au festival, répondit Luigi, il m'a dit qu'il donnerait mon message à Mario aujourd'hui mais le plus tard possible. »

Je voulu faire un pas en avant, un objet percuta mon pied ; c'était une bourse ornée d'un ruban aux motifs étoilés. Je la pris dans mes mains et je l'ouvris. Elle contenait une pierre précieuse d'un blanc immaculé dont les côtés reflétaient les rayons du soleil. Elle était accompagnée d'un petit mot.

De la part de maman. Aucun soucis. Bonne continuation.

Luma noir


« – C'est un fragment d'étoile, m'informa Luigi, ce présent est arrivé durant la nuit. »

J'acquiesçai et je la remis dans sa bourse avant de mettre celle-ci en sécurité dans mon sac.

L'après-midi se passa pour le mieux. Yosushi devenait de plus en plus habile à nager et Luigi se reposait au bord du lac. Quant à moi maître Yosho m'entraîna à contrôler ma jauge de puissance pour éviter de consommer inutilement mon énergie. Les bruits de fête au village se firent plus grands à mesure que l'après-midi se terminait et que la nuit arrivait. Une fois les torches allumées par mes soins, je me suis approchée de maître Yosho pour lui remettre la pierre d'eau mais il secoua la tête.

« – Place aux jeunes, m'a-t-il répondu, garde-la et montre-nous tes talents Mitsuki. Pointe le sabre vers le ciel et regarde les étoiles, ensuite ça ira tout seul. »

Je m'avançais vers le lac noir en prenant soin de ne pas tomber et je pris un chemin de terre qui coupait le lac tel un rayon de cercle en géométrie. Une fois au centre du lac, je levais la lame de mon katana vers la voûte céleste, je redressais ma tête et doucement, perdu dans les étoiles, je murmurais :

« – Kami no mizu. »

L'eau du lac ne réagit pas mais on pouvait voir que la surface se changeait peu à peu en un miroir reflétant ainsi les étoiles des cieux. De chaque reflet d'étoile jaillirent des flots de fluides aux couleurs astrales. On aurait dit que chaque étoile avait pris soin de tricoter avec sa propre lumière. Puis ils remontèrent ensemble jusqu'à un point de hauteur fixé et chacun pris un chemin différent. Elles descendirent telles des étoiles filantes, formèrent à l'unisson un dôme qui engloba Yoshiville et finirent leur course en petite pluie dans les plantations aux abords de la ville. Le silence admiratif laissa alors place à des acclamations et à des applaudissements de la part des spectateurs. Voilà pourquoi beaucoup de monde veulent célébrer cet événement, pensais-je. Je rejoignis alors mes amis, Yosushi enthousiaste sautait sur place, Luigi et maître Yosho assoient souriaient.

« – C'est le plus magnifique des festivals auquel j'ai assisté, fit Yosushi, bravo Mitsuki il est encore mieux que tous les précédents. »

Je riais moi aussi. Soudain une voix à l'extérieur des remparts se fit entendre.

« – Bon sang, s'exclama-t-elle furieusement, combien de fois faudra-t-il vous le répéter ? Personne n'accède à la demeure du maître sauf autorisation. Ça ne sert à rien de nous menacer. »

« – Justement j'en ai une, rétorqua une seconde voix, au nom de la princesse Peach je vous ordonne d'ouvrir ces portes. »

Chapitre XX
Prochaine destination

Le silence se fit à l'intérieur de la demeure, nous n'osions à peine bouger de peur de faire un bruit. La voix de dehors était celle de Mario. Comment savait-il que nous étions ici, me demandais-je, avait-il forcé Toady à lui donner des informations, Luigi avait-il laissé des renseignements implicites dans son message ? Toutes sortes de questions se bousculaient dans ma tête mais une dominait toutes les autres : comment sortir de ce lieu fermé sans se faire attraper ? Maître Yosho pris un air grave mais étrangement il parla d'un ton amical.

« – Un instant monsieur. Laissez donc un pauvre Yoshi âgé reprendre son souffle. Accordez-moi juste un moment le temps que je vienne en personne vous ouvrir la porte maître Mario. »

Mario accepta avec agacement. Mais au lieu de faire ce qu'il a dit, maître Yosho pris le chemin inverse de la porte et se dirigea vers le lac en nous faisant signe de le suivre et de prendre nos affaires. Nous le suivîmes et, une fois devant la rive, il murmura :

« – Il y a un passage sous-marin au fond du lac qui vous amènera à la rivière à deux kilomètres d'ici. J'ai assez de force pour créer un courant sans la pierre qui vous y emmènera rapidement. Après je ne pourrais plus vous aider.
– Vous avez déjà fait beaucoup pour nous maître Yosho, je vous en remercie, dit Luigi.
– Je n'ai fait que mon devoir de gardien, fit maître Yosho, ah une dernière chose Mitsuki, j'aimerais en plus de ta quête que tu retrouves les pierres. Il serait regrettable qu'elles tombent dans de mauvaises mains et il semblerait que Bowser ne soit étranger à cette affaire.
– Comptez sur moi maître, répondis-je. »

Il sourit puis il rebroussa le chemin tandis que nous rentrions dans l'eau noire et glaciale. Arrivée vers le fond la force du courant me poussa si brusquement qu'elle me fit perdre mon orientation et me fit tournoyer comme dans une machine à laver. Mes roulades s'arrêtèrent au moment même où mon corps percuta une énorme masse. A cause du choc je perdis mes dernières bulles et je me précipitais vers la surface en quête d'air. Un poisson remonta, assommé alors que je nageais vers le rivage.

Les lumières de Yoshiville brillaient au loin dans la nuit avais-je remarqué plus tard en séchant nos affaires avec une chaleur émanent de mon sabre. Luigi, papiers en mains, poussa un long soupir.

« – Les cartes ont pris l'eau, annonça-t-il, elles sont illisibles et elles menacent de partir en morceaux. Heureusement que j'ai pensé à emporter une boussole. Qu'en est-il de la nourriture Yosushi ?
– Les fruits et légumes sont intacts mais les biscuits et la viande sont immangeables. Il faudra sans doute trouver de la nourriture d'ici quelques jours.
– De ton côté Mitsuki, demanda Luigi.
– Ça va nos vêtements vont biens mais je remarque que nous n'avons que des tenues légères. Cela serait regrettable si l'un de nous tombait malade lorsque la... »

Je ne pus finir ma phrase qu'un éternuement violent me pris.

« – La température chutera, finissais-je en reniflant tandis que l'on me présentait un mouchoir, ah merci. – Je vous en prie, déclara une voix caverneuse. »

Ma réaction ne se fit qu'après mettre moucher le nez. J'ai tourné le buste lentement et un Boo apparut soudainement en tirant la langue. Surprise je criais et je perdis l'équilibre me retrouvant les fesses par terre. Le Boo riait de sa farce.

« – Pardonnez-moi mais c'était tellement tentant, riais-t-il langue pendante, bon reprenons notre sérieux. Je suis envoyé par le roi Boo pour transmettre ceci de sa part.
Il sortit un journal enroulé de sa bouche.
– Il pense que cela peut vous être utile. »

Je pris la gazette dans les mains et la déplia ; elle datait de plusieurs semaines dont la photo de la première page montrait une montagne pris dans un orage quasi chaotique dont les éclairs s'entrelaçaient tels les barreaux d'une cage à oiseau. Cette première page avait pour titre « Phénomènes inexplicables à la montagne Twomp, le professeur K.Tastroff toujours introuvable ».

« – D'après le vieux Boo il pourrait s'agir de la pierre de foudre, expliqua le Boo, ces événements sont apparus après que le gardien Latuki ait informé de son départ à la retraite. Il semblerait que son nouveau gardien ne prenne pas cette responsabilité au sérieux. Pour l'instant nous avons en notre connaissance la position de quatre pierres dont deux sont en ta possession. La pierre de terre reste encore introuvable. Celles qui restent sont sur la montagne Thwomp et à Sarasaland.
– C'est beau donner les endroits où les pierres sont gardées mais on ne sait ni comment y aller ni qui sont les gardiens, fis-je remarquer, de plus nous n'avons plus de cartes.
– Je crois pouvoir répondre à ces questions, dit Luigi, regarde, dans cette article ils disent que le professeur K.Tastroff s'était installé sur la montagne avant que l'orage ne se présente. Comme il reste introuvable il doit être sans doute encore là-bas. Comme c'est un grand chercheur il pourra peut-être nous créer un gadget pour trouver les autres pierres.
– Le souci reste encore de savoir comment y aller, rétorqua Yosushi. »

Luigi prit un bâton et commença à dessiner ce qui semblait être un contour de tête de Toad.

« – Voilà le royaume champignon, au centre le château de la princesse Peach avec le village des Toads autour. Nous sommes à peu près ici à l'est du château près de Yoshiville. La montagne Thwomp et la montagne glaciale sont à l'extrême nord du royaume et forment la frontière naturelle entre le royaume champignon et Végésia. De même pour Sarasaland à l'ouest du royaume champignon avec le désert sec-sec. Nous n'avons qu'à continuer direction nord vers la montagne glaciale puis prendre la direction ouest pour arriver à la montagne Thwomp.
– Risque-t-on de rencontrer des obstacles sur notre route, fis-je.
– Il faudra passer par Champ de fleur, le territoire des plantes piranha et des Wiggler qui s'étend sur toute la partie nord-est du royaume.
– Bien alors pour conclure notre conversation, déclara le Boo, j'aimerais vous dire que si vous avez besoin d'aide n'hésitez pas à demander à n'importe quel Boo. On est plus lié à cette prophétie qu'avec n'importe quels autres serments récents. Sur ce à plus. »

Il disparut.

« – Très bien, annonçais-je, on reprendra notre route vers notre nouvelle destination : Champ de fleur. »

Chapitre XXI
Première entrée ratée...

« – Pour tout te dire je m'attendais à autre chose, du genre un espace recouvert de plantes et de fleurs à perte de vue, mais pas à cela. »

Luigi acquiesça. Le chemin était coupé par des rangées d'immenses arbres dont les espacements entre eux étaient bloqués par d'énormes ronces enlacées autour de leurs troncs. Je m'avançais et plissais les yeux pour tenter de voir au loin derrière les arbres mais les ronces étaient si nombreuses que je ne voyais rien au loin. Je touchais le bois ; il était humide et couvert de mousse.

« – Si je mets le feu à ces ronces, annonçais-je, la fumée sera tellement dense que cela informera les lakitus et nous sommes déjà à découvert depuis trop longtemps. Je me demande comment s'en sort Yosushi de son côté. »

Nous avions fait le chemin depuis le lac uniquement la nuit tombée. Non seulement nous avons croisés aucun poursuivants mais en plus nous avons pu demander notre route lorsque nous avons rencontrés des Boos. Maintenant le soleil était levé depuis plusieurs heures et nous étions coincés devant l'entrée de Champ de Fleur.

« – Ohé Mitsuki, Luigi, cria Yosushi au loin. »

Il courait dans notre direction, s'arrêta devant nous et reprit son souffle.

« – J'ai trouvé un passage pour entrer, dit-il, c'est étroit mais je pense que l'on pourra passer. Il est à dix minutes d'ici en courant.
– Eh bien, répondais-je, qu'est-ce que nous attendons, allons-y. »

Nous remirent nos sacs sur notre dos et nous suivîmes Yosushi le long des remparts naturels. Plus tard nous atteignîmes une petite rigole où circulait un ruisseau. Nous descendîmes au fond du fossé, l'eau serpentait en toute simplicité sous des haies des mûriers qui n'avaient pas pris soin de fermer une petite ouverture de la hauteur d'un goomba. Accroupis, nous nous engouffrâmes dans le tunnel qui se finissait plusieurs mètres plus loin par un massif forestier. La forêt était si dense que ses feuilles filtraient le moindre rayon de soleil donnant à l'endroit une teinte vert nature. Des araignées pendaient aux branches des arbres, remontant, descendant inlassablement. Des bruits de branches brisés se firent entendre à notre droite, quelque chose de gros s'avançait vers nous. Nous nous cachâmes sous une grosse racine mise à nue et nous attendîmes silencieux. Deux Wigglers passèrent devant nous sans nous voir.

« – C'est dangereux, partons d'ici, chuchota Luigi effrayé une fois les Wigglers partis. »

A peine sortit de notre cachette un bruit se fit entendre. Je regardais autour de moi mais rien. Le bruit se répéta, se multiplia et se rapprocha. Soudain Luigi tomba en avant, son pied tiré en arrière par une racine et tenta de ne pas se laisser emporter.

« – Luigi ! hurlais-je. Yosushi attrape le ! »

Yosushi tira sa langue qui s'enroula autour du buste de Luigi tandis que je sortais mon sabre pour couper la racine. Elle céda au premier coup, Luigi s'affaissa de tout son corps par terre et je me précipitai pour le relever. Nous courûmes de toutes nos forces, zigzaguant, sautant pour éviter les racines qui sortaient de terre pour essayer de nous capturer. Nous bondîmes au-dessus d'une racine d'arbre mais celle-ci se leva en même temps. Le pied de Luigi se prit dans cette dernière qui, parallèlement, donna un coup dans le ventre de Yosushi et un à ma tête. Le coup fut si violent qu'il m'assomma.

Je me suis réveillée ligotée à un tronc d'arbre avec un horrible mal de crâne. Grognant, je levais la tête et mon regard croisa celui des deux Wiggler en colère que nous avions laissé passer précédemment. Cela n'annonçait rien de bon.

« – Mais puisque je vous dis que nous n'avons rien fait, fit Luigi ligoté à ma droite, nous avons kidnappé personne. Nous venons à peine d'arriver, je vous le jure.
– Pourtant vous ressemblez trait pour trait à la description qui nous a été faite par Flora : trois individus, deux portant un chapeau et un armé. Ne le nier pas. Je répète ma question : où est Rose Piranha ?
– Nous ne connaissons aucune Rose Piranha, dis-je calmement, de plus votre description contient que très peu d'éléments. Cela pourrait être n'importe quel groupe de trois qui passerait dans les parages. Loin de moi l'idée de ne pas avoir confiance en votre jugement mais il serait plus sage de nous faire rencontrer cette Flora pour être fixé. Qu'en pensez-vous ? »

Les deux Wigglers se retournèrent et discutèrent un moment entre eux. Puis ils se tournèrent vers nous.

« – D'accord, répondit l'un des deux, nous allons vous conduire jusqu'à Flora mais gare à vous si vous êtes les personnes que nous cherchons. »

Les liens lâchèrent leur étreinte et nous pûmes respirer à pleins poumons. Durant tout le trajet les racines prirent soin, en plus des Wigglers, de surveiller le moindre de nos gestes jusqu'à ce que nous arrivâmes à ce qui semblait être une immense clairière éclairée recouverte de fleurs et de verdure. C'est en regardant le ciel où les ronces montaient jusqu'à dix mètres de hauteur que je compris. Ce territoire était en réalité à la fois un bocage et une serre, un immense jardin à lui tout seul et un paradis pour les plantes de ce royaume. Je regardais aux alentours : des plantes piranha sortaient de leur terreau pour marcher quelques mètres, d'autres crachaient du feu. Il y avait aussi des tournesols qui prenaient le soleil mais aussi des Wigglers de différentes tailles dont certains, les plus petits, avaient une fleur non éclos sur leur tête. Curieux, non ? Mais à peine ai-je finis mon observation que nous nous arrêtâmes devant une plante piranha mutante de plus de deux mètres de hauteur portant une culotte rouge à pois blancs : c'était Flora Piranha.

Chapitre XXII
Flora et sauvetage de Rose

Flora Piranha grogna, les wigglers reculèrent avec respect nous laissant à l'affût de la plante mutante. Elle s'approcha de nous tel un animal sauvage devant sa proie, tourna autour de nous. Flora nous flairait si fort que nous sentions la chaleur de son souffle sur notre cou. Recouverte de sueur froide et les cheveux hérissés je n'osais bouger. Luigi, lui, tremblait de la tête aux pieds. Finalement elle tourna la tête vers nos deux ravisseurs.

« – Ce ne sont pas eux, répondit-elle, ils n'ont pas la même odeur. »

Nous soufflâmes de soulagement, Yosushi se laissa même tomber sur le sol.

« – Cependant, continua-t-elle, cela ne veut pas dire que vous êtes innocents. Que faites-vous à Champ de Fleur alors que ce territoire est strictement réservé aux plantes et aux Wigglers. Il est en particulier interdit aux frères Mario et à leurs proches ?
– C'est-à-dire nous avions l'intention de couper à travers vos bois pour se diriger vers la montagne Twomp, racontai-je, et il s'avère que nous ne connaissions pas ce détail.
– Et bien ce détail est crucial, gronda-t-elle, ce territoire nous a été attribué pour que nous menions une vie paisible à l'abri de votre espèce ! Savez-vous que votre présence pourrait être prise comme une provocation ?
– Si je peux dire quelque chose pour notre défense, dit Luigi, la princesse Peach et mon frère ne m'ont jamais parlé de cet accord pris entre eux et vous. C'est pour cela que j'ai proposé à mes compagnons de passer par votre terrain. Et étant donné la situation à l'extérieur, je pense que vous comprenez pourquoi il nous était impossible d'utiliser une autre route.
– Oh je me rappelle maintenant ! Ainsi donc c'est toi la personne que tout le monde recherche, déclara-t-elle en me regardant, me voilà devant l'ennemi public n°2. Je dois dire que tu as un sacré culot et je t'en félicite. Tu commences vraiment fort pour un début dans la méchanceté. Un petit conseil ne laisse pas tes otages te dicter ta loi, c'est toi la chef n'oublie jamais ça. »

Je restais de marbre, voilà qu'elle me prenait sérieusement pour une future adversaire des frères Mario. Néanmoins je me suis dit que cette apparence pouvait nous servir à passer cette étape. Autant jouer le jeu à fond. J'ai tourné la tête vers Luigi et je lui fis un clin d'œil. Puis regardant Flora je souris, pris un air prétentieux et croisa les bras.

« – Ah enfin quelqu'un qui reconnait la valeur de mon œuvre, fis-je d'un rire arrogant, j'attendais ce moment avec impatience. J'apprécie vraiment vos conseils et je dois vous avouer que vous êtes un modèle pour moi. Et pour cette inspiration que vous m'avez apportée, je vais de ce pas botter les fesses de ces imbéciles qui vous ont fait du tort.
– Vraiment, tu veux bien ? Décidément tu ne manques pas de cran, s'étonna-t-elle, dans ce cas si tu me ramènes ma fille, je passerai l'éponge sur cet incident et je t'indiquerai le chemin à prendre pour te diriger vers la montagne glaciale. Je suis sûr que les kidnappeurs sont encore dans les bois, il est plus facile d'y entrer que d'en sortir. Ces bois sont un vrai labyrinthe. Veux-tu que je te garde tes otages le temps que tu t'occupes d'eux.
– Inutile, répondis-je, je préfère garder les yeux sur eux. Si tu veux bien j'y vais. »

Je repris mon sabre à un des deux Wigglers et je fis signe à mes compagnons de me suivre. Une fois à l'orée de la forêt je m'assis, j'ouvris mon sac et je sortis mon livre de sorts.

« – Finalement cette histoire de kidnapping n'est pas si mauvaise qu'elle en a l'air, dit Luigi tandis que je feuilletais mon manuel.
– Le fait qu'elle nous ait aidés une fois ne veut pas dire qu'elle nous soit favorable, objectais-je, ah voilà. Rashinban ! »

Une flèche rouge apparut devant moi. Je me suis levé et j'ai pris la direction opposé de la pointe. L'aiguille tourna pour m'indiquer le chemin inverse.

« – Oh je vois, lança Yosushi, c'est pour retrouver notre route une fois à l'intérieur de ce labyrinthe. Sincèrement l'ancien détenteur de ce pouvoir a pensé à tout.
– Il s'agit simplement d'un moyen pour retrouver plus rapidement Flora et reprendre vite fait notre quête, répondis-je. »

La pointe nous fit circuler sur plusieurs sentiers avant de nous faire grimper une montée. Elle était si raide qu'elle nous força à continuer à quatre pattes. À la moitié de la pente nous entendîmes le bruit d'une agitation de l'autre côté de la côte. Une fois arrivés au sommet nous découvrîmes à qui appartenait les voix que nous avions écoutées. Le versant se terminait par l'accès d'une cuvette où l'on pouvait voir quatre personnages s'agiter. On reconnut le premier grâce à sa morphologie et aux mêmes motifs dessinés sur sa robe que sur la culotte de sa mère : c'était Rose. Les trois autres restaient à identifier. Le premier était un Koopa ailé portant un saut rouge sur la tête et des chaussures vertes, le second était un Goomba coiffé d'un bonnet de bleu nuit et d'un habit de la même couleur, et le dernier était un Maskass à l'uniforme vert et armé d'un petit bazooka et d'un bâton magique. Ce trio entourait l'otage qui pleurait à chaudes larmes. Le Goomba perdait patience.

« – Assez maintenant, révèle nous où se trouve la pierre magique ou sinon... commença-t-il.
– Goomby calme toi, coupa le Koopa, comment veux-tu qu'elle nous informe si tu la terrorise ?
– Non Parapounet, rétorqua le Maskass, arrêtons de jouer les méchants sympas. Il est temps qu'elle dévoile tout ce qu'elle sait. Si nous n'arrivons pas à réussir cette mission nous ne sommes pas dignes d'être l'armée d'élite de Bowser.
– Maskou a raison, fit Goomby, veux-tu vraiment décevoir le grand Bowser ? Et puis nous serons honorablement récompenser pour le succès si nous réussissons à obtenir cette pierre que désire le patron.
– Oui faisons-le pour la gloire future, dit Parapounet. Alors crache le morceau et vite ! »

Ils se remirent à asticoter leur pauvre prisonnière.

« – Les suppositions du Boo étaient fondés, chuchota Luigi, Bowser est bien à la recherche des pierres. Voilà pourquoi lui et ses sbires étaient introuvables. Qu'a-t-il l'intention de faire avec ?
– Je ne sais pas, murmurais-je, mais pour le moment le plus important est de sauver Rose. Peut-être on en apprendra plus de la part de sa mère après l'avoir ramenée auprès d'elle.
– Je me mis debout, sortis mon katana et criai : »

« – Eh le trio d'imbéciles il y a une chose que je ne tolère pas et c'est la concurrence. Débarrassez le plancher les pierres sont notre terrain de chasse. »

Chapitre XXIII
Trois contre trois

Je descendis tellement vite la pente en me dirigeant vers eux qu'ils prirent peur et s'éloignèrent de leur prisonnière. Nous nous mîmes de suite entre le trio et Rose. J'ai tourné la tête vers elle.

« – Monte là-haut, disais-je, on s'en occupe. »

Elle ne se fit pas prier et grimpa la côte. J'analysais notre zone de combat : l'espace était de taille moyenne à la forme arrondie, recouvert sur ses rebords d'arbres penchés à l'allure maigrichonne et de feuilles mortes datant du dernier automne. Le sol, jonché de bois mort, paraissait sec ce qui m'interdisait l'utilisation de la pierre de feu. Goomby, Parapounet et Maskou, remis de leurs émotions, étaient prêts à se battre. De suite Parapounet rentra dans sa carapace et chargea en direction de Yosushi. Yosushi l'évita en s'écartant sur le côté mais la carapace traça rapidement un arc de cercle et remis le cap sur sa cible. La seconde fois ne manqua pas, Yosushi tomba en arrière. Se relevant frustré il courut après pour l'attraper à coup de langue. De son côté Maskou sortit son bazooka, me visa et tira. Il en échappa une énorme cartouche noire dotée de bras blancs et de deux yeux en colère.

« – C'est un Bill Ball, cria Luigi, saute lui dessus sinon il va exploser ! »

J'attendis qu'il soit près de moi pour lui sauter dessus et, chose étrange il disparut. Goomby, quant à lui, lançait des Bob-omb que Luigi s'empressait de relancer précisément sur son propriétaire. Plusieurs bombes explosèrent créant ainsi un feu qui pouvait se propager. De suite je me suis empressée de l'éteindre en l'aspergeant d'eau sortant de mon katana. Mais avais-je détourné les yeux de mon adversaire qu'il en profita pour recharger son arme et tira. Je me suis rendu compte qu'il était trop tard pour sauter sur le Bill Ball, alors j'ai plongé sur le côté pour m'écarter. Le projectile éclata au moment même où il frôla le monticule de terre provoquant une énorme explosion. Cette dernière fut si forte qu'elle fit voler des monceaux de terre et me projeta quelques mètres plus loin. Ma vue était brouillée et les bruits engendrés résonnaient d'une voix sourde à mon oreille. Le panorama s'éclaircit peu à peu m'indiquant que Maskou s'apprêtait à recommencer son attaque. Finalement Yosushi attrapa Parapounet, d'un revers de langue le lança droit vers le Maskass qui fut emporté avec lui et ils finirent leur course dans un arbre assommés. Aussitôt Goomby paniqua et jeta de plus en plus de Bob-omb vers Luigi qui n'arrivait plus à renvoyer ces dernières vers son possesseur. Les Bob-omb couraient vers Luigi qui tentait de les éviter du mieux qu'il pouvait. Il réussit cependant à ne pas se faire toucher mais le paysage autour de nous avait petit à petit pris feu. Les flammes s'agitaient ne laissant aucun moyen de s'échapper de la cuvette. Les deux endormis furent réveillés par la langue du brasier et se précipitèrent paniqués vers leur acolyte effrayé. La température montait rapidement, la fumée se faisait plus dense de seconde en seconde et l'air se raréfiait. L'incendie, nourrit par le bois et les feuilles mortes, se rapprocha dangereusement de nous et nous commençâmes à tousser. Pris moi-même d'une quinte de toux je tentais de me contrôler pour au moins prononcer un mot et je réussis :

« – Kanketsusen, fis-je les larmes aux yeux. »

Le sabre fit jaillir un immense geyser d'eau qui s'abattit comme une pluie intense sur le brasier ardent. Il ne fallut que quelques minutes à cette dernière pour éteindre toutes sources de chaleur laissant un site recouvert de cendres, d'eau boueuse et de végétations carbonisées. La fatigue me gagna dès la fin du sort, le souffle saccadé doublé d'une quinte de toux et à genou les membres flageolant. Maskou, Parapounet et Goomby se serraient les uns contre les autres tous tremblant de peur puis s'arrêtèrent. Ils se tournèrent vers nous, firent un sourire forcé et Parapounet dit d'une voix affolée :

« – Héhéhé sans rancune, hein ? »

À ces mots nous leur jetâmes un regard de colère et se remirent à se serrer les uns contre les autres. Yosushi tira sa langue qui s'enroula autour d'eux, il tourna plusieurs fois sur lui-même pour se donner de l'élan et la langue relâcha son étreinte et le trio s'envola haut dans les cieux traversant les ronces dans le ciel.

« – C'est ça l'armée d'élite de Bowser, prononça Yosushi irrité, c'est plutôt l'armée des idiots qu'il faudrait dire. Utiliser du feu dans une forêt ! Bon sang qu'ont-ils dans la tête ? »

Nous nous regardâmes Luigi et moi surpris par l'action de Yosushi encore sous le coup de la colère. Je rangeais mon katana dans son fourreau.

« – Je crois qu'il est grand temps de ramener Rose à sa mère qu'en dites-vous, proposa Luigi. »

Nous acquiesçâmes et nous nous mîmes à la recherche de Rose qui s'était caché dans un buisson quelques mètres plus loin. De la taille d'un Toad elle n'avait rien d'effrayant, sa robe et ses petites dents lui donnait même un air adorable. Je lui caressai la tête, elle pouffa de rire. Nous fîmes le chemin du retour avec le sentiment de mission accomplie. Notre arrivée à la plaine fut accueilli par une volée d'acclamation. Rose courut retrouver sa mère qui la prit dans ses bras.

« – Comme c'est mignon, dit Luigi, c'est dommage qu'elle risque de devenir comme sa mère dans un temps futur.
– Tu as quelque chose contre cela, grogna un Wiggler derrière lui.
– Euh non monsieur, murmura Luigi d'une voix étouffée. »

Pauvre Luigi pensais-je en souriant. Je me dirigeais vers Flora Piranha, une question restait encore à élucider et cette plante connaissait la réponse.

« – Dis donc Flora, déclarais-je, le trio qui a capturé ta fille était à la recherche d'une pierre magique. Cette pierre est la pierre de terre et je désire aussi mettre la main dessus. Sais-tu où je peux me la procurer, mes informations la concernant sont très limités.
– La pierre de terre, répondit-elle, je n'en ai aucune idée mais va poser la question au vieux tournesol là-bas. Il en sait surement plus que moi. »

Chapitre XXIV
Un tournesol, une fête et le froid

Nous suivîmes les indications de Flora Piranha et nous trouvâmes le vieux tournesol à l'endroit indiqué. Il possédait quelques pétales fanés et paraissait quelque peu desséché mais il bougeait indiquant alors qu'il était toujours en vie. Il dirigea sa tête du soleil vers moi.

« – Oh rien de tel que la lumière du soleil pour se remettre d'aplomb, dit-il, oh ce sabre, mais tu es l'héritière du katana aux cinq éléments ! Et moi qui pensait ne jamais le rencontrer un jour, quel joie ! Mais attends je ne me suis pas encore présenté. Je suis Tournesoleil, l'ex-gardien de la pierre de terre, ravie de te rencontrer.
– Ravie aussi de te rencontrer Tournesoleil, répondis-je, alors comme cela tu étais le gardien de la pierre de terre avant qu'elle disparaisse. Peux-tu me donner des informations la concernant ?
– Bien sûr ! C'est le pouvoir de la pierre de terre qui a créé Champ de Fleur afin que toutes civilisations végétales puissent vivre en paix. Ceux-ci ont accueillis plus tard les Wiggler pour leur amour de la nature. « Nulle autre espèce n'a le droit d'entrer dans ce territoire sous peine de réprimande » aurait dit l'ancien héritier. Mais je m'égare. J'ai perdu la pierre de terre il y a de cela 20 ans, c'était avant que les Wiggler arrivent, quand une armée de Koopa est venu nous assaillir. En minorité nous étions sur le point de perdre lorsque les arbres s'animèrent et firent fuir nos assaillants. Hélas certains ont réussi à quitter sains et saufs la forêt emportant avec eux nos trésors dont la pierre de terre faisait partie. A présent je ne sais où elle se trouve, on dit que les Koopas se sont fait battre sur le chemin de retour et plus aucune nouvelle depuis.
– Mmmh cela ne nous avance guère sur la localisation de la pierre mais c'est déjà un début. De plus nous savons un peu plus sur cette zone.
– Euh excusez-moi, fis une petite voix derrière nous. »

Nous nous retournâmes et nous découvrîmes que c'était Rose.

« – Euh... Alors... Ben, commença-t-elle, ma maman et moi, on voudrait savoir si vous voudriez rester dormir ce soir pour fêter mon sauvetage. Est-ce que vous acceptez ? »

Je regardais mes compagnons ; Yosushi semblait vouloir un peu s'amuser et Luigi avait besoin de se détendre.

« – C'est d'accord, accordais-je, je crois que l'on peut se donner un moment de détente surtout que nous n'avons pas pu profiter du festival à Yoshiville. Merci Tournesoleil pour tes informations.
Pardon d'avoir été un mauvais gardien, annonça Tournesoleil. N'hésite pas à revenir si tu veux des instructions sur ton rôle d'héritière. »

La nuit tombait lorsque la fête commença. Les torches, allumées par des plantes piranha, illuminaient une basse estrade où des plantes piranha, Rose et les tournesols dansaient. Les Wiggler bougeaient leurs corps en tapant en rythme des pieds. D'autres jouaient de la musique avec des instruments en bois. A côté de la scène un immense buffet où s'était échoués des fruits, des navets, des nectars de miel et des Cheep-Cheep grillés. Flora et Yosushi dévorèrent tout ce qu'on leur présentait. Après nous avoir rempli l'estomac nous nous mîmes à danser au rythme de la musique, Luigi m'accorda même une danse. Nous nous couchâmes repus et heureux. Luigi eut le sommeil un peu agité car inconsciemment il me mit plusieurs fois une tape à la figure.

Nous attendîmes le lendemain après-midi pour repartir vers la montagne glaciale. Yosushi refit nos provisions et nous cheminèrent avec les deux Wiggler qui nous avaient attrapés à travers les bois de Champ de Fleur. Nous prîmes la direction du nord et plus nous avancions plus les feuillus laissaient place à des résineux. L'atmosphère se fit plus humide et la température plus froide. Au bout du troisième jour nous mîmes nos manteaux peu épais pour se protéger du froid qui se faisait plus mordant. Le lendemain il neigea à gros flocons et en fin de journée nous arrivâmes à l'orée de la forêt. Je remarquais qu'un village se trouvait à proximité.

« – C'est ici que nous vous quittons, dirent les Wiggler, si vous continuez vers le village vous pourrez vous procurer des vêtements plus chaud. N'hésitez pas à venir nous rendre visite une fois votre quête terminée. »

Et ils reprirent le chemin inverse. Nous allâmes en direction du village grelotant de froid. Dans le village habitaient des pingouins et des Bob-omb avec des bonnets en peau de castor. Comme habitations ils disposaient de chalets, de casernes et d'un casino. Plutôt étrange comme idée d'installer un casino ici pensais-je. Nous entrâmes dans une caserne possédant une enseigne avec des habits. Un courant de chaleur nous parcourra lorsque nous ouvrîmes la porte du magasin ce qui nous fit un grand bien. Un Bob-omb vînt nous accoster.

« – Bienvenue à Frissonville village jumelé avec Perduvostok en ce qui concerne le temps et la température, dit-il, ici vous êtes dans mon magasin et vous pouvez vous acheter des vêtements plus appropriés à la température montagnarde. Nous ne sommes qu'au printemps mais le thermomètre frôle encore le zéro degré. L'été sera plus clément, nous atteindrons les quinze degrés quelle joie, non ? Enfin bref, que désirez-vous jeunes voyageurs ?
– Nous désirions acheter des affaires pour traverser la montagne Gla-Gla, répondit Luigi, qu'avez-vous à nous proposer ?
– Voyons, hum... J'ai le pack alpiniste qui comporte un manteau chaud, des chaussures fourrées anti-dérapent, une écharpe, un bonnet, cordes et piquets. Cela coûte 30 pièces d'or la pièce. »

Nous fouillâmes dans nos sacs à la recherche de nos bourses. Je sortis la mienne et je me mis à compter mes pièces. Je fis une grimace.

« – Vingt pièces, annonçais-je.
– Dix pièces, déclara Luigi.
– Cinq pièces, dévoila Yosushi. »

Trente-cinq pièces d'or. Pas assez pour acheter trois packs alpiniste. Comment gagner de l'argent alors ?

« – Nous n'avons pas assez d'argent, révélais-je au vendeur.
– Pas assez d'argent, cria le vendeur, dans ce cas je vous demande de partir. »

Il nous fit sortir de force de son magasin. Nous nous remîmes à trembler.

« – Comment va-t-on trouver de l'argent, dit Yosushi, si nous ne trouvons pas nous risquons de finir gelés sur place. Atchoum ! »

Soudain une lumière apparut derrière nous. Le casino avait allumé ses panneaux lumineux illuminant le sol de ses couleurs. Là me vient une idée.

« – Ça peut marcher, fis-je, et si nous jouions au casino ?
– C'est risqué mais nous pouvons réussir, formula Luigi. De plus je suis assez doué au poker.
– On est censé être recherchés, spécifia Yosushi, comment on va faire ?
– Déguisement, répondis-je, et puis on n'a pas d'autre choix. Chacun prend son argent et essaye de gagner un maximum. Objectif : gagner de l'argent ! »

Chapitre XXV
Casino royal

Les deux grandes portes s'ouvrirent à notre arrivée nous laissant le soin d'admirer la vaste salle de jeu. La salle en elle-même respirait la luxure : le sol était dallé d'un marbre d'une blancheur immaculée, les lustres en cristaux illuminés faisaient office d'éclairage, des compositions florales étaient organisées de manière à embellir la pièce, les deux escaliers courbés et sculptés donnaient à l'étage supérieur et des tapis étaient disposés en-dessous de toutes les tables de jeux en ébène. Yosushi et moi étions impressionnés par ce spectacle tandis que Luigi, quant à lui, boudait encore de sa situation. Plutôt gelé sur place que de revivre cette humiliation, avait-il crié quand je lui aie montré le vêtement en question. Mais le blizzard, apparut soudainement, eut raison de sa détermination. Et c'est ainsi qu'il se retrouvait une fois de plus habillé d'une robe. Il s'agissait d'une robe vert bouteille doté de jupes longues qui ressemblait à celle portée par Harmonie sauf que celle-ci lui recouvrait entièrement les épaules. Il portait en prime une écharpe de velours noirs afin de cacher sa précieuse moustache et une perruque châtain clair. Yosushi avait noué un nœud papillon à son cou et avait remplacé ses baskets par les chaussures traditionnelles des yoshis. Quant à moi j'ai profité de cette occasion pour me couper les cheveux, ils descendaient maintenant jusqu'à la moitié de mon cou et étaient légèrement bouclés. Pour le reste je réussis à me procurer auprès du vendeur Bob-omb une robe pas chère, simple, qui descendait jusqu'aux chevilles, des sandales et un petit sac pour ranger mes pierres d'éléments. Nos autres affaires étaient au chaud dans l'estomac de Yosushi.

« – Yosushi et moi nous allons trouver un jeu que nous pouvons maitriser tandis que tu vas à la table de poker, commençais-je, on peut compter sur toi, Lucy ? »

Je mis l'accent sur le prénom ce qui m'apporta un regard assassin de la part de Luigi. Si ses yeux étaient des éclairs ils m'auraient foudroyé plusieurs fois. Il partit convertir ses pièces en jetons et alla s'assoir à une table de poker. Une fois notre argent convertit nous nous mîmes en quête d'un jeu. Yosushi s'approcha avec curiosité d'une haie de machines à sous. Il mit un jeton dans la fente et tira le levier. Les rouleaux se mirent en marche et Yosushi appuya sur les trois boutons destinés à les faire s'arrêter. Il obtenu trois soleils ce qui provoqua la chute de plusieurs jetons.

« – Je crois que je vais rester là pour obtenir de l'argent, me dit-il, il a l'air simple comme jeu. »

J'acquiesçais et je repris ma promenade. Passant devant une loterie dont le 1er prix était un sac de cents pièces d'or je pris la peine d'acheter un ticket en espérant qu'il serait gagnant. Puis, ne trouvant pas mon bonheur au rez-de-chaussée, j'entrepris à monter les escaliers. La pièce au-dessus ne ressemblait en rien à l'étage précédent et elle éveilla en moi une forte nostalgie : elle était remplit de bornes d'arcade. Un Toad, costume et cravate, vint à ma rencontre.

« – Bienvenue au premier étage du casino, fit-il souriant, ici les règles sont différentes. Je vous explique : lorsque vous jouez à une de ses bornes vous gagnez des points. Quand une partie est terminée vous recevez des jetons en fonction d'un niveau de points obtenus. Si vous faites par exemple 100 points vous avez une pièce, vous avez compris.
– Parfaitement, répondis-je le regard ciblé sur les jeux. »

Je me dirigeais vers la première où le jeu consistait à ranger des Wigglers chacun plus ou moins tordus et réussir à faire des lignes qui disparaissaient en donnant des points. La première partie dura longtemps mais me rapporta des dizaines de jetons. Au bout d'une heure et demie de divertissement j'avais amassé l'équivalent de deux packs alpinistes. Je finissais une partie de Chomp-man lorsque, m'étirant, j'entendis une voix familière derrière moi qui me fit sursauter :

« – Vous êtes très douée pour ce genre de jeu, disait-elle admirée, moi-même je n'arrive pas à dépasser le cinquième niveau. »

Sa phrase m'offrit le temps de reprendre mon calme, je me suis levée et tournée vers lui en souriant. Il avait échangé sa salopette bleue et sa casquette contre une tenue de soirée.

« – Oh mais vous êtes le célèbre Mario, déclarais-je en jouant l'impressionnée, c'est un honneur de vous rencontrer. Mais que faites-vous donc ici alors qu'on vous dit très occupé ces derniers temps ?
– Justement je ne viens pas ici pour me divertir, répondit-il, ce lieu a été choisi comme point de rendez-vous par une de mes informatrices. Elle doit me donner des clichés de photos concernant mon frère et de son kidnappeur. »

Il souriait heureux d'avoir enfin une piste. Je me serais sentie détendue aussi si je n'avais de plus en plus la sensation d'être une souris devant un serpent prêt à attaquer s'il savait qui j'étais. Derrière l'épaule de Mario je vis Yosushi arriver par les escaliers et s'avancer vers moi. Mais il s'arrêta net en comprenant la scène et attendis l'air inquiet.

« – Mais dites-moi, marqua Mario, votre visage me semble familier. Vous ais-je déjà vu auparavant ?
– Euh non nous ne nous sommes jamais rencontrés, affirmais-je, j'ai été invité par mon correspondant Yosushi, un Yoshi, et il me fait visiter votre royaume. D'ailleurs je dois vous laisser je le vois qui m'attend. Bonne soirée. »

A peine avait-il essayé d'ouvrir la bouche que je me suis mis à marcher rapidement vers Yosushi. Nous descendîmes l'escalier et nous nous mîmes dans un coin isolé. Je remarquais alors que Yosushi tenait des photos dans ses mains.

« – J'allais convertir mes jetons gagnés à la machines à sous quand un Koopa femelle à carapace rose et chapeau vert m'a percuté, raconta-t-il, j'ai ramassé les photos qu'elle a fait tomber pendant le choc sans qu'elle s'en rende compte. Regarde certaines ne datent que de quelques heures. »

Je pris les images de ses mains et je poussais un juron. Ces photos nous représentaient chez maître Yosho prises en vue aérienne, d'autres montraient Luigi et moi devant Champ de Fleur de dos à attendre et les autres avaient été prises récemment à Frissonville. Certaines avaient été prise tellement près que l'on pouvait maintenant nous reconnaitre.

« – Allons vite convertir nos jetons en pièces d'or et trouver Luigi, annonçais-je, on part de suite à la montagne glaciale dès qu'on a les packs.
– D'accord. »

Après nos pièces empochées nous nous précipitâmes vers les tables de poker où Luigi amassait quelques jetons, il semblait nerveux. Cela s'expliquait par deux choses : une il avait perdu la moitié de ses jetons et deux son voisin de table était Yoshi qui n'arrêtait pas de le regarder d'un air soupçonneux.

« – Lucy – Luigi tiqua à l'annonce de ce prénom - je ne voudrais pas te déranger mais il faut partir maintenant.
– Je commence seulement à avoir un bon jeu, murmura-t-il, donne-moi une bonne raison de quitter la table.
– Je ne sais pas, peut-être ça, lui dis-je en lui montrant la photo où on le voyait en robe sans perruque deux heures plus tôt.
– Ok c'est bon on y va, grommela-t-il en déposant ses cartes. »

Nous allâmes vite fait troquer ses jetons ce qui donna au total 115 pièces d'or. Je tendis en passant mon billet de loterie à Toad qui s'apprêtait à en acheter un. Sortant par la porte nous entendîmes une voix venant de l'escalier :

« – Je t'assure Mario, disait-elle, j'avais les photos il y a quelques minutes. J'ai dû les perdre en ville. »

Nous nous rendîmes chez le marchand de vêtement après avoir retiré nos déguisements. Nous payâmes nos affaires et nous nous équipâmes. Luigi retrouva sa bonne humeur après s'être revêtu de sa salopette et de son nouveau manteau dont la capuche pouvait cacher sa casquette. Nos affaires recrachés je pris mon katana, remit les pierres dans leur emplacement et je sélectionnais les photos à brûler pour ne laisser que les clichés flous ou lointains. Une fois l'acte accomplit je donnais le reste à un pingouin en lui expliquant qu'un Koopa les avait perdus. Puis nous quittâmes le village en direction de la montagne glaciale.

Chapitre XXVI
Mr Blizzard partie 1

Encapuchonnés dans nos manteaux, nous marchions maintenant en direction du col de la montagne glaciale. Luigi nous avait expliqué en chemin que le seul moyen d'accéder à la montagne Thwomp était un pont qui reliait les deux monts ensemble et qu'il se situait à environs 1000 mètres d'altitude. Le souci était que nous ne savions pas de quelle manière nous allions nous diriger vers ce pont. La neige tombait inlassablement à gros flocons couvrant les résineux d'un épais manteau blanc tandis que la route commençait à monter. Nous passâmes devant un chalet où deux pingouins adultes qui observaient un bébé pingouin, sans doute leur petit, nager sur le ventre dans une flaque d'eau. L'un avait une écharpe autour du cou et l'autre un bonnet.

« – Eh vous là, dit le pingouin à l'écharpe en nous interpelant, vous comptez escalader la montagne glaciale ?
– Exact, répondit Luigi, connaissez-vous le chemin pour atteindre le pont ?
– Evidemment que je le connais, c'est moi qui guide les voyageurs qui veulent aller à la montagne Thwomp. Je me nomme Pingalo et voici ma femme et mon fils.
– Enchanté. Alors êtes-vous d'accord pour nous indiquer la route la plus rapide ?
– Oui, oui pas de souci suivez-moi. »

Il se leva et partit devant. Je m'apprêtais à le suivre mais j'avais remarqué que Luigi ne bougeait pas et regardait d'un air un peu mélancolique vers le village de Frissonville. Je vins près de lui.

« – Luigi ça va, demandais-je l'air perplexe.
– Mmmh... Oh pardon Mitsuki, déclara-t-il, je pensais à Mario. Il me manque de plus en plus. J'aimerais tellement qu'il soit avec nous pour sauver bébé Luigi et pour récupérer les pierres. J'espère qu'il ne se surmenage pas.
– Le fait qu'il était présent à Frissonville prouve qu'il t'aime beaucoup. Dès que nous aurons vu le professeur K. Tastroff tu pourras aller le retrouver si tu le désires.
– Et toi que feras-tu ?
– Ne t'inquiètes pas pour moi et il y a encore Yosushi. Et puis tu pourras m'envoyer des nouvelles de temps en temps. Allez, continuons notre route, plus vite on arrivera chez le professeur et plus vite ce sera fini. »

Il me sourit en retour et acquiesça. Nous rattrapâmes Yosushi et Pingalo quelques longueurs plus loin. Nous sautâmes sur des plateformes afin de grimper vers un point plus élevé. Le vent se fit plus violent et fit tournoyer la neige autour de nous. Les bras levés pour nous protéger les yeux, nous avancions difficilement tandis que le pingouin marchait tranquillement sans se soucier du mauvais temps. Il tourna la tête vers de petits bonhommes de neige qui couraient sur un terrain plus bas.

« – Tiens les Flurries sont tendus en ce moment, remarqua-t-il, prions pour que ce ne soit pas aussi le cas de Mr Blizzard.
– Mr Blizzard ?
– Oui jeune fille, c'est un colosse bonhomme de neige. On pourrait croire qu'il est inoffensif mais est très dangereux. Il est capable d'envoyer d'immenses boules de neige glacée. Il a un caractère très... susceptible et n'aime pas être dérangé. Il faudra donc faire preuve de discrétion. »

La route se terminait par un ravin dont le fond ne pouvait être évalué en cause du brouillard qui le remplissait. Il fallut prendre un passage étroit et se plaquer dos au mur pour passer. Nous avançâmes avec prudence. Soudain un énorme boulet de glace percuta le mur d'en face et en fut suivit d'une seconde ce qui provoqua un affaissement de la paroi rocheuse. Une onde de choc se produisit au-dessus de nous faisant tomber un peu de neige sur nos têtes. Un grognement émergea du ciel.

« – Vous n'êtes pas les bienvenus, cria-t-elle, disparaissez ! Vous troublez mon repos ! »

Nous achevâmes notre traversée en rapide pas chassés.

« – Qu'est-ce que c'était que ça, demanda Yosushi apeuré.
– C'était Mr Blizzard et il n'est pas de très bonne humeur, annonça Pingalo. Si j'étais vous j'abandonnerais l'idée de continuer.
– Impossible, répliquais-je.
– Tant pis pour vous. Continuer par ce chemin il vous emmènera là d'où provenait la secousse. Une fois là-bas, si vous survivez, prenez ensuite la pente pour descendre quelques mètres plus bas et le pont sera juste devant vous. Sur ce, je me retire. J'ai une femme et un enfant tout de même. Salut.
– Eh attends ! »

Mais c'était trop tard il glissait déjà sur un autre toboggan qui menait sans doute en bas de la montagne. Je regardais mes compagnons en leur demandant si on continuait. Ils répondirent que nous n'avions pas vraiment le choix. Donc nous continuâmes notre traversée. Celle-ci nous conduisit vers un ensemble de plates-formes rocheuses accrochées à la paroi de pierre qui permettait de monter au sommet. Nous accédâmes à chacune d'entre d'elle par le biais de saut et nous arrivâmes finalement au sommet dont le sol était recouvert d'au moins 20 cm de neige. Chose plus étrange il n'y avait personne mis à part un gant de géant, de quelques rochers, d'un saut bleu et une planche de bois. Tout à coup le sol trembla.

« – Misérables, résonna la voix de Mr Blizzard dans l'air, je vous avais ordonné de déguerpir ! »

La neige bougeait comme aspirée afin de se rattacher au monticule qui se formait au centre de l'arène et qui se modélisait en une masse ronde surplombé d'une autre mais plus petite. Les objets cités précédemment virevoltèrent dans les airs et se posèrent à l'endroit approprié de sorte qu'au final nous étions en présence d'un bonhomme de neige géant.

« – Maintenant vous aller subir mon courroux ! »

Chapitre XXVII
Mr Blizzard partie 2

Mr Blizzard se dressait imposant devant nous prêt à en découdre. Il attaqua le premier en créant une boule de neige qu'il lança droit vers nous. Nous lévitâmes facilement. Je profitais de cet instant pour attaquer moi-même. Sortant mon sabre et visant sa tête je fis apparaître une boule de feu à la pointe de la lame et elle partit vers son objectif. Mais la boule supérieur du bonhomme de neige se tourna vers la flamme et souffla dans sa direction. La boule de feu gela et tomba comme une pierre par terre. J'étais estomaqué par ce qui venait de se passer. Il réitéra sa première attaque mais cette fois-ci il souffla dessus la recouvrant d'un épais manteau de glace. Il la projeta avec puissance en direction de Luigi qui réussit à l'éviter de peu en pratiquant un saut en longueur. Le boulet percuta le bord de la falaise, ce qui entraîna l'effondrement de la partie touchée, et il finit sa course dans le gouffre où on l'entendit ricocher sur plusieurs plates-formes. Yosushi avait tiré parti de ce moment pour grimper jusqu'à la tête du bonhomme de neige et il effectua un saut rodéo sur la boule supérieur. Le crâne se fracassa en plusieurs morceaux mais ces derniers se transformèrent en petits bonhomme de neige. Une masse de neige se formait déjà à nouveau au-dessus de la partie inférieure de Mr Blizzard. Une fois formés les petits Mr Blizzard commencèrent à jeter des boules de neiges. Assaillit de toutes parts nous essayâmes de riposter tant bien que mal en évitant les projectiles. Yosushi chargea un petit qui, une fois percuté, finit sa course dans le vide. Luigi sauta successivement sur plusieurs d'entre d'eux qui s'aplatirent sous l'effet du poids. Je m'apprêtais à lancer un nouveau sort de feu mais Mr Blizzard a vu mes mouvements et souffla dans ma direction. Je n'eus que le temps de cacher mon visage dans mes avant-bras tout en gardant mes deux mains sur la poignée de mon sabre. A la fin de son attaque je me rendis compte avec un regard horrifié que mes poignets, mon sabre et mes jambes étaient pris dans des blocs de glace. Je tentais de me dégager désespérément hélas sans succès. Yosushi et Luigi voulurent me venir en aide mais les petits bonhommes de neige s'acharnèrent en les bombardant de sphère de glace. Ce coup-ci Mr Blizzard réalisa une nouvelle boule de neige recouverte de givre et il la lança droit sur moi. Bouge bon sang, bouge me criais-je paniquée mais rien n'y fait j'étais bloqué. La masse allait me tomber dessus quand un phénomène se produisit.

« – Kokusho, hurlais-je. »

La lame du sabre dans la glace rougit jusqu'à devenir incandescente. Elle amena ainsi le gel à fondre d'une rapidité surprenante au point que plusieurs particules passèrent à l'état gazeux. Puis la chaleur caniculaire se répandit autour de moi faisant alors disparaître les autres blocs de glaces qui me bloquaient. Elle se dirigea ensuite sur le globe de neige provoquant un changement d'état. A nouveau libre je me précipitais vers la partie inférieure de Mr Blizzard pour planter mon sabre.

« – Kaen, fis-je. »

Quelques instants plus tard une énorme explosion se produisit à l'intérieur du bonhomme de neige qui fut réduit à l'état de couche de neige. La force de l'explosion enfanta un vent violent qui se diffusa dans toute l'arène engendrant la dégringolade des flocons vers les profondeurs. Il délogea aussi nos capuches de nos têtes et fit voler la casquette de Luigi. Nous courûmes pour la rattraper et c'est finalement Luigi qu'il l'attrapa en plongeant en avant qu'elle ne tombe dans le vide. Le problème était que le sauvetage de sa casquette ne prévoyait pas son sauvetage à lui. La plus grande partie de son corps était au-dessus du gouffre et entraînerait sa chute. Yosushi et moi nous nous jetâmes sur la partie inférieure de son corps afin de faire contrepoids. Luigi souffla de soulagement mais lorsque qu'il regarda en bas il poussa un cri de stupeur. Une voix se vit entendre quelques mètres en dessous.

« – LUIGI !!! hurla-t-elle.
– Mario, répondit Luigi. »

Très vite nous ramenâmes Luigi vers le bord, je pris un pan de son manteau pour le forcer à vite se relever et nous courûmes tous les trois vers la pente raide que nous avait indiquée Pingalo précédemment. Après une descente rapide nous aperçûmes le pont qui était droit devant nous à environs 200 mètres. Je regardais en arrière : Mario s'avéra être très rapide, alors que nous n'étions qu'à la moitié du trajet il était déjà au début de la pente raide suivit par Yoshi et la Koopa paparazzi. Nous sprintâmes sur le pont complètement gelé lorsqu'une ombre ronde apparu et grandit de manière alarmante. Mr Blizzard avait usé de ses dernières forces pour lancer une énorme pierre de glace afin de détruire le pont et tenté de nous faire tomber dans le ravin. Quand le rocher percuta le pont Yosushi, qui était déjà de l'autre côté, tira sa langue pour nous attraper alors que nous vacillions sur les morceaux qui plongeaient vers le fond. Luigi et moi nous nous relevâmes et nous aperçûmes Mario qui s'arrêta près du rebord. Agité il ne savait quoi faire ; son frère qu'il avait recherché avec acharnement était juste devant lui mais trop loin pour qu'il puisse l'atteindre. Haletant il était éreinté et fatigué. Mais malgré cela il prit la décision de reculer pour prendre de l'élan et de sauter. Il fut arrêté dans sa course par Yoshi et la Koopa qui le plaquèrent au sol pour l'en empêcher.

« – Arrête Mario, dit Yoshi, tu n'y arriveras pas c'est trop loin !
– Lâchez-moi, cria-t-il en se débattant, je dois aller sauver mon frère. Luigi, reste où tu es, j'arrive. Bon sang laissez-moi ! »

Il donnait de plus en plus de mal à ses partenaires qui tentaient de le maintenir au sol. Quant à Luigi ; il était pétrifié par l'ampleur que prenait la situation, des larmes coulèrent sur ses joues. Mario réussit avec difficulté à se mettre à quatre pattes tremblant mais, pris d'une sauvage quinte de toux, il s'effondra sur le sol. Le surmenage en plus du froid l'avait surement rendu malade.

« – Mario, fit la Koopa affolée, tu en fais trop ! Ça suffit ! Rends-toi à l'évidence que nous ne pouvons rien faire dans cette situation. Tu es exténué et ton stock de champignon est à sec. Il faut absolument que nous retournons au village pour te soigner.
– Non, répliqua-t-il, je sais qu'il n'est pas dans son état normal. Ce mot que Toady m'a donné est un faux, il ne serait jamais partit dans une aventure aussi dangereuse que celle-ci. Il est sans doute manipuler comme la fois où il a été hypnotisé à la demande du compte Niark.
– C'est faux, objectais-je, Luigi est partit de sa propre volonté. Il voulait prouver à tout le monde qu'il était aussi courageux que toi.
– Il n'a pas besoin de le prouver, rétorqua-t-il, il l'est déjà. Sale manipulatrice ! Libère-le ! »

Mario s'efforça une nouvelle fois de s'extirper de la prise de ses camarades mais sans succès, il était trop faible. Il se mit à pleurer et il tendit le bras en direction de Luigi en articulant, les dents serrées, le prénom de son petit frère. Voyant son frère ainsi les pleurs de Luigi redoublèrent d'intensité et il tomba à genoux. Il leva son bras vers son frère et réussit à articuler :

« – Grand-frère, je te promets d'être fort. Tu sais que je me battrais et je vaincrais pour toi. Patiente encore un peu nous serons bientôt réunit. Je t'aime grand frère.
– Oui je le sais, répondit Mario faiblement. Dès que j'aurais repris mes forces, je te le jure. Je te retrouverais toi et bébé Luigi et je mettrais en pièces cette fille et Bowser. Je te le jure petit frère et moi aussi je... kof, kof, kof ! »

Il toussa violement, repris bruyamment son souffle et, à bout de force, s'affaissa par terre évanouit. Ses amis relâchèrent doucement leur étreinte. Kylie posa sa main sur le front de Mario.

« – Hâtons-nous de rentrer au village, dit-elle, nous devons soigner Mario et informer la princesse Peach de tous les événements. Ne nous fais pas un game over Mario. »

Elle déposa Mario sur le dos de Yoshi et prit la peine de nous prendre une photo. Ils se retirèrent silencieusement. De notre côté aussi c'était silencieux. Cette scène m'avait permis de comprendre la dimension que cette quête a et va causer prochainement. Je sentais que cette histoire allait sans doute mal tournée si on ne faisait pas quelque chose, de toute façon il y aura de la casse malgré tout. Je mis la main sur l'épaule de Luigi qui sursauta et sécha ses larmes.

« – Immédiatement après avoir vu K.Tastroff je rentre à la maison, annonça-t-il, j'en ai assez fait comme ça.
– C'est toi qui décide, prononçais-je.
– Tu peux monter sur mon dos si tu veux Luigi, affirma Yosushi. »

Chapitre XXVIII
Professeur K.Tastroff

La chute de neige se calma peu à peu et le tapis blanc se fit de moins en moins épais. Nous étions encore silencieux, seul le tonnerre, provoqué par la pierre de foudre, grondait en résonnant dans cette nuit de pleine lune. Le fait est qu’il s’était amplifié depuis quelques temps nous indiquait que nous n’étions plus très loin. Au bout d’un moment le décor changea littéralement : le décor de montagne enneigé laissa place un décor de roches magmatiques brûlées ou cendrées dont certaines étaient en forme de carrés. La scène nous montrait que l’environnement avait subi plusieurs éruptions volcaniques. Le tonnerre s’était étrangement arrêté mais il pouvait recommencer d’un moment ou un autre. Nous montâmes sur une plate-forme afin de nous diriger vers la source de cette puissance électrostatique. Une fois l’escalade terminée nous nous retrouvâmes sur un plateau. Au centre de celui-ci il y avait une sorte habitation ronde en forme de tête, l’architecte avait joué la fantaisie en ajoutant une mèche de cheveux sur le haut du bâtiment. C’était sans aucun doute le logement du professeur K.Tastroff. Nous nous dirigeâmes en direction l’habitat puis nous toquâmes à la porte. Un fantôme vint nous ouvrir, il regarda Luigi, souri et nous laissa entrer dans la demeure. Le logis se composait d’une pièce unique parsemé de livres et de diverses machines plus ou moins étrange. Parmi ces objets un aspirateur rouge et une sorte de pompe à eau attirèrent mon attention étant donné qu’ils se trouvaient sur des socles, présentés comme des trophées. Des fantômes circulaient dans l’air ou travaillaient. Mon regard croisa la silhouette d’un petit homme en blouse blanche et chauve, mise à part une mèche de cheveux blanches, qui planchait sur une énorme machine munit d’un bloc note.

« – Hum bien, intéressant, disait-il en analysant plusieurs mécanismes. »

Il toucha un bouton qui fit ouvrir une trappe où il introduisit sa main et sortit une pierre qui avait la couleur d’une citrine. Il se retourna le sourire aux lèvres, je remarquais qu’il avait des lunettes à verres torsadés, puis il sursauta en nous voyant.

« – Bon sang vous m’avez fait peur, déclara-t-il, oh Luigi, comment vas-tu mon garçon ? Tu étais moins pâle lorsque tu as combattu le roi Boo. Que t’arrive-t-il ? »

Luigi, mélancolique, ne réagit pas à ces paroles. Après un moment de silence le professeur prit la parole :

« – Asseyez-vous, nous allons en discuter autour d’une bonne tasse de thé. »

Il fit signe aux fantômes qui débarrassèrent rapidement la table tandis qu’il s’occupa de faire chauffer sa théière. Puis je lui expliquai en détails notre histoire et le pourquoi Luigi était dans cet état-là. Il but une gorgée de thé et pris la parole calmement.

« – Donc si j'ai bien compris vous êtes à la recherche de bébé Luigi et en même temps de pierres aux propriétés magiques. Et si Luigi est dans cette situation précise c’est parce qu’il n’a pas prévenu son frère, frère qui maintenant est en mauvaise posture.
– Oui et la pierre que vous possédez est l’une d’entre elles, répondis-je.
– Hahaha, ria-t-il excité, oui je savais que cette pierre n’était pas naturel. Moi qui croyais au début que ce vieux Lakitu m’avait donné cette pierre uniquement pour faire fonctionner l’électricité. Combien en avez-vous ? Comment fonctionnent-elles ? Ont-elles les mêmes pouvoirs ? Pouvez-vous me faire une petite démonstration ? Puis-je les observer ?
– Hé minute, je crois qu’il y a plus important ici, répliquais-je en inclinant ma tête vers Luigi.
– Ah oui oui j’ai compris, attendez un instant. »

Il alla vers une armoire et ouvrit un tiroir. Il en sortit deux objets rectangulaires qui me faisaient étrangement pensé à une console de jeux. Il en donna une à un fantôme et posa l’autre sur la table. Le regard de Luigi s’illumina lorsque ses yeux rencontrèrent l’objet en question.

« – Ceci est une de mes inventions, c’est la dual scream ou DS en abrégé. Elle vous permet de communiquer à distance avec d’autres personnes qui en possèdent une. Demandez à qui vous voulez que le second soit destiné et le fantôme ira lui donné. Elle arrivera d’ici demain matin.
– Splendide, annonçais-je, si tu es d’accord Luigi j’aimerais le passer à Toady d’abord, je dois lui demander quelque chose, ensuite il le passera à Mario. »

Il acquiesça heureux. J’étais contente qu’il ait repris le sourire. K.Tastroff annonça le nom au fantôme qui partit aussitôt. Ensuite il se posa devant moi se frottant les mains la dent à découvert.

« – Bien si nous revenions à nos moutons. »

Je sortis les pierres de leur emplacement et je les mis sur la table. Le professeur sortit un appareil avec une antenne qu’il passa au-dessus de ces dernières. Il fit de même avec la pierre de foudre. Puis il les rassembla et refit son geste. Il prit mon sabre et l’examina. Il déposa une pierre dans le sabre et me demanda de jeté un sort. Je m’exécutais et en même temps il survola mon sabre avec son récepteur. Mais il ne s’arrêta pas à la poignée, il survola aussi mon bras droit et le reste de mon corps.

« – Intéressant, chacune de ces pierres émettent une onde magique similaire, sauf que si nous les approchons les ondes s’additionnent. Ces pierres sont surement liées entre elles, mais comment ? En revanche le sabre n’émet pas d’onde sauf si nous lui ajoutons une pierre. Là l’onde est plus longue dans le temps et plus stable. De plus votre bras dégageait aussi une onde mais elle était médiocre par rapport aux autres. C’est comme si vous et cette magie étiez connectés entre vous. Ceci et à la fois étrange et excitant.
– Au contraire c’est plutôt normal, fit observer Yosushi, une fleur de feu permet de lancer aussi des boules de feu.
– En effet mais il ne s’agit pas du même procédé, répondit le professeur. Au cours de mes nombreuses expériences j’ai remarqué que la magie de certains objets agissait seulement à l’extérieur de la personne qui l’utilise. Je vous explique. Prenons l’exemple de la fleur de feu, la magie entoure l’individu tout en incluant seulement un changement physique. Sauf que si l’utilisateur se prend un coup l’enveloppe de magie devient instable et disparait un peu à la manière d’une bulle de savon. Or si votre amie se fait frapper, la magie qu’elle dégage ne s’évaporera pas car le processus des pierres est interne à la personne.
– Mais alors comment se fait-il que d’autres personnes comme maître Yosho, Kammy Koopa ou vous pouvaient les utiliser, demanda Yosushi. »

Le professeur ouvrit la bouche mais aucun son n’y sortit. Le fait de ne pas pouvoir répondre à une question le rendit mal à l’aise et il s’efforça à garder son calme. Je répondis à sa place :

« – Le vieux Boo m’a dit que le sabre ne marchait qu’avec le cœur. Il voulait peut-être parler des pierres, qu’elles fonctionnaient uniquement notre volonté.
– Impossible ce n’est que de la pure superstition, cria K.Tastroff, il y a forcément une explication rationnelle à tout ça. Je refuse que mes recherches soient vaines. C’est pourquoi je vais me remettre de suite d’arrache-pied au travail.
– Attendez, fis-je en le retenant par sa blouse, si nous sommes venus ici c’est que nous pensions que vous pourriez nous aider. Voilà, il existe cinq pierres dont trois sont présentes dans cette pièce, elles sont aussi convoitées par Bowser qui risque fort de faire tomber toutes vos recherches à zéro si nous ne les récupérons pas. Alors voilà ce que je vous propose, vous employez tout votre génie et vous nous construisez une machine qui nous permettrait de les retrouver, et, une fois cela accomplit, je reviens vous voir pour continuer vos recherches. D’accord ?
– Entendu. Mais cela risque de prendre du temps, les pierres diffusent certes de la magie mais pas assez pour être retrouver partout dans le monde. Il me faudrait un endroit précis du genre une région ou un lieu.
– Et si je vous dis Sarasaland.
– C’est immense mais je crois que je pourrais réussir à les retrouver. Si vous voulez bien patienter jusque-là. En attendant faites comme chez vous et reposez-vous. »

Il prit la pierre de foudre et repartit vers son bureau. Je ramassais mes pierres, les remis dans leurs emplacements et je rangeais mon sabre dans son fourreau. Chacun avait préparé son sac de couchage pour se reposer. Yosushi, sur le ventre, dormait déjà. Luigi, recroquevillé sous sa couette, tenait précieusement la DS entre ses mains. Je me suis enfoncé dans mon sac de couchage et je m’endormis aussitôt.

Chapitre XXIX
C'est ici que nos chemins se séparent

La nuit fut de courte durée et très perturbante, d'une part elle était déjà très avancée lorsque nous nous sommes couchés et de l'autre le professeur n'a cessé de travailler durant. Je pris une tasse de thé froid et un fruit comme petit déjeuner. Luigi était déjà levé, il se maintenait la tête, les yeux rivés sur la DS. Son impatience se traduisait par les tremblements de sa jambe droite. K.Tastroff travaillait maintenant lentement et avec précision sur l'invention demandée. Quant à Yosushi il observait intrigué les fantômes flotter de part et d'autre de la pièce. Soudain une sonnerie retentit ; elle provenait de la dual scream. Luigi l'ouvrit et appuya sur un bouton. Yosushi et moi nous nous mîmes derrière Luigi. Le visage de Toady apparut.

« – Salut les amis, dit-il, alors comment ça va ?
– Assez bien, répondit rapidement Luigi. Toady, comment va Mario ?
– Ah oui Mario, on l'a rapatrié hier soir au château, il était dans un sal état. Mais soit sans crainte il va mieux maintenant, enfin, assez pour rendre fou les médecins qui le menacent de l'attacher à son lit si il ne se repose pas. Généralement c'est Peach qui réussit le mieux à le calmer malgré le fait qu'elle soit encore plus inquiète que lui.
– Des nouvelles de Bowser de ton côté Toady, demandais-je.
– Non rien et le système de tuyauterie est toujours sécurisé. Et vous ?
– Rien sur Bowser. Le professeur K.Tastroff est en train de nous construire une machine afin de retrouver la quatrième pierre, la position de la cinquième pierre reste encore inconnue et Luigi a l'intention de rentrer au château.
– Vraiment ! Je suis étonné de cette décision mais je comprends pourquoi.
– Yosushi, j'apprécierais que tu accompagnes Luigi au château, dis-je en regardant Yosushi.
– Quoi, s'exclama-t-il étonné, mais pourquoi ?
– Écoute j'aimerais que toi et Luigi fassent quelque chose une fois là-bas. Il y a au château la bibliothèque de Papy Champi qui est la plus grande de tout le royaume champignon. Il existe forcément des connaissances ou des récits d'expéditions archéologiques concernant les pierres magiques. Je souhaiterais que vous soyez sur place pour les consulter.
– Je refuse ! Je me fiche de savoir que cette mission est dangereuse. Au contraire c'est mieux d'être à deux. Désoler Luigi mais je reste avec Mitsuki.
– On dirait qu'il a compris ta démarche Mitsuki, fit Toady, ne te fait pas de souci pour Luigi. Personne ne lui en voudra d'utiliser le système de tuyauterie au contraire tout le monde sera ravi. Bon ma pause est terminée je retourne travailler.
– Entendu, soupirais-je abdiquant, donne la machine de la part de Luigi à Mario à ta prochaine pause.
C'est d'accord. A bientôt. »

L'écran s'éteignit. Luigi ferma l'écran de la console et la mit dans sa poche. Il était plus apaisé et recommençait à sourire. Je sortis de la maison prendre un peu d'air frais et je m'assis sur le bord du plateau. Le brouillard s'était évaporé laissant paraître un magnifique paysage. De cette hauteur on pouvait apercevoir à l'extrême droite un terrain jaune qui devait sans doute être le désert sec-sec, à gauche seulement des plaines vertes et des forêts à perte de vue. Comme j'aimerais voyager tranquillement une fois ma mission remplie et encore, il fallait avant persuader de nombreuses de personnes. Ce n'était pas gagné d'avance. Je contemplais le panorama depuis plusieurs heures lorsque le professeur vint s'assoir près de moi.

« – Un paysage magnifique n'est-ce pas ?
– En effet, répondis-je.
– C'est une des raisons du pourquoi je suis revenu ici. La vue est splendide, je ne m'en lasse jamais. »

Il mit sa main dans sa poche et sortit une machine au design similaire à la DS. Il la posa dans ma main.

« – Voici l'invention commandée, je l'ai appelée la Geographic Pratical Solution ou GPS, il te permettra de connaître ta position en temps réel et de t'indiquer l'endroit demandé ainsi que la position de ce que tu souhaites chercher. »

J'ouvris la console et je l'ai allumée. L'écran supérieur présentait une carte du royaume champignon et de ses alentours. Deux points étaient positionnés sur celle-ci, un était sur la montagne Twomp, ce qui était notre emplacement actuel et l'autre clignotait au beau milieu du désert. J'agrandis le plan, il afficha le nom du lieu où se trouvait la quatrième pierre ; elle se trouvait à l'intérieur d'une pyramide.

« – Birabuto, lisais-je perplexe.
– Une des régions de Sarasaland, c'est une zone qui possède de nombreuses pyramides. Un de mes collègues, le professeur Goomstein, est allé les visiter. Il m'a raconté que ce fut très intéressant. »

Une sonnerie retentit et il se leva.

« – Bon je crois que ma pause est terminée. Je ne sais ce qui s'est passé entre vous et Mario pour qu'il haïsse à ce point, peut-être un mauvais départ entre vous deux. Je vous ai étudié et vous ne semblez pas mauvaise. Essayez un de ses jours d'avoir une petite discussion avec lui. En tout cas sachez que je serais ravi de prendre votre défense. Ah oui j'oubliais. »

Il mit sa main dans sa poche, me lança la pierre de foudre et se dirigea vers sa maison. Mais au milieu du chemin il s'arrêta :

« – Ah oui, Luigi m'a demandé d'équiper le GPS d'une application comme celle de la DS, pour garder le contact comme il a dit. Alors j'ai ajouté une boite de messagerie afin que vous puissiez communiquer.
– Merci professeur. »

Il ria d'un rire étrange qui me fit rire moi aussi. Quel drôle de personnage. Je le suivis à son laboratoire où je rangeais d'abord la pierre dans son emplacement et, ensuite, je préparais mes affaires. Yosushi fit de même, ainsi que Luigi. Une fois ceci terminé nous sortîmes tous de l'atelier de K.Tastroff. Je sortis mon sabre de son fourreau et j'ai prononcé une formule en ancien langage qui me fit apparaître un nuage : il était similaire à celui qu'utilisent les Lakitus mais il était assez grand pour que deux personnes s'y installent. Je me retournais pour voir Luigi avec son sac et je me mis en face de lui. Nous nous regardâmes en silence. Puis un moment je pris la parole :

« – Bon et bien, c'est ici que nous nous quittons. Pour être franche je ne m'attendais pas à ce qu'on arrive jusque-là.
– Moi non plus mais Mario a besoin de moi alors je vais me dépêcher de rentrer. C'est mon frère et les liens entre frères sont plus forts que des liens amicaux. Même si nous nous séparons pour un temps je sais que nous nous retrouverons bientôt.
– J'espère que ce ne sera pas trop long. »

Je lui tendis ma main et il la serra en me souriant, déterminé. Puis il serra la main à Yosuhsi. Je montais sur le nuage et Yosushi fit de même. Je plantais mon sabre dans la couche du cumulus et m'en servit comme un joystick pour le diriger. Yosushi et moi nous regardâmes derrière nous, nous pûmes apercevoir Luigi mais aussi le professeur et les fantômes nous saluer d'un au revoir.

Chapitre XXX
Histoires parallèles

Luigi regarda le ciel jusqu'à ce que le nuage sur lequel étaient assis ses camarades ait disparut. Il était seul ; le professeur était déjà retourné à son laboratoire pour continuer ses expériences. Le nuage n'était plus qu'un point dans ce ciel lorsqu'une sonnerie retentit, elle provenait de la DS. Il l'ouvrit rapidement, appuya sur le bouton et vit, heureux, le visage de son frère.

« – Salut frérot, dit un Mario joyeux, comment vas-tu ?
– Mieux maintenant que je sais que tu vas bien, répondit Luigi, je voulais te prévenir que je rentre à la maison. Je serai au château d'ici quelques heures.
– Vraiment ! Tu as réussi à te libérer !? Je savais que tu pouvais le faire et je n'en ai jamais douté. Oh tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux et fier de toi. Quand je vais annoncer la bonne nouvelle à tout le monde, ils seront réjoui de le savoir surtout Peach : elle se faisait énormément de soucis tu sais.
– Oui Toady m'a informé à ce propos, en attendant reposes-toi le temps que j'arrive. Une fois de retour il faut que nous discutions tous les deux.
– J'attends cela avec impatience. »

La conversation prit fin, Luigi mis la DS dans sa poche, posa son sac sur son dos et marcha vers le chemin descendant de la montagne Twomp. Le chemin était escarpé et Luigi faillit plusieurs fois trébucher en cause des trous et rochers. Malgré cela, il continuait à marcher d'un pas vif. Son envie de revoir son frère, Peach, Yoshi, les Toads, bref tous ses amis, prenait de l'ampleur à chaque pas. Cependant la séparation avec ses compagnons ne voulait en aucun cas dire pour lui qu'il abandonnait. Il avait la ferme intention d'en savoir plus sur les pierres magiques. Mais le plus important pour lui, et sans doute le plus difficile, était de persuader tout le monde que Mitsuki n'était pas maléfique comme on le prétendait et il voulait surtout le prouver à Mario. Comme ça ils pourraient finir cette mission tous ensemble. L'étendue d'herbes augmentait à mesure que Luigi descendait la montagne, il remarqua soudain une plateforme possédant un banc et un télescope. Il s'arrêta pour boire un peu d'eau et regarda en direction du désert sec-sec. J'espère que ce n'est pas trop dur pour eux là-bas, pensa-t-il. Il observa longuement le télescope et fut piqué par l'envie de scruter le paysage. Il s'approcha de la longue-vue à pivot et posa son œil sur la lunette. Il voyait très bien la frontière entre le royaume champignon et Sarasaland. Un détail attira particulièrement son attention, il régla l'objectif et il poussa un cri de stupeur. Aucun doute, se dit-il, ce bateau brun muni d'hélices, cette figure de proue, c'est un des bateaux volants de l'armée de Bowser. Que fait-il là-bas ? Pourquoi maintenant ? Luigi remarqua qu'il prenait la direction de Sarasaland. Il fallait rapidement prévenir tout le monde, pas seulement Mario et Mitsuki mais aussi Daisy du danger qui arrivait. Il sortit de sa poche la DS et s'apprêtait à l'allumer mais il s'arrêta. Si je préviens Mario nous risquons de rencontrer Mitsuki et elle risque d'avoir de gros ennuis, mais je n'arriverais pas seul. Raah tant pis ! Il alluma la DS et appela Mario. Il répondit aussitôt.

« – Oui Luigi que se passe-t-il, demanda Mario.
– Mario il y a un bateau volant de Bowser qui se dirige droit vers le royaume de Sarasaland. Il faut que j'aille prévenir Daisy du danger. Retrouve-moi au château de Daisy d'accord.
– Luigi non attends... »

Luigi lui raccrocha au nez et se rappela de la messagerie dont était équipé la DS et le GPS. Il envoya un message à Mitsuki et, une fois son moyen de communication précieusement rangé, il courut. Il sauta sur plusieurs plateformes afin de descendre plus vite en direction d'un tuyau qui l'emmènerait au désert sec-sec.

Pendant ce temps-là, dans le désert sec-sec sous un soleil aride, deux silhouettes déambulaient dans la mer de sable.

« – Il fait chaud, disais-je la langue pendante en essuyant ma transpiration.
– C'est vrai, répondit Yosushi, qui aurait cru que l'eau contenue dans le nuage s'évaporerait. »

Le GPS vibra dans ma poche droite. Je le sortis de ma poche et je l'ouvris. Une enveloppe s'afficha sur l'écran, j'actionnai le bouton qui me permit de l'ouvrir. Une fois le message lu et l'objet rangé, j'informai Yosuhsi :

« – La concurrence est en route et elle n'est plus très loin.
– Hâtons-nous alors de retrouver la pierre avant eux, répondit Yosushi. »

Nous repartîmes en prenant le chemin indiqué par le GPS. Le sable s'étendait à perte de vue, quelques Pokey indifférents circulaient sur les dunes, des vautours volaient dans le ciel portant une étoile entre leurs serres et des Buzzy Beetle étaient rentrés dans leur carapace en attendant la fraicheur de la nuit. À la montée d'une énième dune, la vitesse du vent monta soudainement et nous fûmes pris rapidement dans une tempête de sable. Le cyclone fit voler les grains de sable qui nous égratignaient la peau, nous bouchait le champ de vision et rentrait dans nos voies respiratoires si on ne se protégeait pas. Yosushi et moi, nous nous tînmes collés l'un contre l'autre pour éviter de se perdre. La tempête se calma mais elle fut de suite remplacée par une nuée de guêpes munies de piques qui vinrent nous assaillir. Yosuhsi tenta d'en avaler quelques-unes mais à chaque fois une troupe de guêpes en profitaient pour planter leurs piques dans sa peau. Je sortis mon sabre de son fourreau et je prononçai une formule qui fit jaillir de l'eau à la vitesse d'un karcher de la pointe de la lame. Les guêpes se dispersèrent à la vue de la puissance du jet. Ce sort m'avait essoufflé. Elles ne nous avaient pas raté, nous étions recouverts de marques là où elles avaient réussi à nous toucher. Une voix se fit entendre :

« – Oui ce sont eux, ils correspondent à la description faite par Kammy Koopa et Kamek. Etrange, ils ne sont pas censés être trois ?
– Au diable les détails, s'en écria une autre, occupons-nous d'eux afin que le jeune maître puisse compléter sa mission en toute tranquillité. »

Je me frottais mes yeux rougis par le sable pour pouvoir apercevoir quelque chose tandis que Yosushi était pris d'une succession d'éternuements. Je vis devant nous les deux antagonistes : il s'agissait d'un Koopa habillé en pharaon égyptien et d'une tornade assortit d'un visage. La tornade parla :

« – Je vais prendre un malin plaisir à attaquer la fille. Tu peux te distraire en jouant avec le Yoshi rouge.
– Comme tu veux Eol. À l'heure qu'il est, ils vont atteindre les pyramides d'ici quelques heures. »

Eol s'approcha de moi, je me mis en garde. Un typhon de sable émergea autour de lui le protégeant de toute attaque extérieure. Le Koopa pharaon invoqua de nouveaux sbires qui comportaient des Chomps et une nouvelle fois un essaim de guêpes armées. Eol se nourrit de la force centrifugeuse du vent sablé pour gagner en puissance. Il chargea dans ma direction. Je courus pour échapper à son attaque mais il était trop rapide. Il m'enveloppa de son cyclone de sorte que je ne puisse plus m'échapper du cœur de sa tornade. Je ne voyais rien de ce qui se passait à l'extérieur et les grains de sable volaient à une vitesse si forte qu'il était impossible d'avoir une vision nette. Je levais désespérément mon katana vers le ciel et je criais :

« – Kokusho ! »

Le vent cessa de tournoyer autour de moi, il se faisait maintenant attirer par la chaleur émise par le katana qui le transformait en courant ascendant. Mais celle-ci aussi rendit possible la métamorphose du sable en verre. Grace à la vitesse du courant, les fragments se logèrent dans ma peau ou me coupèrent de part et d'autre de mon corps. Le sort de chaleur diminua à mesure que je m'épuisais, c'était une guerre d'usure que je ne pouvais remporter. Je tentais alors de sortir de ce cycle infernal mais les morceaux écorchaient le moindre de mes membres qui s'approchaient du rayon d'action de la tornade. Je reculais mais le sable transformé me lacera le dos. Je me mis à genoux, rompue et exténuée.

« – Il est temps d'en finir, cria Eol. »

La force du vent doubla d'intensité, sa vitesse monta de plus en plus en puissance, si bien qu'elle me fit perdre le contact avec le sol. Au bout de quelques mètres de hauteur le tourbillon me projeta d'une puissance phénoménale qui m'assona et je partis tel une fusée loin dans le ciel.

Chapitre XXXI
Retrouver et persuader

Luigi sortit du tuyau et courut. Il se trouvait à la frontière entre Birabuto et Chai où il prit la direction du désert. Au bout de quelques minutes de course il entendit une voix :

« – Holà plus un geste, ordonna-t-elle. »

Un poulet tomba en même temps que cette phrase fut prononcée. Il s'arrêta et dirigea son regard vers le ciel : c'était un nuage assujettit d'un visage. Celui-ci descendit à la hauteur de Luigi.

« – Bonjour Biokinton, dit Luigi.
– Ça alors mais c'est maître Luigi, le grand ami de notre princesse ! Que faites-vous donc ici ? On vous disait prisonnier.
– Cette information est devenue fausse depuis peu.
– Voulez-vous que je vous emmène au château de notre princesse pour vous requinquer ? Cela lui fera surement très plaisir.
– J'aimerais d'abord explorer Birabuto, j'ai aperçu un bateau volant appartenant à Bowser et je dois savoir où il se dirige.
– Aucun souci, veuillez prendre place sur l'espace cotonneux de mon corps et je vous y emmènerai. »

Luigi monta sur le cumulus qui s'éleva dans les airs et partit vers le désert. Luigi scruta les environs avec le plus grand sérieux afin de localiser ce qu'il cherchait ; rien à l'horizon hormis la faune locale. Au bout d'un certain temps il repéra une silhouette rouge pourchassée par deux formes arrondies et noires. Il se pencha et reconnut Yosushi qui était poursuivi par deux Chomps. Il ordonna à Biokinton de descendre vers son ami en détresse, ce qu'il fit rapidement. Biokinton lâcha des poulets pour attirer l'attention des Chomps tandis que Luigi descendit et aida Yosuhsi à monter sur le nuage. Ils repartirent en prenant le chemin opposé. Yosushi souffrait de multiples petites blessures sans conséquences mais il pleurait et gémissait. Luigi lui retira une petite flèche coincé dans l'épiderme ce qui fit grimacer ce dernier.

« – C'est une flèche de Bunbun, informa-t-il, Yosushi que s'est-il passé ? Où est Mitsuki ?
– Pardon Luigi, pleura-t-il, je n'ai rien pu faire. On a rencontré deux sbires de Bowser dont un a enfermé Mitsuki dans une tempête qui l'a projeté au loin. J'ai voulu l'aider mais l'autre a invoqué des guêpes et des Chomps qui m'ont attaqué dans tous les sens. Une fois seul, j'ai eu peur et j'ai fuis. Je sais que j'ai été lâche et je m'en voudrais s'il y arrivait quelque chose à Mitsuki. Je suis tellement désoler. Je m'en veux terriblement.
– Ce n'est pas de ta faute, dit Luigi en essayant de le consoler, tu vas d'abord te faire soigner et j'irai chercher Mitsuki ensuite. J'ai prévenu Mario donc je n'irai pas seul. Ont-ils dit où ils avaient l'intention de se rendre ?
– Ils ont dit que le bateau allait poser l'ancre aux pyramides.
– Très bien j'irai avec Mario dès que nous nous retrouverons. Ne t'inquiète pas j'irais la chercher après. »

Yosushi acquiesça et resta roulé en boule durant le trajet. Luigi lui caressa la tête.

« – Biokinton, au château s'il te plait, fit Luigi.
– Tout de suite maître Luigi. »

Luigi regarda vers l'est, le bateau se trouvait au loin et avançait en direction des pyramides. C'est mauvais signe tout ça, pensa-t-il. Si nous n'agissons pas rapidement nous perdrons du terrain. Il ne faut en aucun cas que Bowser ait une seule pierre en sa possession. J'espère que Mitsuki va bien. Plus tard ils aperçurent le château de la princesse Daisy à l'horizon. Biokinton débarqua Luigi à l'entrée du château où des visages sculptés gardaient l'entrée. Les Tokotoko ouvrirent la porte laissant voir alors un immense hall illuminé, aéré et sans le moindre artifice. Le cumulus emmena Yosushi dans une allée rattachée à l'axe principal qui menait à l'infirmerie. Luigi n'eut pas le temps d'admirer la décoration qu'une personne arrivait en courant de l'allée parallèle au couloir que venait d'emprunter le nuage. Une jeune femme aux cheveux blonds vénitiens et à la robe légère orangée lui tomba dans les bras. Il fut si surpris que cela le déstabilisa et il tomba à la renverse. Elle l'embrassa sur la joue et le regarda d'un regard mêlant la colère et le soulagement.

« – Luigi ne me refait plus jamais ça, dit-elle d'un ton de reproche, tu ne peux pas savoir à quel point j'étais inquiète pour toi... enfin, nous étions inquiets pour toi.
– Daisy, ne put que prononcer Luigi encore étonné par sa réaction.
– Tu ne devrais pas te l'approprier que pour toi-même Daisy, annonça une voix, laisses-en pour les autres aussi. »

Il regarda derrière l'épaule de Daisy et ce qu'il vit dessina un large sourire sur son visage. Mario se dirigeait vers lui accompagné de la princesse Peach et de Yoshi : il semblait n'avoir que partiellement récupéré. Luigi se releva ainsi que Daisy et il se précipita vers son grand frère en s'écriant :

« – Mario !!! »

Ils s'enlacèrent tendrement et Mario lui tapota le dos en retour. Une fois les retrouvailles terminées ils décidèrent de prendre le dîner sur la terrasse au moment même où le soleil se couchait. Les serviteurs avaient préparé de nombreux plats composés quelques-uns de poissons, de champignons et d'autres de légumes. Les princesses avaient mis la main à la pâte en cuisinant le dessert elles-mêmes. Yosushi les rejoignit une fois soigné, il dévora de nombreux mets et entra dans une sorte de compétition avec Yoshi. Luigi aussi ne se priva pas non plus pour manger, il avait eu une journée éprouvante et le fait de pouvoir manger autre chose que des biscuits et des fruits rendaient chaque bouché de nourriture encore plus délicieuse qu'elle ne l'était en vrai. La discussion s'entama après le dessert autour d'une bonne tasse de thé. Les princesses demandèrent à Luigi comment il avait rencontré Yosushi et voulurent savoir que s'était-il passé durant leurs aventures. Luigi leur raconta en particulier les batailles qu'ils avaient vécues ; tout le monde fut très impressionné et à certains moments effaré. Leurs thés terminés chacun se sépara pour aller se reposer. Mario et Luigi, qui avaient décidés de dormir dans la même chambre, prirent ensemble le chemin de la chambre à coucher. Mario entama la conversation en marchant :

« – C'est incroyable, dit Mario d'un ton neutre, tout ce que tu relates parait tellement vrai.
– Tu ne me crois pas, demanda Luigi.
– Ce que je veux dire c'est que c'est ta façon de narrer les événements qui me gêne. Tu représentes cette fille comme quelqu'un d'affectueux. Cette version n'est pas rationnelle pour moi.
– Mais c'est pourtant la vérité, elle ne m'a jamais fait de mal et tout ce qu'elle t'a dit à la montagne glacière est vrai.
– Et la trace de ta brûlure qui encore visible ? Luigi, on va vécu de nombreuses aventures plus ou moins dangereuses ensemble et aucune boule de feu ne laisse une marque qui dure plusieurs jours. Dis-moi la vérité Luigi, qu'est-ce qu'elle t'a fait ? »

Luigi s'arrêta de marcher, Mario fit aussi de même et ils se retrouvèrent face à face.

« – Elle ne m'a rien fait de mal, rétorqua Luigi, je te le jure. Tout ceci est vrai. Crois-tu vraiment qu'elle m'aurait laissé partir si ce n'était pas le cas ?
– Ce que je crois c'est que cette fille est dangereuse. Ici je ne me base pas sur mes sentiments envers elle mais sur des faits. Et les faits me montrent qu'elle est notre ennemie.
– Viviane était pourtant ton ennemie et vous vous êtes quand même alliés pour battre la reine des ténèbres.
– Ce n'est pas la même chose. Les intentions de Viviane n'étaient pas mauvaises à la base alors que pour cette fille c'est le contraire. Depuis qu'elle est apparue elle n'a fait que nous nuire, cela ne te suffit pas comme preuve ! Reviens à la raison Luigi !
– Que je revienne à la raison ! Mais c'est toi qui n'arrêtes pas de jouer l'entêté. Pourquoi tu n'arrives pas à admettre les choses telles qu'elles sont ?
– Parce que j'ai toujours en tête cet épisode avec le comte Niark et ça me hante. –il fit une pause, souffla et il continua d'une voix morose- Tu ne me reconnaissais plus et tu m'as attaqué sans autres sentiments que ton arrogance. C'est ça qui me fait le plus peur ; que tu changes en pire et que je sois contraint de me battre une nouvelle fois contre toi.
– Donc tu as décidé de ne pas avoir confiance en ce que je dis.
– Ce n'est pas ça ! Comme je te l'ai dit j'ai besoin de prendre en compte les actions des gens pour les juger et tout m'indique que cette fille est mauvaise. Mais si tu le veux vraiment et que tu arrives à me prouver qu'elle a un bon fond : alors j'admettrais que j'ai eu tort, je réviserais mon comportement envers elle et je te ferais encore plus confiance à l'avenir.
– Merci Mario je savais que tu comprendrais. Oh j'allais oublier, Yosushi m'a dit que la flotte de Bowser se dirigeait vers les pyramides de Birabuto, il faut les empêcher de mettre à bien leurs méfaits.
– Il va donc falloir se lever tôt demain, les pyramides sont très loin du château même en prenant les tuyaux. Excuse-moi si je me suis laissé un peu emporter. Mon rôle de grand frère est de faire attention à toi et de garder la tête froide mais je rate tout ces derniers temps. C'est frustrant si tu savais. »

Luigi lui sourit et ils reprirent leur marche. Ils entrèrent dans la pièce à coucher où les attendaient deux lits accolés l'un à l'autre. Ils se mirent en pyjama et se couchèrent. Mario s'endormit en premier et déposa inconsciemment son bras autour de Luigi comme il avait peur qu'il s'en aille. Luigi le suivit peu de temps après.

Chapitre XXXII
L'épreuve du roi de Birabuto

Je me suis réveillé et j'ai ouvert les yeux. Je grognais, mon corps était encore tout endolori par le vol que j'avais enduré. J'ai eu au cours de mon aventure de nombreuses chutes mais jamais aucune ne m'avait fait ressentir une douleur si intense. La souffrance qui s'estompait peu à peu me permis d'apercevoir l'environnement dans lequel je me trouvais. L'air était chaud, concentré en particule de poussière et la seule source de lumière provenait d'une brèche au toit de forme conique. Celle-ci dévoilait une immense pièce de forme rectangulaire aux murs de pierre montés de sorte que le bâtiment ressemble à une pyramide. Les mottes de sable qui circulaient m'indiquèrent que le souffle du vent provenait de l'entrée du monument qui était gardé par deux sphinx. Je m'assis tout en frottant mon dos et je levais la tête vers le haut, le trou béant au sommet me laissait encore perplexe.

« – Si vous vous posez la question sachez que vous n'avez pas provoqué ces dégâts-ci, fit une voix grave digne d'un ronronnement, mais sacré tombée n'est-ce pas ? »

Je me retournais pour savoir d'où venait la voix, un autre sphinx plus grand que ceux qui gardaient l'entrée était assis fièrement de l'autre côté de la salle tenant entre ses pattes mon sabre démunit de son fourreau. Il sourit laissant voir une rangée de dents acérées prêtes à dévorer le moindre morceau de viande à sa portée. Cependant j'avais la nette impression que c'était moi le morceau de viande. Il déposa mon katana sur un bloc de marbre et se dirigea vers moi. Il tourna en rond autour de moi en scrutant le moindre de mes mouvements et la moindre parcelle de mon corps. Quant à moi j'étais pétrifiée de peur. Finalement il rompit le silence

« – Hum ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. Taille moyenne, la carrure n'est pas celle d'un athlète quoique les jambes me paraissent être bonnes pour la course, le regard semble donné un éclat d'intelligence mais rien n'est sûr à l'avance. –il s'allongea, la tête devant moi- Comment le sabre légendaire est-il tombé entre les mains d'une si petite chose ? Ce vieux fantôme, a-t-il encore toute sa tête après toutes ces décennies ? Enfin bref, le grand héros de ce monde est bien un moustachu enrobé en salopette alors pourquoi pas.
– Selon le vieux Boo, la légende mentionnait une fille, vous vous attendiez à quoi, répondis-je.
– À quelqu'un de résistant, patient et au sang-froid si, selon toute logique, il s'en était sorti brillamment lors des tâches qu'ils lui ont été conférées lors de ses entrainement avec les différents gardiens. Or ceci n'est pas votre cas, ai-je raison ?
– Exact. Mais la situation dans laquelle je me trouve ne m'autorise aucune perte de temps. »

De suite je lui expliquais toute mon histoire avant qu'il ne réplique une autre remarque à mon égard. Il écouta attentivement chaque parole avec une attention toute particulière mais ne montra aucune expression au cours de mon explication.

« – ...C'est pour cela que je suis à Sarasaland à la recherche de la pierre du vent pour que Bowser ne puisse utiliser les pierres et sauver bébé Luigi. Alors si vous ne voulez pas m'aider et si vous avez eu vent des rumeurs à mon encontre rapportez-moi à votre princesse. Mais je vous préviens cela ne se fera pas sans résistance.
– Si j'étais vraiment contre toi gamine tu serais dans ma gueule à l'heure qu'il est. Tu n'as peut-être pas les qualités requises pour devenir le héros du royaume champignon mais je pense que tu les obtiendras surement plus tard. Ta quête est ardue néanmoins tu ne flanche pas et ceci compense tes compétences raisonnablement médiocres. Pour cette raison je vais te faire une fleur. Dehors il y a plusieurs pyramides, trouve dans laquelle est cachée la pierre et elle est à toi. Autre chose je suis le roi Totomesu, gardien de la pierre du vent, retient bien ce nom à l'avenir. Tu ferais bien de te dépêcher, je crois reconnaître le bourdonnement d'une hélice. »

Il me rendit mon sabre, je le remerciais et je sortis de la pyramide. Il avait raison : une silhouette brune, floue en cause de la chaleur, s'approchait des triangles aux pierres granitiques. Il y avait autour de moi trois pyramides dont une d'où je sortais. Elles étaient de même taille et de même corpulence, impossible de les différencier entre elles. Au centre du cercle qu'elles dessinaient, une dune de sable. Je rentrais dans l'une d'entre elles au hasard. Mais un pas malencontreux sur une dalle à l'entrée enclencha soudainement une explosion qui ferma cette dernière à l'aide d'un énorme tas de gravats interdisant toute lumière de pénétrer à l'intérieur. Soufflé par l'explosion je me relevais. J'allumais la lame de mon sabre pour éclairer le chemin. Elles avaient beau se ressembler de l'extérieur, l'intérieur de cette pyramide était différente de celle dans laquelle je me suis réveillée. Elle n'était composée pour l'instant que d'un long couloir sombre et peu encourageant. Je déglutis et j'avançai en faisant attention là où je marchais. Quelques pas plus loin j'entendis comme un fil se casser et j’eus juste le temps de me baisser avant qu'une boule de feu passe là où ma tête se trouvait quelques millisecondes auparavant. Je pris encore plus de précautions. Le couloir tourna plusieurs fois et se termina enfin par un escalier menant vers les profondeurs. Je le descendis et je remarquais qu'il tournait lui aussi. L'air se fit plus frais à mesure que les tournants se succédaient. Finalement l'escalier s'arrêta et un court couloir m'amena dans une pièce de forme rectangulaire. Cette dernière ne comportait qu'un sarcophage de pierre, peut-être l'endroit où se trouvait la pierre. Je tapotais maintenant chaque dalle avant de m'engager dessus ce qui m'évita de chuter plusieurs fois vers des pièges mortels. Une fois près du cercueil je l'ouvris pour m'apercevoir qu'il ne contenait qu'un passage secret à pente raide glissant vers le fond. Je pris une pierre, je la fis rouler et j'écoutais son voyage avec attention. J'entendis les pièges se déclencher les uns après les autres tandis qu'elle circulait inconsciemment et je l'entendis finir sa course en rentrant dans un liquide. J'entrepris moi-même alors la descente et je fus plonger dans de l'eau glaciale à la fin de mon parcours. C'est en me relevant grelottante que je regrettais de ne pas avoir emporté mon sac où logeait toutes mes affaires. Je continuais cependant ma route. Plusieurs mètres plus loin un escalier, encore, mais celui-ci montait. Il disposait des mêmes caractéristiques que le premier, je me demandais où celui-ci allait m'emmener. Il fut plus long que le premier mais cela fit un bien fou de sentir la chaleur revenir au bout d'un moment. Au dernier tournant je vis de la lumière m'informant alors la fin du parcours.

Je me suis retrouvée dans une pièce dont la forme me faisait penser à un cône de glace retourné. Le sommet laissait rentrer assez de soleil pour éclaircir la pièce et la réchauffer. Je comptais les entrées, trois entrées, comme les pyramides. Chaque pyramide était donc reliée à la quatrième. Des coups de canon se firent entendre à l'extérieur suivit d'un bruit de destruction provoquant des chutes de sable dans la pyramide. Je vois, la dune servait en réalité à cacher le véritable bâtiment où était gardée la pierre ! Au centre de la salle était disposée une stèle en pierre, sans doute l'endroit où elle était dissimulée. Je me précipitais vers elle. Hélas rien. Je frottais le bloc et autour à la recherche d'un quelconque indice. Bingo, les gravures sur la table en pierre m'informèrent d'un mécanisme dont la serrure s'avérait être une fente par terre d'une largeur égale à celle de mon sabre. Je l'enfonçais alors dans le trou. Ceci entraîna une réaction en chaine qui se termina par le mouvement des plaques de la table et fit apparaître un cristal de roche. C'était la pierre du vent. Je la pris dans mes mains, plus qu'une me suis dis-je heureuse. Brutalement un coup de canon frappa l'édifice de toute sa puissance, puis un second suivit et un troisième. Un énorme trou s'était formé au sommet de la pyramide et des parties du bâtiment suivirent les lois de la gravité. Je me suis caché derrière un bloc de granite le temps qu'ils finissent leur sale besogne. Une fois la brèche suffisamment large, un vaisseau d'une allure arrondie et munit d'une hélice entra par cette dernière. J'avais déjà vu ce genre de vaisseau précédemment, il avait la même carrure que celui qui avait enlevé bébé Luigi, sauf que cette fois-ci le conducteur semblait avoir perdu en taille et portait étrangement une bavette. Mon cœur fit un bond lorsque je découvris ce qu'il maintenait entre ses griffes : c'était bébé Luigi. À la hauteur où se situait son vaisseau il n'eut aucun de mal à me repérer, je le vis approcher sa patte du cou de son otage. Comprenant le danger, bébé Luigi se mit à pleurer.

« – Ok fini de jouer, menaça la miniature de Bowser d'une voix légèrement aigüe, maintenant sors de ta cachette où je lui tranche la gorge. »

Je m'exécutais de suite. Le vaisseau descendit lentement vers le sol jusqu'à arriver à ma hauteur. Se servir de d'un enfant pour arriver à ses fins, quelle lâcheté !

« – Donne-moi la pierre, ordonna-t-il.
– À une seule condition, rétorquais-je en serrant la main qui portait la pierre, que tu libères bébé Luigi sur le champ.
– Comme tu voudras, à trois je le lâche et tu me lances la pierre. Un, deux, trois. »

Nous fîmes chacun ce que l'autre avait demandé. Bébé Luigi tomba sur les fesses et se précipita vers moi en courant et en pleurant. Je le pris dans mes bras et je le serrais tendrement pour le rassurer. Quant au petit Bowser il sauta de joie criant à tue-tête que son papa allait être fier de lui. J'avais perdu un objet précieux mais j'estimais que j'avais gagné au change. Le vaisseau remonta dans les airs.

« – Ah oui, prononça mini-Bowser, je n'ai jamais dit que vous laisser sortir d'ici en vie faisait partis de notre accord. »

Chapitre XXXIII
Survivre

Le vaisseau du petit Bowser remonta dans le ciel et se posta à l'opposé du trou que le navire volant avait créé. Celui-ci d'ailleurs se montra au niveau de la brèche tous canons sortis. Il tira plusieurs coups, je n'eus que le temps de plonger sur le sol, bébé Luigi encore dans mes bras. Les tirs percutèrent le mur d'en face dont des morceaux s'abattirent par terre. Ceux-ci se fragmentèrent en éclats qui volèrent dans tous les sens. Le souffle créé par ce phénomène fit décoller la casquette de bébé Luigi. Protégeant sa tête, je courrais en direction de la porte que j'avais franchie précédemment mais j'entendis un Bill Ball à quelques mètres derrière moi. J'ai glissé comme pour faire un tacle et évitai le Bill Ball qui n'eut pas le temps de tourner et frappa le haut de la porte. Cela provoqua un éboulement qui bloqua la sortie. Je regardais en direction des autres voies mais elles avaient subi le même sort. De son observatoire Bowser Jr ria bouche grande ouverte. Je tentais de me calmer mais sans succès. Il fallait sortir de là très vite. Je déposais bébé Luigi sur le sol et je m'accroupis. Il comprit et s'accrocha solidement à mon dos. Je sortis mon katana. La meilleure défense est l'attaque disait-on, nous allons voir. Je visais en premier lieu le vaisseau où se trouvait Bowser Jr et invoqua une boule de feu qui partit rapidement. Surpris, il l'évita de peu, reprit le contrôle de son véhicule et sortit par le trou où il échappa à une seconde boule de feu.

« – Feu à volonté, cria-t-il. »

Les canons ne se firent pas prier. Une pluie de missiles s'abattit dans la pièce tous programmés pour suivre et exploser une fois en contact avec sa cible. Je pris inconsciemment l'initiative de lever mon sabre vers le ciel et criais-je.

« – Raimei ! »

Une boule d'une blancheur électrique apparut à la pointe de la lame et partit de la même manière qu'une fusée de feu d'artifice. Arrivée à son point de non-retour elle explosa en plusieurs éclairs qui touchèrent chaque Bill Ball qui éclatèrent au moment de l'impact. Mais à peine le sort avait fonctionné que la seconde salve s'approchait. Je remarquais alors, près d'une entrée bloquée, des parties de murs tombées assez grand pour se cacher derrière et trop proche de l'entrée pour qu'une Bill Ball puisse les contourner afin de nous atteindre. Je sprintais vers ces dernières et sautais de l'autre côté. Les Bill Ball martelèrent les morceaux sans les briser mais, vu leur épaisseur, ils ne tiendront pas longtemps. Accroupie, je demandais à bébé Luigi de descendre de mon dos et de se mettre entre moi et l'entrée. Au lieu de cela il se réfugia entre mes jambes. Changeant de position je commençais à jouer du levier à l'aide de mon katana dans le tas de roches afin de dégager une cavité et de s'y engouffrer. Une nouvelle bordée de missiles percuta les fragments qui cette fois-ci laissèrent partir des éclats qui filèrent dans tous les sens. Je jetais un coup d'œil derrière mon épaule : les morceaux de toits commençaient déjà à se fissurer. Je doublais la cadence, je parvins à balayer le haut de la voie. J'attendis que la slave frappe les parois avant de prendre bébé Luigi pour qu'il passe par la fissure. Ensuite je recommençais mon travail. Un changement s'était produit du côté adverse ; ils ne tiraient plus. Un bruit de fracas vint à mes oreilles et je me retournais pour savoir qu'est-ce qu'ils avaient jeté : c'était des caisses remplies de Bob-omb en nombre suffisant pour détruire définitivement la pyramide. Je me débarrassais des dernières pierres lorsque la dernière salve fut tirée par le navire. Les quelques secondes avant le point d'impact me permirent de rentrer immédiatement dans la fosse sombre, de prendre bébé Luigi et de descendre les escaliers le plus rapidement possible. La déflagration fut assourdissante et tellement forte qu'elle fit trembler le souterrain entrainant ainsi ma chute et le retour à l'obscurité. Je n'ouvris les yeux que plus tard sentant que quelqu'un me tapait sur la tête. Est-ce que je m'étais évanouie ? Je m'asseyais et, la main encore crispée sur mon sabre, j'allumais la lame pour apercevoir que la personne qui me donnait des coups était un bébé Luigi tout en pleurs. Soulagé de voir enfin de la lumière il se blottit contre moi et se calma rapidement. Quelques minutes plus tard il dormait en suçant son pouce. Je voulu ranger mon katana mais je découvris que la ceinture et le fourreau avaient disparus. La ceinture avait dû se déchirer car elle ne tenait plus que grâce aux quelques ficelles de cuir qui étaient restées intactes après mon combat contre Eol. Malgré la fatigue naissante, je ne m'autorisais aucune pause avant de nous être sortis de là. Je descendis les escaliers qui nous amenèrent vers un long couloir. Ne sachant pas si c'était celui que j'avais emprunté à l'allée je pris soin de déjouer tous les pièges qui s'y trouvaient. Ma démarche m'indiqua alors que c'était un autre chemin. Une fois le trajet terminé je me suis retrouvée nez-à-nez avec le roi Totomesu. En nous analysant il comprit vite le fin fond de l'histoire. Je passais devant lui sans rien dire à la recherche de mon sac. Je le découvris entre les crocs d'un des sphinx qui me le remit aussitôt. Finalement le grand sphinx brisa le silence qui s'était imposé alors que je m'apprêtais à sortir de la pyramide.

« – Plus rien ne te retient ici désormais, annonça-t-il calmement, comprend seulement que l'épreuve que tu as subit n'a été ni une défaite ni une victoire. Je te conseille de retourner auprès du vieux Boo afin d'acquérir les compétences qui te manquent. Un de mes collègues t'amènera à la frontière. Il te faut maintenant faire preuve de prudence, de patience et de discrétion. La route est dangereuse et la pierre de terre ne se montrera pas maintenant.
– Merci pour ces précieux conseils Totomesu, répondis-je. »

Le sphinx qui avait porté précédemment mon sac s'avança vers moi et se coucha en face de moi. Dès que nous fûmes installé, bébé Luigi et moi sur sa croupe, il se leva et s'élança dans le désert de sable infini. La course n'avait été entreprise que depuis quelques minutes lorsque bébé Luigi se réveilla et demanda à manger. Je sortis les quelques fruits et biscuits dont j'avais pris l'initiative de les déposer dans mon sac. Il les dévora sans en laisser une miette. Le fait de me rappeler que c'était Yosushi qui portait la majorité de la nourriture sur son dos m'emplit d'une inquiétude pour lui. Mais lorsque j'ai consulté ma messagerie elle fit place à du soulagement. Un message avait été envoyé alors que j'étais évanouie. Il disait :

Où es-tu ? Yosushi est avec moi, on s'inquiète. Envoie moi une réponse dès que tu as ce message.

Luigi.

Je refermais la console d'une main et je la remis dans ma poche. La traversée est trop mouvementée pour pouvoir écrire un message et ma main était encore crispée autour de la poigné du sabre. Je ferai cela une fois à la frontière, pensais-je en regardant le paysage qui défilait.

Pendant ce temps Mario et Luigi, assis sur leurs montures qui s'avéraient être Yoshi et Yosushi, galopaient en compagnie d'un nuage en direction de ces mêmes monuments qui n'étaient plus très loin.

« – Oh non on arrive trop tard Luigi, fit Mario, le bateau est parti au loin.
– Il ne nous reste que quelques centaines de mètres à faire Mario, répondit Luigi, nous arriverons quand même à temps pour aider s'il y a des blessés. »

Ils avaient vu au loin le bateau munit de ses canons attaquer la pyramide et partir sans qu'ils puissent y changer quoi que ce soit. Cela frustrait Luigi autant que Mario. Mais la présence de foudre dans un espace désertique avait mis la puce à l'oreille à Luigi. Si c'était dû à l'utilisation de la pierre de foudre, Mitsuki devait forcément être là-bas, enfin il espérait qu'elle y soit encore. Cette supposition était-elle vraiment un soulagement ? Avec toutes ces hypothèses il ne savait pas comment réagir.

« – Voilà nous y sommes, annonça enfin Mario. »

Le désastre fut complet, de la pyramide centrale il ne restait plus que le support engloutit sous un amas de ruines. Un sphinx débarrassait les débris pour en faire un tas juste à côté. Il les regarda descendre des Yoshi puis retourna à sa tâche. Luigi, Yoshi, Yosushi suivirent Mario qui se dirigeait vers un autre sphinx, mais beaucoup plus grand, qui bloquait l'entrée d'une des pyramides encore en état. Allongé il ouvrit les yeux quand ils furent devant lui.

« – Tiens donc, maitre Mario, grogna-t-il, je ne m'attendais pas à vous voir. Je vois que votre frère s'est enfin décidé à investir dans une monture. Et quelle coïncidence de vous trouver ici par hasard alors que je n'ai pas informé la princesse Daisy de cette catastrophe.
– À vrai dire, répondit Mario, mon frère m'a informé qu'un bateau de volant de Bowser allait en direction de vos pyramides et il semblerait que nous soyons arrivés trop tard.
– Nous permettriez-vous d'inspecter les ruines à la recherche d'indices, demanda précipitamment Luigi.
– Entendu, répondit Totomesu après un temps de pause. »

Luigi se retourna et alla vers la pyramide détruite. Mario le suivait de près.

« – Tu as une idée en tête Luigi, demanda Mario.
– Si mes déductions sont exactes, Mitsuki était ici lorsque le bombardement a éclaté. »

Une fois sur les ruines il commença à fouiller un peu partout, balayant les débris de la pyramide s'il le pouvait. Mario faisait de même tandis que Yosuhsi et Yoshi creusèrent aidés de leur flaire. Au bout d'un certain temps Luigi retira sa casquette pour s'essuyer son front couvert de sueur. Il n'aurait pas été contre le fait de remettre la tenue plus légère qu'on lui avait offerte à Yoshiville. Mario lui apporta de l'eau qu'il but en guise de remerciement. Soudain Yoshi cria :

« – Luigi tu devrais faire plus attention. Je viens de retrouver ta casquette sous un morceau de mur.
– C'est impossible, ma casquette est dans ma main, répondit Luigi interloqué.
– Pourtant elle est verte avec un « L » dessus et elle a ton odeur. »

Surpris Luigi et Mario se précipitèrent vers Yoshi. Le silence s'abattit brutalement lorsqu'il leur montra ladite casquette. Elle était similaire à celle de Luigi sauf qu'elle était plus petite. La pression et l'inquiétude exercées sur Luigi montèrent d'un cran lorsque Yosushi les rejoignit avec dans les mains le fourreau vide de Mitsuki.

Chapitre XXXIV
Les liens qui nous unissent

« – Maintenant vous allez nous expliquer ce que font le fourreau de Mitsuki et la casquette de bébé Luigi dans les ruines de cette pyramide, s'exclama Luigi.
– Ah vous parlez de la gamine, répondit Totomesu d'un ton nonchalant, elle était à la recherche de la pierre de vent. Je lui ai indiqué le chemin, le bateau a bombardé la pyramide et elle est revenue avec un enfant dans ses bras.
– Où sont-ils actuellement ?
– Ils ne sont plus en ce lieu. Ils sont partis il y a une vingtaine de minutes.
– Vers quelle destination précisément ?
– Qui sait.
– Vous allez répondre, s'écria Luigi menaçant.
– Luigi calme-toi, coupa Mario en posant sa main sur l'épaule de son frère, je sais que tu es bouleversé mais ce n'est pas avec ce genre d'attitude que tu réussiras à obtenir quelque chose. »

Luigi retira la main de Mario et s'éloigna avec la casquette et le fourreau dans les mains. Mario le suivit des yeux et le vit s'assoir sur une pile de débris. Il ne comprenait pas pourquoi Luigi agissait de cette façon et cela l'inquiétait un peu. Il se retourna vers le sphinx couché qui baillait.

« – Excusez mon frère, dit Mario, cette découverte l'a rendu nerveux. Cependant il existe encore des zones d'ombres dans votre histoire. Le bateau volant s'est-il en allé avant ou après que la fille soit réapparue ?
– Avant. Bon sang un monument qui datait de plusieurs siècles ! Un fleuron de notre patrimoine. Cela va prendre des années pour tout réparer. Et qui va payer pour ça ? Certainement pas vous.
– Je ferai en sorte qu'une équipe de Toads vous soit envoyé le plus rapidement possible pour vous aider. Revenons plutôt au sujet précédent. Votre réponse m'informe que l'on peut retirer la thèse de l'enlèvement. La dernière fois que je suis venu ici vous aviez deux sphinx à votre disposition et en ce moment je n'en compte qu'un seul. Pourquoi vous refusez de nous dire par où elle est partie ?
– Pourquoi je vous ferais confiance ? Cela bousculerait certainement votre position si cette gamine accomplissait la prophétie et vous ne voulez surement pas vous retrouvez sur le banc de touche, n'est-ce pas ?
– Que voulez-vous dire ?
– Ce que je veux dire c'est que, dans ces mondes, même les légendes les plus anciennes ont été réalitées durant un temps. Cette gamine est en train de remettre à jour l'une d'entre elle et cette dernière ne sera pas en votre faveur. Pour ce qu'il est de votre question je m'abstiendrai de répondre, non pas parce que je suis contre vous mais parce que, en tant que gardien, j'ai le devoir d'aider l'héritière du sabre. Sur ceci, je crois que vous n'avez plus rien à faire ici et vous serez gré de prévenir la princesse Daisy avant de retourner au royaume champignon. »

Il posa sa tête de lion sur ses pattes et ne bougea plus. Mario soupira, il ne décrochera pas plus d'informations de sa part mais les phrases de Totomesu l'avait rendu perplexe. Il jeta un coup d'œil vers Luigi qui était de dos en compagnie de Yosushi. Yoshi s'approcha de Mario, il lui caressa le museau en retour. Jusqu'où cette histoire va-t-elle nous emmener, songea-t-il.

« – Luigi, nous rentrons, annonça-t-il finalement. »

Ils montèrent chacun sur leur monture et prirent le chemin du retour.

Le soleil commençait à se coucher lorsqu'ils arrivèrent au château de la princesse Daisy. Les deux princesses les accueillirent et leur proposèrent de raconter leur journée autour d'un bon repas. Mario leur narra tout ce qu'ils avaient pu obtenir tandis que Luigi restait silencieux. Daisy fut très étonnée du comportement de Totomesu et déclara qu'elle aura une discussion avec lui. Au milieu du repas Luigi se leva.

« – Je suis fatigué, annonça-t-il, je vais aller me coucher.
– Je t'accompagne, dit Mario en se levant.
– Merci Mario mais je connais le chemin qui mène à la chambre. »

J'ai surtout besoin d'être seul un moment, pensa-t-il. Mario se rassit et Luigi partit. Une fois dans la chambre il alla vers la fenêtre, sortit la DS de sa poche et la posa sur le rebord. Il l'ouvrit et l'alluma : aucun nouveau message. Si elle était encore en vie et libre, elle m'enverrait un message pour me prévenir. Pourquoi ne le fait-elle pas alors ? Me dire comment va bébé Luigi, où ils sont et où ils ont l'intention d'aller. Luigi émit un long soupir et leva la tête pour regarder les étoiles. Soudain il sentit que quelqu'un l'étreignait et déposait sa tête sur son épaule. Luigi tourna légèrement la tête et aperçu Daisy.

« – Ton frère a pensé que ce serait mieux si c'était moi qui te tenais compagnie, dit-elle d'une voix douce.
– Toujours inquiet à ce que j'entends, répondit Luigi, il ne changera jamais.
– C'est ton frère, c'est normal qu'il se fasse du souci pour toi. Je suppose que c'est à cause de cet objet que tu es parti de table. »

Luigi ferma la console et la mit dans sa poche.

« – J'espère un message qui tarde à venir. Mitsuki possède une autre console qui nous permet de rester en contact mais elle ne semble pas vouloir s'en servir.
– Peut-être qu'elle ne peut pas ; la machine s'est probablement cassée durant le bombardement et qu'elle n'a aucun moyen de t'en informer. Tu devrais te montrer patient et attendre quelques jours. Après tout ce que tu nous as dit à son propos hier, je suis sûr qu'elle n'oubliera pas de t'envoyer un message.
– Je n'avais pas pensé à cette supposition. Merci Daisy, ce que tu me dis me remonte le moral.
– Je suis heureuse de t'entendre le dire, dit-elle en souriant et riant. Dis-moi, don Juan, dois-je considérer cette fille comme une rivale ?
– Daisy, s'exclama Luigi surpris, elle a 14 ans. Comment veux-tu qu'il y ait eu quelque chose entre nous ?
– Ne t'inquiète pas, riait-elle, je connais son âge, je voulais juste t'embêter un peu. Mais c'est vrai que j'aurais utilisé ceci pour te faire avouer. »

Daisy le chatouilla et il rit aux éclats. Il la supplia d'arrêter et c'est ce qu'elle fit. Calmé Luigi bougea pour être en face de Daisy et il l'enlaça. Elle lui déposa un baiser sur la joue et enfoui sa tête dans le torse de Luigi. Ils restèrent ainsi jusqu'à qu'ils se séparent quelques minutes plus tard pour se souhaiter une bonne nuit. Luigi se mit en pyjama et s'allongea dans son lit.

Luigi dormait paisiblement lorsque Mario entra dans la chambre. Il s'est assis sur son lit et regarda son frère quand tout à coup une faible sonnerie retentit : elle provenait du pantalon de Luigi. Curieux Mario sortit l'objet en question. Il l'ouvrit, la sonnerie s'éteignit et vit l'écran allumé indiquant une enveloppe. Il appuya sur un bouton et l'enveloppe laissa place à un message.

Cher Luigi,

Je suis désolée d'avoir tardé pour t'envoyer un message mais la chevauchée à dos de sphinx est plus ardue qu'on ne le pense. L'autre raison est que ma ceinture s'est cassée et que j'ai perdu mon fourreau. Ce qui veut dire que je ne peux pour l'instant pas retirer ma main droite du manche de mon sabre. Si tu peux aller me le récupérer si tu en as l'occasion, ce serait gentil de ta part. Pour l'instant je suis à la frontière et j'ai l'intention de me rendre au manoir des Boos afin de savoir si le vieux Boo peut résoudre mon souci. En ce qui concerne bébé Luigi je dirais que le fait qu'il dévore le moindre morceau de nourriture est un signe de bonne santé. Il dort en ce moment même. D'ailleurs j'ai remarqué qu'il avait une trace de brûlure sur le bras similaire à la tienne, c'est étrange non ? J'ai aussi une mauvaise nouvelle : Bowser détient la pierre du vent ; je l'ai échangée contre la vie de bébé Luigi. Mais je compte la reprendre dès que j'aurais acquis la dernière pierre manquante. En attendant bébé Luigi et moi nous resterons chez le roi Boo pour m'entraîner. Je t'enverrais un message dès que nous sommes arrivés. Reposes-toi et prend soin de ton frère.

Mitsuki

Mario referma la DS et il la replaça à son emplacement originel. Il s'appuya ensuite sur le rebord de la fenêtre. Chacune de ses pensées défilaient dans sa tête et tentaient d'obtenir l'avantage. Il y avait d'abord les paroles énigmatiques du sphinx, la promesse faite à Luigi de lui faire plus confiance, les sentiments qu'il avait à l'égard de cette fille. Au bout de longues minutes de silence et de cogitation, Mario avait décidé. Il jeta un dernier regard sur son frère et sortit de la pièce. Il longea les couloirs pour retourner à la terrasse où il retrouva des Toads qui ne s'étaient pas encore couchés. Mario les aborda.

« – Demain à la première heure je veux que vous constituiez une équipe et que vous informiez chaque habitant du royaume champignon que nous sommes à la recherche d'une fille de taille moyenne, accompagnée par un enfant âgé de trois ans et possédant un sabre. Indiquez-leur une zone de recherche d'une dizaine de kilomètres de diamètre autour du manoir des Boos. Ensuite, je souhaiterais que vous surveilliez Luigi lorsque que je m'absenterai mais il ne devra en aucun cas se douter de quoi que ce soit. Je vous remercie d'avance. »

Chapitre XXXV
La légende du katana aux cinq éléments

Luigi tourna le robinet et laissa l'eau couler sur sa tête. Deux semaines s'étaient écoulées depuis son retour avec Mario dans leur maison à Toadville. De la salle de bain où il était, il entendit Mario crier suivit par un bruit de robinet et de protestations. Mario portait toute son attention vers lui et insistait pour qu'ils soient ensemble le plus de temps possible. Aucune mission ne se passait sans que Luigi n'accompagne son frère. Luigi avait apprécié sa nouvelle vie mais cela lui avait donné à la longue le sentiment d'être constamment surveillé. Cette idée avait germé lorsqu'il avait remarqué qu'il n'avait pas été le premier à lire le message envoyé par Mitsuki, sans doute par Mario, avant qu'il ne consulte sa messagerie. Idée qu'il a tout de suite rejetée pensant que Mario l'avait lu par erreur. Mais au moment où Yosushi et lui voulurent rapporter le fourreau du katana au manoir des Boos, cette pensée lui revint en tête. Ils avaient reçu l'autorisation de la princesse Peach d'aller avertir les Boos des conséquences de leurs actes futurs en lui cachant la véritable raison de cette expédition là-bas. A la seconde où Mario l'a su, il s'obstina à vouloir assister son frère dans cette excursion. Luigi avait cédé à sa demande et ils partirent tous les trois au manoir. Heureusement pour Luigi et Yosushi les Boos firent preuve d'agressivité lorsque Mario les menaça de représailles s'ils offraient de l'aide à Mitsuki. Ils les pourchassèrent en agitant des tableaux vides et ils réussirent à séparer Mario de Luigi et de Yosushi. Cela leurs permit de redonner l'étui du sabre au roi et au vieux Boo qui promirent de le remettre à sa propriétaire à son arrivée. Bien sûr ils furent chassés du manoir par les Boos qui néanmoins s'excusèrent et leurs évitèrent de finir dans le marais contrairement à Mario qui retourna à la maison trempé jusqu'aux os. En plus de cet événement Yosushi l'avait informé qu'un message lui avait été envoyé par maître Yosho lui indiquant que les Toads étaient à la recherche d'une fille avec un sabre. Pourquoi Mario ne l'avait-il pas mis au courant de ce projet, s'est demandé Luigi perplexe. Yosushi est reparti à Yoshiville pensant patrouiller ensuite dans la zone autour du manoir afin d'aider Mitsuki si il la rencontrait. Luigi a fait le choix de l'aider mais d'une autre façon.
Luigi arrêta l'eau de la douche, noua une serviette autour de ses hanches et sortit de la salle de bain. Mario déposa un plat de crêpes et un pot de sirop miel sur la table tandis que Luigi s'habilla de sa salopette. Il s'assit ensuite en face de Mario.

« – Bien dormi, lui demanda Mario buvant une tasse de café.
– On fait aller, répondit Luigi, Mario, j'ai l'intention de me rendre toute la journée au château de la princesse Peach.
– Navré de te décevoir mais un Toad m'a informé ce matin qu'il y a eu du mouvement cette nuit près de la forêt Fousset nous devons tous les deux nous rendre là-bas le plus rapidement possible.
– Tu sais très bien que j'adorerais t'accompagner mais cette prophétie qu'a évoquée Totomesu m'intrigue et j'ai besoin d'en savoir plus. Il a dit aussi qu'elle bouleverserait ta place alors je pense qu'il faut également creuser de ce côté-là. La bibliothèque de Papy Champi pourrait sans doute nous donner des indices à ce propos.
– Entendu, répondit Mario après avoir marqué un long temps de réflexion, cependant je t'emmène.
– Tu sais frérot, tu n'as pas besoin d'être si protecteur envers moi, sourit Luigi, je peux prendre le tuyau qui va au château tout seul, je ne suis plus un enfant.
– J'insiste petit frère. »

La dernière phrase aurait eu sur Luigi le même effet si Mario lui aurait dit « ne discute pas ». Ils finirent de manger et sautèrent dans le tuyau près de chez eux qui menait directement au château de la princesse Peach. Ils se séparèrent dans le hall où Mario lui dit qu'il viendrait le chercher dès qu'il aurait terminé. Une fois son frère disparu dans un autre tuyau, Luigi sentit la pression s'en aller et il poussa un long soupir de soulagement. Enfin un peu de liberté, s'est-il dit. C'était parler trop tôt car avant d'avoir fait le moindre pas, des Toads étaient autour de lui posant de nombreuses questions et certains lui proposant de se divertir avec eux. Il répondit poliment qu'il n'en avait pas le temps et s'enfuit vers la bibliothèque poursuivit par quelques Toads. Il se sentit de nouveau mieux une fois la porte de la bibliothèque fermée derrière lui. De tout le royaume champignon la bibliothèque de Papy Champi était la plus grande. De nombreux rayons d'ouvrages s'étendaient sur une étendue de 500 m², regorgeant de livres à tel point que des piles d'ouvrages étaient disposées de part et d'autre de la pièce, éclairées par de grandes fenêtres aménagées au niveau du toit. De grandes tables, chaises et des fauteuils, organisés en rond dont le centre était une table basse, remplaçaient les étagères au centre de la salle qui ont été détruites auparavant par Mitsuki. La tâche risque d'être ardue, pensa Luigi en regardant les ouvrages à ne plus compter. À peine il mit les deux pieds sur une échelle qu'une voix se fit entendre :

« – Maître Luigi mais quel bon vent vous amène donc ici, demanda-t-elle amicalement. »

La voix provenait d'un fauteuil où un livre ouvert se baissa pour faire apparaître un vieux Toad à moustache munit d'une tasse de thé. Il ferma son manuscrit et déposa la tasse dans une soucoupe sur la table basse et sauta à terre.

« – Puis-je vous être d'une quelconque utilité ?
– Je cherche un manuscrit qui retrace la légende d'un sabre munit de cinq pierres magiques, des pierres en rapport avec les cinq éléments plus précisément.
– Oh oui je la connais parfaitement celle-ci. C'était une de mes histoires favorites lorsque j'étais enfant et elle l'est encore. Mais pourquoi ce soudain intérêt pour les légendes du royaume ?
– C'est à cause de ce qui m'est arrivé dernièrement.
– Ah je comprends. Vous pensez que cette piste serait peut-être un lien avec tout cela. Voilà qui est bien étrange. Veuillez patienter, je vais chercher le livre que vous désirez. »

Papy Champi se dirigea d'un pas sûr vers les étagères du fond où il monta sur une échelle et agrippa un vieux manuscrit entre ses mains. Il l'emmena ensuite vers Luigi et il souffla dessus pour le débarrasser de la poussière qui le recouvrait. Le titre apparut : Mythes et légendes du royaume champignon. Luigi le prit et s'installa à une table.

« – Bonne lecture, déclara Papi Champi. »

Luigi feuilleta à la recherche du chapitre désiré et, une fois trouvé, il commença à lire.

Il fut un temps où le royaume champignon ne ressemblait en aucune manière au monde que nous percevons aujourd'hui. Le havre de paix tel que nous le voyons connut il y a longtemps une époque obscure. Epoque durant laquelle il fut soumis à la domination d'un sorcier maléfique. Il faisait régner la terreur dans tout le royaume par le biais de sa magie retenue sous la forme d'une boule d'agate noire appelée la sphère des ténèbres. Destructions et massacres étaient ses crédos afin de tenir entre ses mains la population en esclavage et écarter toute tentative de résistance. Mais alors que tout espoir semblait perdu, un mage, doté d'une pierre étoilée à la puissance jumelle de celle du sorcier, apparut. Conscient de ne pouvoir rivaliser seul contre le tyran et son armée, il implora le soutient de chacune des espèces sur le territoire. Six répondirent à son appel et acceptèrent de l'épauler dans sa quête. De ses alliés furent les sphinx munis d'intelligence et de sagesse, des Yoshis rapides et généreux, des Lakitus observateurs capables de tenir leurs positions sous n'importe quelle météo, des plantes piranha douées d'une force phénoménale, des Boo à l'aspect solitaire néanmoins d'une grande fidélité et des Toads, certes faibles, mais d'une excellente efficacité dans le soutient médical. Tous partirent à l'assaut de l'ennemi. Tandis que les sbires du sorcier affrontaient à égalité les peuples insurgés dans la plaine, la victoire ne tenait qu'au combat dans lequel les deux magiciens se mesuraient, tous deux utilisant leur cœur pour prélever un maximum de pouvoir que leur artefact contenait. Le mage finit par l'emporter en détruisant son adversaire. La sphère du sorcier devint instable et elle se brisa en cinq fragments qui incrustèrent les cinq branches de l'étoile magique du mage. Le mage ne récupérera jamais entièrement de cette confrontation. Les beaux jours enfin revenus la population choisit à l'unisson d'élire le mage comme nouveau roi du royaume dont le nouveau nom fut royaume champignon. Il prit pour épouse une belle femme aux cheveux d'or avec laquelle il eut une fille quelques années plus tard. Tout au long de son règne il donna son énergie à tous ses citoyens afin de leur assurer une protection contre tout danger qui les menaçait. Il mit en œuvre la création de nombreux artefacts faibles en magie mais performants notamment une diversité de fleurs et de champignons. Des années passèrent dans une harmonie des plus totales jusqu'au jour où le royaume fit face à une invasion de Koopas menés par leur souverain cracheur de feu. Hélas le roi déjà avait disparu, il avait offert à sa jeune fille le trône mais non l'étoile la jugeant encore inexpérimentée pour entreprendre une telle responsabilité. Il avait fait en sorte que le plus sage des Toads devienne son intendant et son conseillé. A la fin de sa vie il fendit la pierre en cinq fragments qui ont pris la forme d'un unique élément chacun. Il les concéda aux cinq autres chefs de clans en guise de remerciements afin qu'ils puissent vivre en paix. La pierre d'eau fut offerte aux Yoshis afin de ne jamais manquer de nourriture en cause des récoltes. Pour les plantes piranha la pierre de terre pour toujours apporter une touche colorée et vivace aux territoires lorsqu'elles le souhaitent. Aux sphinx la pierre de vent pour se rafraîchir le jour et se réchauffer la nuit dans leurs contrées désertiques. La pierre de foudre aux Lakitus pour faciliter le transit des charges électrostatique de leurs nuages. Et aux Boos la pierre du feu afin de leur accorder la chaleur qu'ils méritent. Un artefact, ressemblant à une épée, avait été forgé comme catalyseur de l'énergie des pierres dont l'affectation servirait à la réunification de ces dernières. Les Boos en eurent la garde. Pourtant en âge de les récupérer la jeune princesse invita les possesseurs et leur remit le titre de gardien. « Cette magie n'est pas seulement l'héritage d'un seul mais elle est celui de tous les habitants de ce royaume. » avait-elle dit. « Nul dirigeant n'aura aucun un droit sur celle-ci et de vous ordonner de lui ramener les pierres pour se les approprier. Si cela arrive alors désobéissez. Vous seuls saurez qui est jugé digne de se servir de cette magie contre le mal ». Les gardiens se séparèrent et à mesure que les années défilèrent l'existence des pierres s'évanouissait. Et au moment où le danger se présenta et qu'il fallut se défendre, le monde avait totalement oublié leur présence.

Luigi ferma le livre et retira sa casquette, il avait tout comprit. Les pierres, le plan de Bowser, l'enlèvement de bébé Luigi, tout était lié. Bowser a eu vent de cette légende et s'apprêtait à réunir les pierres pour en extraire les morceaux de sphère de ténèbres à l'intérieur. Les deux magies en sa possession et étant d'anciennes propriétés de deux précédents maîtres du royaume, il a dû penser que cela lui donnait un moyen de devenir roi du royaume champignon en toute légalité et d'épouser la princesse Peach par la même occasion. Ces pierres portent en elles la paix et la destruction. Elles réagissent selon les intentions de son propriétaire : la lumière s'anime avec maître Yosho tandis que ce sont les ténèbres lorsque c'était Kammy Koopa. Elles annonçaient un retour au règne du chaos si Bowser arrivait à ses fins. Et cette phrase « en détruisant son adversaire ». Se pourrait-il que l'on puisse définitivement mourir sans que ce soit une mort naturelle ? Impossible ! Luigi remonta sa manche ; la trace de sa brûlure faite par cette magie sera à jamais visible.

« – Maître Luigi que vous arrive-t-il, dit Papi Champi inquiet, vous êtes pâle et vous tremblez.
– C'est pire, murmura Luigi pour lui, c'est encore pire que ceux à quoi nous avons fait face à présent. Si on ne fait rien contre Bowser, on court droit à notre perte. »

Chapitre XXXVI
Dernière ligne droite

« – Princesse Peach ! »

Papy Champi et Luigi rentrèrent en vacarme dans la salle du trône du château où se trouvait la princesse en compagnie de Mario et de deux Goombas. Luigi trébucha dans la précipitation. Mario se précipita vers lui et il l'aida à se relever.

« – Voyons Papy Champy, Luigi, dit la princesse Peach, que signifie cette attitude ? Calmez-vous ! – Elle se dirigea vers les deux Goombas – Je suis désolée, pouvons-nous remettre le programme de cette exposition à plus tard ?
– Naturellement princesse, fit le Goomba femelle munit d'un casque d'où dépassait sa queue de cheval de couleur blonde.
– Bien maintenant je souhaiterais que vous preniez votre temps et que vous vous expliquiez paisiblement, déclara Peach calmement une fois ses invités partis. »

Papy Champi raconta l'étude de Luigi à propos de la légende du katana aux cinq éléments, ce qu'il avait découvert et comment il en été arrivé à ces conclusions. Ce que Mario et Peach entendirent les firent frissonner de terreur. Mario reprit rapidement son calme. Il demanda :

« – Mais en quoi cela a-t-il un rapport avec l'enlèvement de bébé Mario et de bébé Luigi ? Pourquoi a-t-il fait cela alors que cela n'a aucun lien avec son but principal ?
– Réfléchis un peu Mario, répliqua Luigi, une fois les bébés capturés nous nous serions concentrés sur leur recherche laissant alors le champ libre à Bowser pour sa conquête pour reconstruire la sphère des ténèbres. D'ailleurs même avec un seul morceau, il aurait pu nous anéantir tous les deux sans que l'on ne puisse y aller contre. Si Mitsuki n'avait pas pris la décision d'aller secourir bébé Luigi, je pense que nous serions morts à l'heure qu'il est.
– Heureusement que les ennuis que cause cette fille agissent aussi sur l'ennemi. Inconsciemment elle nous a sauvé la vie. Vu la volonté dont elle a fait preuve je pense que Bébé Luigi ne court aucun danger. Nous devrions arrêter les recherches.
– Oui, c'est la meilleure chose à faire, parla Peach. Même si nos relations n'ont pas été des meilleurs au début, je pense que nous devrons la remercier lorsque nous nous reverrons.
– C'est bien tout cela mais que devons-nous faire, dit Luigi, Bowser possède déjà une des cinq pierres et il risque d'obtenir la dernière si nous n'agissons pas.
– Alors sur ce point, il y a du changement, répondit Mario. Je t'explique. Les Goombas que tu as vu précédemment sont le professeur Goomstein et Goomélie avec qui j'ai participé à une chasse au trésor. Ils s'occupent d'un site archéologique depuis quelques semaines au sud du royaume et ils ont trouvés divers objets. Parmi eux un objet, qu'ils avaient pris pour une roche, est capable de redonner vie à la flore locale. Pour exemple, un sol sec ou pauvre peut être transformé en un sol riche par la simple volonté du détenteur.
– C'est surement la pierre de terre, c'est celle qui nous manque, fit Luigi.
– Oui, déclara Mario, c'est pour cette raison que leur découverte est tenue sous très haute protection et secrète. La nouvelle n'a pas été encore diffusée à la population mais il y a sans doute eu des fuites. Bowser doit le savoir à l'heure qu'il est. C'est pour cette raison que nous avons eu l'idée d'organiser une exposition archéologique au château. Quand Bowser apprendra cela son armée viendra pour la voler. Au moment où cela se produira, nous devrons protéger notre pierre et récupérer celle qu'ils possèdent. Bien sûr nous n'y arriverons pas sans de l'aide. Etant donné les circonstances, je suppose qu'elle sera également présente à ce rassemblement.
– Bien sûr, révéla Luigi, je lui enverrai un message lorsque la date de l'exposition sera fixée.
– Parfait et bien mettons tout ceci en marche. Je vous laisse le soin de vous occuper de tout cela chère princesse Peach et d'organiser tout cela avec Goomélie et le professeur Goomstein.
– Mario, Luigi, soyez prudent, lui répondit Peach. »

Mario lui embrassa la main et partit avec Luigi. Une fois dehors Luigi prit la parole :

« – Je me pose une question : quel moyen avez-vous employés pour protéger la pierre de l'ennemi ?
– Le plus sûr, répondit Mario, tiens regarde. »

Il mit la main dans la poche et en sortit une pierre de couleur émeraude du même format que les autres. Il la remit rapidement dans sa poche.

« – Après le récit que Papi Champi viens de nous faire, dit Mario, sache que je ne compte pas m'en servir. Je ne l'utiliserais qu'en cas de dernier recours. Mmh, Luigi ? »

Luigi s'était arrêté de marcher et regardait ses chaussures.

« – Que va-t-il nous arriver ? Nous n'avons jamais eu à subir ce genre de phénomènes.
– Je ne sais pas Luigi, déclara Mario, mais ce dont je suis sûr c'est qu'il ne faut pas perdre espoir. Et puis je suis là et Mitsuki sera là aussi, il n'y a aucune raison de s'affoler pour le moment.
– Je sais mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir des doutes.
– Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer comme d'habitude. Tu m'as fait promettre d'avoir plus confiance en toi et bien... »

Mario mit sa main dans sa poche, saisit la main de son frère et y déposa la pierre. Avant que Luigi ne prononce un mot Mario continua.

« – Bowser va surement participer à cette opération avec ses sbires. Alors, pendant que je le tiendrai à l'écart, prends la pierre sur sa stèle et part à la recherche de Mitsuki et de Yosushi. Une fois ensemble, je veux que vous alliez récupérer la dernière qui se trouve entre les mains d'un des sbires les plus puissants de Bowser. J'aimerais aussi que tu t'occupes de bébé Mario, je me sentirais plus à l'aise si je sais qu'il est avec toi. Ne te fais aucun souci, tout va bien se passer. »

Il déposa sa main sur l'épaule de son frère. Luigi acquiesça et lui sourit.

Le jour fatidique arriva. Luigi émergea d'un sommeil qui lui a semblé n'avoir duré que quelques minutes. Il avait été trop anxieux pour dormir. Le stress continua de le talonner durant le petit déjeuner mais il se força à avaler quelque chose. Ils avaient du temps devant eux car l'exposition n'avait lieux que l'après-midi mais ils souhaitaient arriver au château le plus tôt possible. Le temps était chaud et ensoleillé. L'exposition pouvait être un franc succès si elle ne devait pas être gâchée par une attaque. L'intérieur du château avait été décoré pour l'occasion. La princesse avait un don pour l'organisation d’événements : elle avait réussi à transformer sa demeure en un magnifique musée. Les objets antiques et les artefacts étaient déjà en place sur différentes stèles dans de nombreuses pièces reliées entre elles. Tandis que Mario parla des derniers dispositifs avec la princesse Peach, Luigi observa les objets. Soudain il entendit une voix familière.

« – Luigi, appela-t-elle. »

Il reconnut la voix de Yosushi qui accourut tout souriant, le bras droit levé faisant des signes.

« – Quelle joie de te revoir. Je vois que tu as repris des couleurs.
– Yosushi, sourit Luigi, tu as pu revoir Mitsuki ?
– Oui et je suis resté avec elle et bébé Luigi au manoir. Si tu la voyais maintenant, elle devenu super forte.
– Elle est ici ?
– Peut-être, répondit Yosushi en lui faisant un clin d'œil, elle n'est pas loin en tout cas. »

Ils aidèrent tous les deux aux derniers préparatifs pour l'exposition. Au moment où ils finirent le travail, les visiteurs affluèrent vers le château et Luigi déposa lui-même la pierre à son emplacement où il l'enferma dans une coupole de verre. Mario entra dans la pièce en compagnie de bébé Mario dans ses bras. Ils se regardèrent longuement dans les yeux cherchant ce dont ils avaient chacun besoin. Puis Mario remit finalement bébé Mario entre les mains de son petit frère.

« – Fait attention à toi Luigi, dit Mario.
– Toi aussi frérot, répondit Luigi. »

Mario sortit tandis que Yosushi, Luigi et bébé Mario allèrent s'installer sur un banc en face de la stèle afin d'avoir un œil sur cette dernière. Sur les genoux de Luigi, Bébé Mario mangeait l'un des cookies qu'il avait dissimulé plus tôt sous sa casquette. Il s'apprêtait à manger le second mais il s'interrompit et il l'offrit à Luigi. Luigi refusa et lui dit de le garder pour Bébé Luigi. Bébé Mario lui lança un regard mélancolique en retour. Luigi lui tapota la tête en lui disant que son petit frère sera bientôt là. Bébé Mario lui sourit et déposa son cookie dans son chapeau. Alors que les visiteurs heureux regardaient le moindre objet antique présent à l'exposition, un bruit d'explosion se fit entendre à l'entrée du château.

« – Ça commence, déclara Yosushi. »

Chapitre XXXVII
Challenge accepté !

L'explosion déclencha instinctivement un déclic chez Luigi ; il débarrassa la pierre de terre de sa coupole en verre et il la mit dans sa poche. Avec bébé Mario sur son dos, lui et Yosushsi partirent à la recherche de Mitsuki. Hélas difficile de voir dans la cohue de visiteurs agités se bousculant pour sortir au plus vite de cet endroit. Ballottés de tous les côtés Luigi et Yosushi tentèrent de se frayer un chemin avec bébé Mario qui s'accrochait maintenant aux cheveux de Luigi. Arrivant enfin dans la salle voisine, Luigi aperçu Mitsuki de dos, accompagnée de bébé Luigi agrippé à ses épaules, courant vers une autre pièce à l'étage supérieur. Luigi tenta de l'appeler mais, avant d'avoir pu prononcer le moindre son, sa jambe rentra en collision avec un Toad ce qui lui fit perdre l'équilibre et il tomba sur le sol. Yosushi attrapa rapidement bébé Mario avec sa langue lui évitant ainsi de se faire écraser de justesse. Luigi, quant à lui, se fit piétiner par des Toads affolés mais heureusement pour lui il ne restait que peu de visiteurs au moment où il s'effondra sur le sol. Il se releva, le derrière de la salopette tout tâché, pour voir une pièce entièrement déserte hormis la présence de Yosushi et de bébé Mario. C'est avec à peine le temps de reprendre ses esprits que Luigi se rendit compte que quelque chose n'allait pas. La pièce s'animait : les formes, auparavant droites, ondulaient et le sol se retrouva vite instable. Cette vision le rendit malade et il fut rapidement pris de vertiges. Il s'assit sur le sol remarquant alors qu'elle produisait le même effet sur ses compagnons. Il s'allongea, nauséeux, fermant les yeux et attendit que la sensation disparaisse. Elle s'estompa quelques minutes plus tard mais Luigi se retrouva de nouveau déstabilisé en ouvrant les yeux. La pièce avait complètement changée. Les pierres claires qui composaient jadis les murs du château avaient été remplacées par des pierres d'un gris sombre. Les chambranles en bois des fenêtres à vitres quadri formes avaient laissés la place à des chambranles de fer aux fenêtres à verres losangés. La seule source de lumière venait de torches accrochées à des murs qui s'étaient rapprochés. La voie vers l'étage supérieur s'était d'ailleurs totalement volatilisée. Luigi toucha de sa main le sol de terre glacée. C'était à peine croyable mais tout le décor était réel.

« – Luigi, où sommes-nous, demanda Yosushi.
– Je ne sais pas, répondit Luigi, on dirait une copie de l'architecture du château de Bowser. Dans tous les cas il ne faut pas rester ici. »

Luigi prit bébé Mario qui tendait ses petits bras vers lui quand soudain un rugissement sortit de nulle part se fit entendre. Ils scrutèrent les environs pour voir d'où il venait mais ils ne pouvaient savoir d'où cela provenait. Luigi l'identifia comme celui de Bowser l'ayant entendu de nombreuses fois. Un rire se suivit dans les airs.

« – Bouahahaha, grogna Bowser, tout au long de ma quête de domination du royaume champignon, vous n'avez fait que me gêner, mais maintenant c'est terminé ! Cependant je vous laisse une dernière chance de pouvoir me défier alors je vous ordonne de m'écouter attentivement ! Mario et la moustache verte !
– C'est Luigi, murmura Luigi en maugréant. »

Soudain des cris de femmes se firent entendre à la place de la voix du lézard géant. Luigi reconnut ceux de Peach et de Daisy. Le rire de Bowser les remplaça aussitôt après. Puis il continua :

« – Le jeu sera simple pour vous, vous devrez récupérer vos princesses avant qu'il ne leur arrive malencontreusement malheur. Mes sbires seront bien sûr là pour vous accueillir sur votre chemin y compris ceux qui les tiennent en otages. Bien entendu j'ai compliqué la tâche en ordonnant à Kamek et Kammy Koopa de changer les plans du château pour en faire un vrai labyrinthe comme vous l'avez déjà remarqué. Il vous sera donc très difficile de vous retrouver et de vous entraider. Quant à toi sale fillette au sabre, si tu veux te battre contre moi tu devras combattre les personnes qui possèdent l'unique moyen qui te permettra d'égaler mon pouvoir destructeur. Tu sais exactement de quoi je veux parler. Une petite précision pour terminer ; un seul de vous trois devra se montrer devant moi après avoir mis les deux autres hors d'état de combattre. Parfait, alors SHOW TIME ! »

La voix de Bowser se tut dans les airs. Luigi tremblait de la tête aux pieds, pas de terreur comme Yosushi le pensait mais de colère. Il serra ses poings et se précipita vers la sortie en courant. Yosushi peinait à le suivre car Luigi courait comme si un horrible monstre était à ses trousses. Bébé Mario, maintenant sur les épaules de Luigi, se maintenait comme il pouvait. L'environnement se modifia au bout de quelques pièces traversées faisant place à de maigres plates-formes sous lesquelles s'étendait un tapis de magma crachant par intervalle des boules de feu et des geysers incandescents. Les ennemis arrivèrent par le côté opposé prêts à en découdre. Le koopa le plus proche sauta sur la plate-forme là où les héros se trouvaient, rentra dans sa carapace et chargea. Luigi sauta, retomba dessus, la porta et la lança en direction des Goombas ailés et des Paratroopas. Elle frappa plusieurs d'entre eux qui disparurent. Au même instant Yosushi tira sa langue pour attraper une boule de feu qui s'élevait devant lui puis il l'a recracha sur des Goombas et des Maskass qui s'évaporèrent sur le coup. Luigi sauta de plateaux en plateaux en prenant soin d'écraser tous les ennemis qui s'y trouvaient. Un frère marteau arriva à sa rencontre en lui lançant des marteaux. Luigi en rattrapa un et frappa le Koopa casqué en pratiquant un mouvement d'uppercut. Le frère marteau s'envola dans le ciel et s'évapora. Alors qu'il allait sauter sur la dernière qui lui permettrait d'accéder à la zone suivante, Luigi reçut un violent coup dans le dos qui le projeta dans l'autre salle. Yosushi s'était collé à un des bords de l'entrée de la salle et s'était propulser vers Luigi qui s'apprêtait à être écrabouiller par un Thowmp. Ce dernier provoqua un énorme fracas lorsqu'il rentra en contact avec le sol fermant alors l'accès à la salle. Yosushi aida Luigi à se relever puis il observa la pièce : ils étaient arrivés à un carrefour.

« – Fais un peu plus attention, dit Yosushi à un Luigi qui s'était calmé, tu as failli ressembler à une crêpe.
– Excuse-moi, répondit Luigi, j'étais concentré sur autre chose. »

Yosushi se dirigea vers l'entrée à gauche, il renifla puis il fit de même avec celle du centre et à droite. Ensuite il revint près de Luigi.

« – J'ai senti l'odeur d'un parfum à la première entrée mais c'est très faible. On aurait dit celui de ta princesse. Mais à droite l'odeur est celle d'un feu qui a été éteint et celle de l'humidité. C'est surement la magie de Mitsuki qui est en œuvre. Que faisons-nous ?
– Mario m'a demandé de remettre la pierre à Mitsuki mais cette histoire peut attendre. D'ailleurs Mitsuki peut se débrouiller toute seule. Allons porter secours à Daisy.
– Let's go, fit bébé Mario. »

Ils partirent donc au sauvetage de la princesse par le dédale de couloirs qui les obligea à s'arrêter à chaque intersection afin de s'orienter jusqu'à ce qu'enfin ils parviennent à un long couloir. Luigi cria le nom de Daisy. Son appel fut récompensé par une réponse venant directement du bout du corridor. Cela encouragea Luigi qui allongea le pas. Mais tardivement il se rendit compte que le chemin s'arrêtait lorsque le couloir arrivait à son terme. Il freina brusquement et s'arrêta au moment où ses chaussures entrèrent en contact avec le bord qui se finissait par un puits. La force du freinage le poussa en avant et il tenta de ne pas perdre l'équilibre en faisant des ronds avec ses bras. Heureusement pour lui bébé Mario et Yosushi l'aidèrent ; bébé Mario descendit de son dos et agrippa un pan de son pantalon et Yosushi le retint avec sa langue. Cela eut pour effet de le renverser en arrière. Luigi poussa un soupir de soulagement. C'est la deuxième fois quand même Luigi, se dit-il à lui-même.

« – Luigi, appela une voix douce au fond du puits.
– Daisy, répondit Luigi. »

À quatre pattes Luigi remarqua qu'une chaîne fixée au plafond descendait vers le bas pour se terminer par une grande cage à oiseaux où il pouvait voir Daisy lui faire des signes.

« – Ne t'inquiète pas Daisy, déclara Luigi, j'arrive, ne bouge pas.
– Où voudrais-tu que j'aille, rétorqua Daisy d'un ton moqueur. »

Selon l'observation faite par Luigi, le puits faisait environs quinze mètres de profondeur. Il pouvait descendre par des accroches de racines et de trous faits au mur avec l'âge mais cela ne semblait pas sûr. Mieux vaut ne pas prendre de risques, pensa-t-il. Luigi prit de l'élan et pratiqua un saut en longueur. Il empoigna fermement la chaîne et il descendit suivit de près par Yosushi avec bébé Mario sur son dos. Enfin sur le haut de la cage, Luigi s'apprêta à ouvrir la porte de la cellule quand soudain une silhouette volante emporta avec lui une des bretelles de sa salopette.

« – Oh non pas tout de suite, prononça-t-elle en plongeant. »

Luigi reconnu de suite Kamek qui, tout en pratiquant une courbe, le lâcha à un mètre du sol. Luigi roula sur lui-même et atterrit sur un tas qui se révélait être composé d'os. Luigi s'en extirpa rapidement, s'éloignant d'autant de mètres qu'il pouvait. Il commençait réellement à avoir peur. Kamek, sur son balai, se mit en face de lui.

« – Si tu veux recevoir ton prix, il va falloir d'abord jouer, ricana le Magikoopa. »

Kamek remonta et, de sa baguette, il répandit de la poudre multicolore sur le tas d'os. Il s'éleva et sorti de la pièce en riant. Les ossements se mussent et s'assemblèrent pour redonner vie à la dépouille. Le squelette animé grogna et cracha du feu de couleur bleu. Luigi tremblait et poussa un cri de terreur. C'était Bowser Skelet.
Le lézard géant s'avança et lui lança un os. Luigi plongea sur le côté et l'évita de justesse. Ne le laissant pas réagir de nouveau, Bowser Skelet envoya son poing vers Luigi qui le reçu de plein fouet. Sa victime fut projetée en direction du mur qui se fissura sur le coup. Allongé sur le sol Luigi se retourna sur le dos. Sa vue était trouble mais il pouvait encore apercevoir la robe couleur orangé de Daisy à cheval sur Yosushi qui grimpait vers la sortie. Cette image l'extirpa de sa confusion et lui redonna le courage dont il avait besoin. Il roula sur le côté se sauvant du pied de Bowser Skelet qui avait tenté de l'écrabouiller. Luigi courra en rond autour de son ennemi afin d'obtenir une chance de lui sauter dessus. L'occasion se présenta ; il escalada la carapace aux pics qu'elle possédait et il pratiqua une charge au sol sur sa tête. Bowser Skelet rugit, tapa ses pieds sur le sol et secoua sa tête dans tous les sens pour faire tomber Luigi qui s'accrochait à ses cornes. Finalement Luigi lâcha prise et il atterrit de nouveau brutalement sur le sol. Le roi Koopa sauta de rage : le terrain craquela sous son poids et de la fumée bouillante sortit des fissures. Le squelette regardait maintenant Luigi avec des yeux de braises, il inspira profondément. Luigi se recroquevilla pour se protéger et le boss souffla une flamme bleue. Cependant Luigi ne sentit pas l'attaque le toucher comme il l'avait imaginé. Pourtant il ressentait la chaleur qu'elle produisait. Il ouvrit les yeux pour voir qu'un bloc de terre, apparut miraculeusement, avait bloqué le feu. Un faible tintement se fit entendre dans sa main, il la desserra : la pierre de terre s'y trouvait. Bowser Skelet se déplaça afin de réitérer son action mais avant qu'il ne puisse faire le moindre geste la cage à oiseau lui tomba sur la tête. Luigi leva les yeux et il vit Yosushi pendu par la main au dernier anneau de la chaîne. Le sol abdiqua définitivement sous la force de l'impact faisant plonger le monstre dans un bain de lave ardente. Luigi leva inconsciemment la main détenant la pierre ce qui eut pour effet d'animer les racines qui s'extirpèrent de la roche pour lui faire un chemin jusqu'au sommet. Bowser Skelet, dans un dernier effort, leva sa patte pour détruire les racines et emporter Luigi avec lui. Luigi sauta au moment où elle s'abattit tandis qu'au même instant Yosushi tira sa langue pour attraper Luigi. Elle s'enroula autour de son buste et le squelette s'enfonça dans le magma. Tenant fermement la pierre dans sa main Luigi laissa éclater sa joie.

« – Oui je l'ai fait, s'écria-t-il triomphant. »

La langue encore pendante, Yosushi remonta plus haut sur la chaîne afin que Luigi puisse s'agripper aux anneaux. Ils prirent alors le chemin de la sortie où ils retrouvèrent bébé Mario et Daisy qui avaient assistés à la scène depuis en haut. Une fois au sommet Daisy se jeta dans les bras de Luigi et l'embrassa tandis que bébé Mario sautait de bonheur.

« – Luigi tu as réussi, s'exclama-t-elle heureuse, si Mario avait pu voir cela, il aurait été très fier de toi.
– Luigi numéro un, cria joyeusement bébé Mario. »

Luigi rougit et sourit sous l'effet de ces déclarations. Il regarda l'état dans lequel était Daisy : sa robe et son visage comportait des traces de lutte.

« – Tu n'es pas blessé j'espère, lui demanda Luigi.
– Non ça va, répondit Daisy, je me suis juste un peu foulé la cheville en tombant pour échapper à mes ravisseurs mais ne t'inquiète pas, je peux marcher.
– Ne racontes pas de bêtises, prononça-t-il, laisse-moi te porter. »

Luigi la prit dans ses bras. Daisy voulut protester mais elle réfréna aussitôt cette envie. Après tout, ce n'était pas tous les jours que Luigi sauvait une princesse sans son frère.

Chapitre XXXVIII
Mitsuki / bébé Luigi vs Koopalings

« - Voici donc ton plan Bowser, murmurais-je alors que le discours du roi Koopa s'évanouissait dans l'atmosphère. »

Bébé Luigi, qui s'était installé dans la capuche de ma veste, ne semblait guère être rassuré par ce nouvel environnement. Il resserra son étreinte autour de mon cou mais étonnamment il ne tremblait pas. Il observait avec la plus grande attention la pièce sombre dans laquelle nous étions. J'étais très fière des progrès qu'il avait accomplis depuis notre premier jour au manoir des Boos. Lui qui refusait au début de me lâcher ne serait-ce qu'une seule seconde jouait avec les fantômes, en particulier avec l'Ectochien, à la fin de notre séjour. Je lui caressais la tête, il se détendit un peu.

« - On ne va pas le laisser faire ce qui lui chante, disais-je. Allons d'abord récupérer la pierre qui se trouve entre les mains de ses sbires. Ensuite nous partirons à la recherche de Luigi. Tu es d'accord bébé Luigi ?
- Oki Doki, répondit bébé Luigi. »

La pièce était de forme quadrilatérale et possédait plusieurs sorties possibles. Je sortis mon katana et invoquais ma boussole qui apparut sous forme de flèche qui m'indiqua le chemin à prendre. Je m'y rendis tranquillement. De la roche noire composant les murs jusqu'au vent chaud circulant dans l'air, tout le milieu dans lequel nous avions atterris m'était totalement inconnu. Je marchais avec prudence mais il m'a semblé que l'ennemi n'avait pas posé de pièges. Curieux mais révélateur lorsque je vis le grand effectif de sbires qui nous attendait dans la salle voisine. Ils chargèrent dans notre direction, prêts à en découdre. Je sortis mon sabre. Murmurant la formule, le sabre se recouvrit d'un feu ardent. Puis j'exécutais un arc de cercle qui partit vers les ennemis qui disparurent au contact de la courbe enflammée. Je réitérais mon geste plusieurs fois jusqu'à ce que leur nombre ait diminué de moitié. Les sbires volants piquèrent dans ma direction. Les flammes léchant le katana laissèrent place à une boule lumineuse au niveau de la pointe. D'un coup de lame la sphère blanche fut projetée dans la masse où elle explosa en une multitude d'éclairs. Une ombre apparut au-dessus de nous ; un Thwomp chutait. Je l'évitais facilement et je me précipitais vers la sortie le grillage brulant sous mes pieds. C'est dommage, pensais-je en annihilant toute attaque venant des sbires, si j'avais eu la pierre de terre, j'aurais pu contrôler la lave. Suivant ma boussole je marchais dans un dédale de couloirs sombres quand tout d'un coup, à un carrefour, je fus percutée par une silhouette. Elle tomba à la renverse, tout comme moi, sous l'effet du choc. Je me relevais vite pour attaquer mais bébé Luigi reconnut notre assaillant.

« - Mario, cria-t-il joyeux. »

Mario se releva et frotta sa salopette pour retirer la saleté. Bébé Luigi descendit de mon dos et alla vers lui en souriant. Mario le prit et il le fit sauter plusieurs fois dans ses bras. Bébé Luigi y répondit par un rire.

« - Moi aussi je suis heureux de te revoir bébé Luigi, dit Mario, -il dirigea son regard vers moi- je te remercie d'avoir ramené bébé Luigi. J'avais quelques doutes te concernant au début mais ils ont quasiment disparus à présent. Je t'ai sous-estimée, tu es plus forte que tu en as l'air.
- Je vous l'avais pourtant dit que j'irais le sauver, répondis-je, tiens en parlant de sauver, n'aurais-tu pas une princesse en détresse ?
- Oh oui Peach ! Je m'en occupe tout de suite. Merci. Tu peux partir tranquille. Je prends bébé Luigi avec moi. Je m'occupe de tout maintenant. »

Dès que bébé Luigi entendit ses paroles, il se débattit dans les bras de Mario qui le lâcha par inadvertance. Il se rendit ensuite derrière moi où il grimpa à mes jambes afin d'aller s'installer dans ma capuche. Il sera fort mon cou.

« - Je ne crois pas qu'il soit du même avis que toi, fis-je. »

Je vis instantanément un sentiment de méfiance scintiller dans le regard de Mario. Il le masqua rapidement afin que je ne puisse pas le remarquer mais il était déjà trop tard.

« - Et bien soit, annonça Mario, faisons ainsi. De toute manière il ne craint rien avec toi. Nous nous reverrons surement plus tard. »

J'étais prête à suivre ma flèche afin de continuer mon objectif quand soudain Mario m'interpella tout en mettant sa main sur mon épaule. Je me tournais pour lui faire face. Sa lueur de soupçon était revenue.

« - Je veux juste être certain, dit-il, est-ce que tu as l'intention de t'en prendre à mon frère ?
- Q-Quoi, articulais-je.
- Tu as entendu le discours de Bowser. Il a dit « après avoir mis les deux autres hors d'état de combattre ». Alors je répète ma question : est-ce que tu vas t'en prendre à mon frère ?
- Jamais je ne ferais une chose pareille. Luigi est mon ami.
- Je veux juste mettre les points sur les « i ». Je tiens à Luigi plus que tout au monde alors si jamais tu poses, ne serait-ce qu'un seul doigt sur lui, je peux t'assurer que tu le regretteras amèrement.
- Si j'avais eu l'intention de suivre ses instructions, nous ne serions pas en train de discuter en ce moment. Donc arrêtes de me menacer ! »

Je le regardais avec, dans les yeux, un puissant regard de colère qui aurait pu envoyer des éclairs. Il retira sa main de mon épaule et il recula effaré. Je baissais les yeux et soupirais. Je me suis encore laissée emporté, j'ai encore du chemin à parcourir. Je le regardais à nouveau.

« - Écoute, disais-je, je sais que nous avons eu des différents dans le passé toi et moi. Alors une fois cette histoire terminée j'aimerais que nous renouions le contact. Es-tu d'accord ?
- Hum, répondit Mario, nous verrons cela plus tard. »

J'ai souri et je me suis retournée repartant dans la direction indiquée par ma boussole.
J'avançais dans ce couloir depuis quelques minutes lorsque j’aperçus au fond de ce dernier ce que je désirais. Le mini-Bowser à bavette était juste là devant mes yeux. Il riait et lançait à intervalle régulier la pierre de vent dans sa main. De suite je le pris en chasse. Il tourna à gauche à une intersection, je le suivis de près. Le chemin finissait sa route par une étroite salle dépourvue de sol mais munie de plates-formes. On pouvait aussi remarquer que ces dernières montaient et descendaient à la manière d'un paternoster. Il sauta sur une qui prenait de l'ascension. Je fis de même et pris la suivante. À mesure que cette espèce d'ascenseur avançait vers le sommet, je sentais que la température baissait petit à petit. La luminosité des torches qui illuminait l'espace changea pour laisser place à un éclairage plus naturel. Comme celui venant d'une pleine lune. Et c'était le cas. Nous sommes arrivés à une sorte d'immense terrasse mais elle ressemblait plus une rampe de lancement qu'à un espace de détente. D'ailleurs elle comportait de petites répliques du bateau volant que j'avais croisé à Sarasaland. Le rire de Bowser Jr me vint à nouveau aux oreilles, il se trouvait en face de moi. Mais il n'était plus tout seul : sept autres mini-copies de Bowser, toutes différentes les unes des autres s'étaient joints à lui. Le premier ou la première était une fille avec un nœud papillon rose sur la tête, le second le plus grand portait des lunettes et sa coupe me faisait étrangement penser aux feuilles d'un poireau. Le troisième avait aussi des lunettes mais elles étaient roses. Le quatrième était de couleur grise. Le plus petit se trouvait en équilibre sur un ballon de plage tandis que les deux derniers se distinguaient par la coiffure de leur chevelure bleue. Ils se regroupèrent et se mirent en rond se chuchotant et se murmurant surement le plan qu'ils me prévoyaient. Tout à coup ils se séparèrent en deux groupes dont chacun allait dans la direction d'un navire volant. Ils les mirent en marche et s'envolèrent dans le ciel. Du pont de son bateau Bowser Jr cria :

« - Si tu veux la récupérer, il va falloir nous attraper. »

Dès lors les canons tirèrent des Bill Ball dans notre direction. Je me précipitais alors vers l'un des bateaux volants qui restaient et montais à bord. Le tableau de bord, qui se trouvait à l'avant du navire, était composé de divers leviers et de boutons dont je ne comprenais pas la signification ainsi qu'une barre.

« - Comment suis-je supposée piloter cet engin-là, me demandais-je totalement perdue.
- Là, là, indiqua finalement bébé Luigi en montrant du doigt. »

Bébé Luigi grimpa sur mon épaule et sauta sur un levier qui se baissa sous l'effet de son poids. Les hélices du navire se mirent alors en marche. Il décolla, maladroitement et par chance, avant que les dalles du sol, sur lequel il était, ne se fissurent à cause d'un Bill Ball. Je tournais rapidement la barre vers la droite pour m'éloigner de la bâtisse dont la structure correspondait à celle d'un château. Le bateau pencha dangereusement sur le côté, je refis la manipulation inverse mais plus doucement. La conduite était simple mais elle était si douillette. La proue des deux autres bateaux volants se tenait en face de nous. Leurs canons tirèrent à nouveau des Bil Ball. Dès lors bébé Luigi posa sa main sur un bouton. Nos canons firent de même. Les missiles rentrèrent en collision provoquant un dégagement d'énergie. Cela opéra à la proue un effet similaire à une grand vague sur un vaisseau navigant sur l'eau. Tenant le gouvernail d'une seule main, je rattrapais de l'autre bébé Luigi tombant du tableau de bord. Je ne peux pas récupérer la pierre dans ses conditions. Si je les touche, je risque vraiment de perdre la pierre. Tout d'un coup une idée me vint en tête. J'asseyais bébé Luigi sur le tableau, je pris délicatement sa main et mis sur le gouvernail. De suite il comprit et il l'agrippa avec force. Je me dirigeais alors vers l'arrière où j'avais aperçu auparavant des caisses. Je fis rapidement glisser plusieurs d'entre elles vers les commandes et assez pour pouvoir à un individu de la taille d'un Toad de piloter le bateau. Les deux navires arrivaient vers nous. Avec les caisses bien agencées, bébé Luigi pouvait à présent conduire le bateau. Il vira de bord de sorte à ce que la bordé du navire soit en face de l'avant d'un des bateaux ennemis. Puis il appuya sur un autre bouton qui fit accélérer la vitesse des hélices et des mâts. Ce qui fit que nous nous sommes retrouvés à quelques mètres plus haut qu'eux dans les airs. Profitant que l'un d'eux passait en-dessous du nôtre, je descendis avec l'ancre et m'en suis servi comme une liane pour partir à l'abordage. Sautant sur le pont j'évitais de peu un anneau de lumière jaune lancé par la femelle Koopa. Ce dernier finit sa course dans un des mâts principaux qui se fendit en deux lors de l'impact. Elle voulut recommencer son geste mais je fus plus rapide. J'empoignais fortement son bracelet sur lequel elle s'agrippait et, d'un demi-tour sur moi-même, je l'ai lâché sur le Koopa au poireau qui s'avançait vers nous. Elle le percuta, je profitais alors de cette occasion pour leur lancer une boule de feu. Ils tombèrent inconscients sur le sol. Soudain je vis une ombre apparaître au-dessus de moi. J'ai sauté sur le côté avant que le Koopa gris muni d'un marteau me touche. Le parquet du pont se fissura sur le coup. Très vite je reculais assez loin de lui afin d'avoir le temps de charger mon attaque. Prononçant la formule la lame de mon sabre se gorgea en eau jusqu'à arriver à saturation. Je retournais mon épée de sorte à ce que le dos de la lame soit face au sol. Il poussa un cri, leva son marteau en ma direction et chargea. À la seconde où son arme s'abaissa, l'eau se concentra sur le dos de la lame et partit en direction du parquet avec la puissance et la vitesse d'un geyser. Le marteau entra en contact avec le katana mais à l'inverse de celui-ci l'épée continua sa route comme si la matière dont il était composé n'était que du beurre. Ne lui donnant même pas le temps de réagir je lui ai donné un violent coup de poignée de sabre dans le ventre puis pour terminer sur la tête. Il s'affaissa de tout son poids. Je profitais alors pour le fouiller ainsi que ses deux camarades : pas de pierre évidemment. Restait à savoir si le conducteur de ce bateau l'avait sinon il fallait passer à l'autre. Je montais les escaliers qui menaient au tableau de bord où le conducteur, et dernier passager, devenait nerveux. Le Koopa rose appuya sur un bouton et se retourna pour me faire face. Il voulut tendre la main vers son canon mais je l'en ai dissuadé en pointant mon sabre vers sa gorge.

« - Qui a la pierre de vent, demandais-je.
- Tu crois vraiment que je vais te le dire, répondit-il d'une manière arrogante.
- Dans ce cas tu peux dire adieu à tes lunettes, disais-je en déplaçant ma lame vers son visage, une boule de feu à la pointe.
- Ok du calme, paniqua-t-il, c'est Junior qui l'a. Mais il l'a peut-être laissé à Ludwig, Larry ou Lemmy.
- Merci pour ta collaboration. J'espère que vous quatre avez quelques aptitudes en vol. »

Il ne comprit pas le sens de ma phrase mais il le découvrit vite quand il vit que j'avais déplacé mon sabre pour envoyer ma boule de feu dans le tableau de bord. Le tableau émit des étincelles et explosa. Les hélices s'arrêtèrent de tourner. Je courus pour m'accrocher juste à temps à l'ancre du bateau de bébé Luigi qui était revenu me chercher avant que l'autre plonge dans le vide. Il se fracassa quelques mètres plus bas.

« - Amène moi vers l'autre bateau bébé Luigi, m'écriais-je assez fort pour qu'il puisse l'entendre. »

À peine le bateau vira de bord qu'une bourrasque percuta violemment la coque qui faillit chavirer sous l'effet. Je m'agrippais tellement à la chaine pour ne pas tomber dans le vide que mes phalanges virèrent au blanc. J'ai regardé vers le navire ennemi et j'ai jugé. Des tornades étaient apparues autour du vaisseau. Elles dansaient gracieusement autour de lui le protégeant donc de toute approche ennemie. Le sale petit morveux il a osé, maugréais-je. Vite fait je remontais à bord afin de mieux analyser la situation. Je me mis derrière bébé Luigi qui me lançait un regard interrogateur. À mesure que nous avancions vers eux, ils reculèrent afin de laisser une distance de sécurité ce qui, à mesure, nous faisait tourner en rond autour du château. On n'avance pas dans cette bataille, il faut faire quelque chose. Je me dirigeais alors vers une des caisses. J'enfonçais la lame dans l'ouverture entre le couvercle et la boite, puis je fis contrepoids. Le couvercle s'ouvrit découvrant divers objets. Je les avais déjà vu mais je n'ai jamais eu le droit d'y toucher parce que cela m'était totalement interdit de m'approcher des champs de course. Je sortis de la boite une carapace bleue à pics et aux ailes blanches. Je me rappelais avoir vu de loin un kart se faire toucher et passer la ligne d'arrivée sans avoir subi de dégâts. Je l'ai montré à bébé Luigi lui demandant si ça marcherait, bébé Luigi haussa les épaules comme réponse. Je grimpais sur la proue du navire et attendis que le virage se termine pour que l'objet parte en ligne droite. Je l'ai jeté de toutes mes forces, la carapace déploya ses ailes et partit telle une fusée vers sa cible. Elle s'arrêta au-dessus et s'écrasa sur le pont en explosant. Les tornades disparurent. De suite j'ordonnais à bébé Luigi de mettre les gaz et nous chargeâmes vers eux. Ils étaient encore confus lorsque que j'ai à nouveau sauté sur le pont mais cette fois-ci la situation m'était profitable. Je montais vers le tableau de bord et touchais un bouton similaire à celui sur lequel avait appuyé précédemment le Koopa rose. Le bateau volant se stationna dans les airs. Le Koopa aux cheveux bleus ébouriffés se releva le premier et cracha une boule de feu. Je l'évitais facilement et je fis de même. La boule de feu vola vers sa chevelure qui prit instantanément feu. Il cria et courra dans tous les sens essayant de l'éteindre. J'invoquais une boule d'eau et je lui envoyais dans la tête. Mais elle le percuta si violemment qu'il tomba en avant inconscient. Je le fouillais pour savoir s'il avait la pierre. Rien. Bon passons au suivant. L'autre Koopa à la chevelure bleue m'attendait en bas près à en découdre. Je descendis tranquillement les escaliers car il restait immobile les poings levés. Puis j'ai remarqué que le ballon de plage du petit Koopa à la coupe arc-en-ciel avait roulé sans son propriétaire près de mon pied. D'un coup rapide je frappais le ballon qui vola en direction de sa tête. Il s'effondra à la renverse évanoui. Elle n'était pas sur lui non plus. Je rangeais mon sabre dans son fourreau. Il ne restait plus que les deux derniers Koopa qui commencèrent à se ressaisir. Chacune de mes mains les attrapèrent avant qu'ils ne puissent s'enfuir; Bowser Jr par sa bavette et l'autre par ses cheveux colorés. Je m'approchais ensuite du bord et les faisait dépasser du rebord. Ils se mirent à paniquer. Je m'étais positionnée de sorte à ce que, si je desserrais les mains, ils plongeraient la tête la première dans la lave en fusion qui coulait autour du château.

« - Relâche-nous, cria le Koopa aux cheveux arc-en-ciel.
- Ferme-la Lemmy, s'exclama Bowser Jr d'une voix aigüe mais tranchante, si tu le redis elle va vraiment nous lâcher.
- Il y en a au moins un qui comprend, déclarais-je calmement, tout ce que je souhaite c'est la pierre de vent. Où est-elle ?
- Jamais de la vie, répliqua Bowser Jr, si je fais ça Papa va être très en colère et il va nous gronder.
- Quel dommage, fis-je, et moi qui vous croyais compréhensifs. Vous devriez vous dépêcher pour avouer, je sens monter comme un début de crampe aux doigts. »

J'ai simulé des tremblements et j'ai baissé brusquement mes mains. Ils se mirent à hurler de frayeur.

« - D'accord tiens voilà, gémit Bowser Jr en montrant la pierre de vent, elle est là, prends la. Elle est à toi mais s'il te plait ne nous lâche pas. »

Je déposais un Lemmy en pleurs ainsi que Bowser Jr sur le sol. Je retirais la pierre de ses mains et je l'a plaçais dans son emplacement dans la poignée du katana. J'essayais un sort de vent ; c'était la vraie pierre. Je n'étais pas très fière de ce que je venais de faire. C'était des ennemis mais ces deux-là étaient encore des enfants. Je remontais vers le tableau de bord et remis le pilotage manuel. Je naviguais vers le toit de la bâtisse.

« - Un mot ou un geste durant la manœuvre et vous le regretterez, fis-je, est-ce clair ?
- Très clair, répondirent-ils en chœur assis par terre. »

Le navire se posa normalement quoique brusquement sur la rampe de lancement. Le bateau que bébé Luigi conduisait arriva juste après et bien plus délicatement que moi en tout cas. Il accourut vers moi et s'agrippa à mes jambes. Je le pris dans mes bras et lui caressait les cheveux. Lemmy et Bowser Jr descendirent sagement du bateau. Je m'avançais vers eux.

« - Occupez-vous de vos collègues et débarrassez le plancher, déclarais-je, -je regardais à présent bébé Luigi- allons retrouver Luigi et les autres. Je suis sûr qu'ils seront très contents de nous voir. »

Il s'installa souriant dans ma capuche et nous partîmes par le même chemin qui nous avions empruntés précédemment.

Chapitre XXXIX
L’indésirable bataille

« – Depuis combien de temps sommes-nous dans cette pièce Luigi, demanda Daisy.
– Depuis peut-être plus d'une demi-heure, répondit-il. »

En réalité il ne savait même pas lui-même, il avait perdu toute notion du temps depuis un moment. Une demi-heure pouvait très bien s'avérer n'être qu'en réalité un quart d'heure. Il se gratta la tête et regarda ses compagnons assis dos au mur ; Bébé Mario se tenait tranquillement dans les bras de Daisy et Yosushi somnolait. Il se remémora ce qui était arrivé. Après avoir libéré Daisy, ils avaient continué de marcher sur une route sans encombre et sans rencontrer la moindre intersection jusqu'à l'entrée d'une grande pièce. De nature immense, cette salle disposait d'un haut plafond ainsi que plusieurs lustres de ferraille accrochés à ce dernier. Ceux-ci en collaboration avec les torches aux murs et les grandes fenêtres au verre losangé, d'où l'on pouvait admirer une lune brillante, permettaient un éclairage excellent. On pouvait remarquer que cette pièce ne pouvait être accessible que par quatre chemins : trois tunnels dont celui qu'ils avaient emprunté et deux énormes portes closes qui indiquèrent à Luigi que Bowser attendait surement derrière elles pour un combat final. A peine chacun introduit à l'intérieur qu'une grille s'était brusquement abaissée à l'entrée de chaque tunnel refermant alors le piège sur eux. Ils eurent beau chercher partout dans la pièce, ils ne trouvèrent aucun interrupteur pour faire remonter les grilles. Luigi et Yosushi avaient tenté de les lever mais elles ont refusé de bouger. Ils étaient pris au piège et n'avaient d'autre choix que d'attendre que quelqu'un vienne les aider. Dans le silence qui s'était imposé Luigi entendit soudainement l'écho d'un son composé de manière rythmique qu'il identifia comme celui d'un bruit de pas. Il était produit par résonance dans les profondeurs d'un des passages qu'ils n'avaient pas empruntés et ça se rapprochait. Tout à coup la grille du tunnel s'ouvrit, l'onde sonore produite par son ouverture rebondit sur chaque obstacle qu'elle trouva. Yosushi se réveilla brusquement et se mit rapidement sur ses pieds pour rejoindre Luigi qui était positionné loin mais en face de la bouche du tunnel. Daisy se releva.

« – Daisy reste assise où tu es, ordonna Luigi, c'est-à-dire derrière moi. »

Mais Daisy, ne l'écoutant pas, s'approcha de lui. Elle enroula son bras autour de son cou et le força à se baisser tout en serrant quelque peu son étreinte.

« – Dis donc Luigi, ce n'est pas parce que tu as sauvé une princesse tout seul que tu dois te mettre à aboyer des ordres comme ça.
– Wha-aïe-aïe Daisy arrête s'il te plait, supplia Luigi, ce n'est pas le moment. La situation est sérieuse, c'est peut-être un ennemi.
– Ce n'est pas un ennemi, déclara Yosushi en reniflant. »

Tous regardèrent aux aguets la sombre ouverture en ne bougeant plus d'un pouce. Une silhouette se dessina à mesure que les pas s'approchaient. Elle prit la forme d'une jeune adolescente aux cheveux bruns mi longs et aux yeux noirs dont le droit était traversé par une cicatrice. Bébé Mario sourit à la vue de son frère qui se trouvait dans la capuche de la veste bleue nuit de Mitsuki.

« – Hé bien Luigi, on voit qui porte la culotte dans votre couple, ai-je dis d'un ton joyeux. »

Je descendis bébé Luigi de mon dos et il courra euphorique vers son frère, excités tous les deux de s'être retrouvés. Ils s'enlacèrent fortement. Bébé Mario ôta sa casquette et offrit comme cadeau de retour son dernier cookie à bébé Luigi. Il s'empressa de le déguster tandis que son frère le regardait faire. Je fus surpris lorsque Yosushi me fit une accolade amicale tandis que je regardais Daisy relâcher son étreinte. Elle leva les yeux vers moi. Alors c'est elle Mitsuki, devait-elle penser. Luigi se massa le cou.

« – Daisy, je te présente Mitsuki, annonça Luigi, elle a été ma camarade d'aventure et c'est mon amie.
– Je vous ai déjà vu quelque part, remarqua Daisy, votre visage m'est familier. Oh mais oui je me souviens, c'est vous qui avez réquisitionné quelques fusées de feu d'artifice pour les lancer sur Mario. Il brûlait tellement de colère qu'on a cru qu'il allait exploser à cause de la poudre qui le recouvrait. Il vous a ensuite couru après durant toute la soirée. Je me souviens que c'était amusant à regarder.
– Je ne savais pas que je représentais un tel sujet d'amusement, riais-je, vous pouvez me tutoyer si vous voulez. Cela ne me dérangerait en aucun cas.
– C'est entendu. En tout cas je te remercie d'avoir pris soin de Luigi lors de votre long voyage.
– Oh avant que j'oublie, lança Luigi en mettant la main dans sa poche, tiens c'est pour toi. »

Il me tendit la dernière pierre qui me manquait, la pierre de terre. Je la pris délicatement de ses mains et l'avançait vers la dernière cavité non occupée en tremblant de peur et d'excitation. Nous observions avec grand intérêt ce qui allait se passer. Au moment où la roche magique fut installée, le sabre se mit à scintiller d'une brillante lumière blanche. La poignée de mon katana dégagea d'un coup sec ma main de sa solide prise habituelle lors de la mise à nue de la lame. On aurait dit que ma main avait pris un coup de jus. Avant que l'épée ne touche le sol dans un bruit métallique, les cinq fragments s'envolèrent à la manière de feux d'artifices et se rejoignirent créant une action similaire à celle d'un big-bang inversé. La boule lumineuse prit la forme d'une étoile blanche qui descendit lentement en tournoyant sur elle-même. Dans sa descente elle enfanta de petites étincelles qui se relièrent entre elles pour fabriquer une chaîne de métal dont le but était de supporter une des cinq branches de l'étoile. Le collier se posa autour de mon cou. Lorsqu'il atteignit ma poitrine, le bijou s'éteignit et exhiba sa belle couleur blanche laiteuse à tous ceux qui la dévoraient des yeux. Je le mis ensuite en sécurité sous mon t-shirt. Tout d'un coup des ricanements fusèrent dans la salle. Nous nous regardâmes les uns et les autres mais nous avons vite compris que cela ne venait pas de nous. Nous tournâmes alors les yeux vers ces moqueries qui trouvaient leur origine en hauteur près du plafond : Kamek s'était téléporté dans la pièce et avait observé la scène à cheval sur son balai.

« – Oui c'est exactement ce que sa majesté avait prévu, jubilait-il, tout se déroule selon son plan.
– Que veux-tu dire par là, demanda Luigi.
– Tu n'as pas encore compris Luigi, répliquais-je, Bowser veut que l'on se batte toi, moi et Mario. Le gagnant aura le droit de combattre Bowser une fois les deux autres éliminés.
– Ta camarade est plus lucide que toi moustache verte, rétorqua Kamek.
– Tu le savais depuis qu'il a dit son discours, déclara Luigi. Quand allais-tu me le dire précisément ?
– Premièrement je ne te l'ai pas dit parce que je croyais que tu l'avais compris et deuxièmement je ne pensais pas qu'on allait choisir cette possibilité-là. Tu sais très bien que jamais je ne me battrais contre toi. J'ai rencontré Mario en route et lui aussi avait compris le discours et je lui ai donné la même réponse. J'ai pensé qu'une fois tous les trois réunis on pourrait discuter de la situation.
– Allons, trêve de bavardage, dit Kamek qui était descendu à notre hauteur, commençons. »

Il leva sa baguette magique tandis que moi, Luigi et Yosushi foncions sur lui. Il l'abaissa vers Yosushi qui partit en arrière et atterrit près de Daisy et les bébés comme si il avait reçu un coup. Puis d'un mouvement horizontal il fit de même avec nous mais à l'inverse de Yosushi nous partîmes sur le côté. Il la pointa ensuite sur Daisy, Yosushi et les bébés qui furent projetés vers le tunnel que j'avais emprunté précédemment où la grille ne s'était pas fermée. Elle se ferma à l'instant précis où ils s'y glissèrent de manière incontrôlée leur empêchant alors toute intervention.

« – Bien maintenant vous avez tout le loisir de vous battre comme bon vous semble, fit Kamek, plus rien ne vous en empêche alors faites-le rapidement.
– Tu crois qu'on va faire ce que tu veux, répondis-je, tu rêves.
– Très bien qu'il en soit ainsi. Je vais enfin pouvoir expérimenter ce sort que cette secrétaire utilisait. Comment s'appelait-elle déjà ? Ah oui, Nastasia. Pourquoi ne pas l'utiliser sur vous deux ? »

Il se dupliqua lui et sa baguette. La sienne et celle de sa copie lancèrent chacune un rapide rayon rouge qui s'envola dans notre direction. Je murmurais une formule que j'avais apprise et elle invoqua un mur de terre qui bloqua le sortilège. Hélas je n'eus pas le temps de faire de même avec Luigi qui le reçu de plein fouet. Le rayon rouge se transforma en anneaux de couleur similaire qui s'enroulèrent autour de Luigi. Ces derniers émirent de petites étincelles qui provoquèrent chez Luigi un sentiment de grande panique. Il se maintenait la tête comme pris soudain par une terrible migraine.

« – Oh non, je vous en supplie, gémit-il, tout mais pas ça. »

Luigi poussa un hurlement de souffrance qui se répercuta sur les parois rocheuses des murs. Ses mains s'accrochaient avec force à son crâne comme si cela pouvait lui éviter son explosion. Il se cabra de douleurs, tentant de lutter contre quelque chose logé dans sa tête. Ses phalanges blanchissaient à mesure que ses doigts essayaient de s'enfoncer dans sa boite crânienne. Il cria à nouveau mais cette fois-là il tomba à genoux, tous les muscles de son corps tendus. Sa tête aux veines apparentes entra plusieurs fois en collision avec le sol croyant que cela l'aiderait à reprendre le contrôle mais rien n'y fait ; la chose gagnait du terrain.

« – M-Mitsuki, articula-t-il souffrant, j-je vais m'évanouir. M-Mais quand mon corps se lèvera, ça ne sera pas moi. Faut Game Over pour revenir avant que Mario voit ça. »

Abandonnant le combat il poussa un dernier gémissement avant de tomber inerte sur le sol. J'étais choquée par ce que je venais de voir et je pense que mes camarades l'étaient aussi. J'entendis Daisy crier le nom de Luigi et Yosushi tentant d'enfoncer la grille. Je n'avais jamais vu une telle souffrance en action de toute ma vie. Me reprenant rapidement et sous le coup de la colère je visais Kamek et lui envoyais une boule de feu. Cette dernière le déstabilisa et il tomba de son balai. De suite j'empoignais violemment sa robe et je le plaquais au mur.

« – Qu'est-ce que tu lui as fait ? grondai-je d'une voix assassine.
– Oh rien de très surprenant, répondit-il calmement, j'ai simplement fais en sorte d'accélérer votre combat. Sa majesté est à bout de patience vous savez car en ce moment elle ne voit pas ce qu'elle désire ; c'est-à-dire de vous voir vous battre jusqu'à ce que l'un de vous soit hors état de le nuire. J'ai simplement exaucé son vœu. Si vous voulez vous défouler sur moi, ne vous gênez mais n'oubliez pas que votre ennemi principal est votre ami. »

Furieuse je lui ai donné un coup de poing. Une boule de feu apparut ensuite dans la paume de ma main mais il disparut juste avant qu'elle ne le touche. En rangeant mon sabre dans son fourreau, détachant ma ceinture et fait glisser mon arme le plus loin possible de la zone de combat, j'entendis quelque chose qui n'allait pas. Luigi ricanait. Cela lui arrivait de rire, de rigoler mais jamais il ne ricanait. Luigi ou ce qui semblait être Luigi bougea et commença à se relever lentement à la manière d'une poupée désarticulée. Ce n'est qu'une fois debout que j'ai pu voir son visage. Celui-ci laissa voir un sourire diabolique, des yeux bleus recouverts d'un voile blanchâtre et aux pupilles rétractées. Puis il leva son bras droit en l'air tandis que celui de gauche se mit de manière perpendiculaire à son corps qui ne tenait que sur une seule jambe.

« – Heh heh heh, dit-il d'une voix triomphante, je suis enfin de retour, moi le tonnerre vert plus connu sous le nom de Mister L. Je renais enfin après une longue absence. Nul besoin de me dire que je suis génial parce que je le sais déjà.
– En fait tu as l'air plus ridicule qu'autre chose, observais-je.
– Grr, grogna-t-il, comme oses-tu pourrir ainsi mon entrée spectaculaire mademoiselle j'utilise-ma-magie-tout-le-temps. Prépare-toi à déguster ! »

Il plongea rapidement la main dans la poche de Luigi et il en sortit une fleur de feu. Dès lors sa salopette et son pull changèrent de couleur. Le premier passant du bleu au vert et l'autre passant du vert au blanc. Puis une boule de feu apparut dans sa paume droite et il l'a lança dans ma direction. De suite j'ai levé ma main et une boule d'eau partit de cette dernière vers la sphère enflammée qui s'approchait. Elle disparut à son contact.

« – Comment as-tu fait ça, s'écria Mister L d'un ton mêlant surprise et colère, aucun objet ne permet de créer des orbes aqueuses.
– Et bien comme toi j'ai des artefacts qui me le permettent, répondis-je, mais je vais te révéler une chose qui va te déplaire. Tu n'es pas aussi fort que Luigi car, contrairement à toi, il connait mes pouvoirs et il sait qu'il faut les craindre.
– Ne me compare pas à ce minable sale gamine ! Je me fiche que ta magie soit spéciale, cela ne m'empêchera pas de me débarrasser de toi. Tiens, essaye d'éviter ce coup. »

Des étincelles apparurent dans la paume de sa main puis laissèrent place à des éclairs qui parcoururent cette dernière jusqu'au poignet dans une lumière bleu argenté. Lorsque le champ électrostatique atteignit son apogée il le déchargea en ma direction. Je n'ai eu que le temps de prononcer la formule car la barrière de terre que j'avais créée ne s'est pas terminée à temps. J'ai pris le coup de plein fouet et je me suis écroulée sur le sol en criant, le corps en proie à de violents spasmes. Attendant que la douleur et les contractions musculaires disparaissent, j'ai pu apercevoir en relevant la tête le visage de Mister L qui jubilait devant un tel spectacle. Je me suis relevée, les membres encore tremblants, et sortis un champignon vert de ma poche. Celui-ci me fit le plus grand bien une fois avalé. Même si ce n'était pas Luigi qui agissait en ce moment, cela restait toujours son corps et je ne pouvais pas l'attaquer avec ma magie sinon je risquais de le blesser. De plus je ne savais pas que Luigi pouvait employer cette capacité. Peut-être se déclenchait-elle seulement dans un certain contexte ? La situation n'est pas en ma faveur, pensais-je, je suis très désavantagée. Je pris mon étoile dans la main et je l'a regardais. Peut-être pas, rectifias-je intérieurement. Mister L entreprit un saut afin de m'écraser et il refit sa technique simultanément. Mais je fus plus rapide. Une fois Mister L dans les airs, j'ai concentré le pouvoir du vent dans tous les membres de mon corps, ce qui me donna l'impression d'être soudain plus légère. J'ai pu alors éviter le coup qui aurait pu m'être fatal pour la suite du combat. Ne lui laissant pas le temps de réagir, je suis arrivée comme une flèche sur lui et j'ai envoyé mon poing dans son estomac. Il fut plié en deux sous l'effet de l'impact et il émit un son guttural. Profitant de sa confusion, je lui ai relevé le buste en tirant vers le haut son pull redevenu vert et j'ai enchaîné une droite et un crochet droit. Pour finir, j'ai emmagasiné le plus de force possible que je pouvais tirer de mon artefact dans mon poing et je lui ai jeté ce dernier dans le ventre. Mister L fut projeté au loin dans la pièce où un mur arrêta son vol. Il atterrit debout et tremblant sur ses pieds. Dans un soupir il murmura un juron tout en essayant de garder les yeux ouverts puis il s'effondra sur le sol, inconscient. Je mis mes mains sur mes genoux et essayais de reprendre mon souffle. J'avais pompé trop d'énergie pour cette technique et j'étais un peu fatiguée malgré l'entrainement que j'avais pratiqué avant de venir. J'étais vraiment inquiète pour Luigi pour la première raison et j'espérais que rien chez lui n'avait été gravement endommagé. Je me précipitais vers lui pour vérifier. Mais alors que j'étais à la moitié de la distance les grilles s'ouvrirent brusquement et une silhouette chargea dans ma direction avec une rapidité phénoménale. Si rapide qu'elle me frappa violemment avant que je ne puisse tourner la tête vers elle. Elle m'envoya voler de l'autre côté de la pièce.

« – Traîtresse, aboyait-elle d'une voix enduite d'une rage incommensurable, je vais te réduire en pièces ! »

Chapitre XL
Pour l’amour d’un frère et celui d’un ami

« – Traitresse tu vas le payer très cher, cria un Mario rempli de rage.
– Ce n'est pas du tout ce que tu crois, répondis-je en me relevant difficilement. »

Le poignet léché par des flammes Mario lança une nuée de boules de feu dans ma direction. Je les esquivais de peu en plongeant sur le côté. Mario en profita pour se précipiter vers moi à une vitesse incroyable. Il m'attrapa par le pan de ma veste et il me plaqua violemment au mur.

« – Ah oui et que devrais-je croire, hein ! Je t'ai vu frapper mon frère de mes propres yeux. N'espère pas me persuader de ne pas te mettre une raclée.
– Il-il n'était pas dans son état normal. Kamek lui a jeté un sort d'hypnose. A-Avant que Mister L le remplace il m'a demandé de le mettre K-O.
– La ferme ! La ferme ! Tu penses vraiment que je vais croire à tes histoires. Ce ne sont que des mensonges. »

Il n'y avait rien à faire. Je n'arriverais pas à le résonner. Il ne restait plus qu'à utiliser la dernière solution qui est de toutes la moins plaisante.

« – Lâche-moi, disais-je.
– Comment ? demanda Mario.
– J'ai dit lâche-moi ! »

De suite je lui ai envoyé mon poing chargé en électricité dans le ventre. Il recula de quelques mètres tout en restant sur ses pieds.

« – Puisque que les mots n'ont aucun effet sur toi, déclarais-je, et bien je vais employer la force. »



Luigi émergeait peu à peu des ténèbres qui l'entouraient. Il entendit d'abord un son qu'il reconnut comme celui d'une voix mais elle était trop lointaine et assourdit pour qu'il puisse l'identifier. Il sentit aussi que quelqu'un secouait son corps. Une vision terriblement floue apparue à ses yeux lorsqu'il les ouvrit. La voix se rapprocha et devint plus nette à mesure que sa vue redevenait normale. Malheureusement pour lui la douleur irradiant son abdomen resurgit au même moment ainsi que sa mémoire, toutes les deux revenant à la manière d'un coup de pelle. Il grimaça et déposa sa main sur son ventre. Mitsuki n'y était pas allée de main morte, pensa-t-il. Il sentit quelqu'un l'enlacer tendrement. Il leva la tête et il aperçut le visage de Daisy qui était rassurée de le voir réveillé mais elle prit un regard inquiet lorsqu'un bruit d'explosion éclata derrière elle. Il orienta sa tête vers la gauche et il vit Peach avec les mains sur la bouche choquée les yeux rivés vers ce qui se passait. Yosushi serrait les poings et semblait invoquer toute la volonté du monde pour ne pas intervenir. Quant aux deux bébés Bébé Mario retenait Bébé Luigi par le buste.

« – Daisy, dit Luigi, ne me dit pas que... »

Daisy ne répondit pas et détourna son regard. Le visage de Luigi se décomposa. Il se délogea de ses bras et bougea de sorte à observer la scène. Ce qu'il vit l'horrifia. Face à face et en garde Mario et Mitsuki se regardaient, haletant et saignant à quelques endroits. Ils chargèrent chacun dans la direction de l'autre. Le poing droit de Mario percuta le ventre de Mitsuki qui contre-attaqua avec un crochet dans sa mâchoire. Ils reculèrent d'un pas l'un de l'autre. Mario cracha du sang et lança un regard de haine pure vers son ennemie. Des flammes léchèrent alors ses deux poings et il tenta d'en envoyer un dans le visage de son adversaire mais elle l'arrêta, sa poigne enduite d'eau. Il voulut faire de même avec son autre main mais elle le stoppa de la même manière. Chacun puisait dans ses ressources pour avoir l'avantage. Cela se voyait par l'évaporation visible de la solution recouvrant les serres de Mitsuki. Rapidement Mitsuki lâcha sa prise et s'agrippa aux poignets de Mario de sorte à pouvoir lui mettre un coup de boule. Mario anticipa son coup et agit de la même façon. Leurs têtes entrèrent en contact et partirent en arrière à cause du choc. Mario profita de la confusion de Mitsuki pour lui envoyer un uppercut dans le ventre. Elle partit à la renverse mais elle roula sur le côté avant que Mario ne puisse la frapper avec son pied. Elle se remit vivement sur pied et attendait à recevoir la prochaine attaque de Mario. Cependant il n'attaqua pas tout de suite. C'est affreux, pensa Luigi épouvanté, ils vont finir par se tuer s'ils continuent comme ça. Soudain il vit Mario mettre la main dans sa poche et en sortir une étoile jaune. Luigi savait dès à présent qui était le vainqueur. Toutefois cela ne l'apaisait en rien de le savoir. Une substance multicolore enveloppa alors le corps de Mario qui lui permit de décupler ses forces. Il fonça vers son adversaire. Mitsuki créa un mur de terre mais Mario le contourna facilement. Elle eut quand même le temps de charger son poing en électricité et elle le frappa. Hélas cela a eu autant d'effet que si elle avait abattu son poing nu sur un mur. Elle reçut plusieurs coups de la part d'un adversaire, en aucun cas perturbé par son attaque, elle finit par voler quelques mètres plus loin et tomba sur le dos. Le pouvoir de la super étoile de Mario s'évapora. Il s'approchait maintenant de son ennemie, le poing en feu. Mitsuki tenta de se lever mais elle ne réussit pas.

« – Mario je t'en supplie, gémit Luigi, ne fais pas ça. »

Mais la voix de Luigi ne parvient pas aux oreilles de Mario qui avançait toujours soit parce qu'elle n'avait pas été assez audible, soit parce qu'il était trop obnubilé par celle qui avait blessé son frère pour l'écouter. Luigi trouva la force de se lever tandis que Mario se mettait sur Mitsuki et empoignait sa veste.

« – J'aurais dû m'occuper de toi il y a bien longtemps, dit Mario d'une voix haineuse. »

Il leva son bras mais Luigi le percuta avant qu'il ne finisse son geste. Ils roulèrent sur le sol et, chose incroyable, Luigi réussit à plaquer son frère sur le sol. Il était arrivé juste à temps avant que son frère ne fasse une terrible erreur.

« – L-Luigi, fit Mario d'un air surpris, qu'est-ce qui te prend bon sang ? »

Mario voulut se relever mais Luigi exerça une pression sur ses épaules à l'aide de ses bras.

« – Luigi, déclara Mario, s'il te plait écoute...
– Non c'est toi qui vas m'écouter et cesser de jouer au têtu, coupa Luigi, oui Mitsuki m'a attaqué mais c'est parce que JE lui ai demandé de le faire. Elle a refusé la demande de Kamek qui était de se battre avec moi et il nous a lancé à tous les deux le sortilège de Nastasia. Elle l'a évité mais pas moi. Elle s'en est prise à Mister L qui avait pris le contrôle de mon corps. Je lui ai demandé de le faire pour ne pas que tu sois obligé de le faire toi-même parce que je t'aime frangin. »

Les yeux rivés sur son frère, Mario ne bougea pas d'un pouce : il écoutait avec attention tout ce que son petit frère lui disait sans dire un mot.

« – Je vais t'avouer autre chose, continua Luigi, ces dernières semaines passées avec toi auraient été fabuleuses si je ne m'étais pas sentit à un moment oppressé par le fait que tu me surprotégeais. Tu surveillais le moindre de mes pas si bien que quelques fois j'avais le sentiment d'être prisonnier. Est-ce que tu rends compte au moins de cela ?
– Je suis désolé Luigi, répondit Mario les larmes aux yeux, je te jure que ce n'était pas mon intention. Lorsque tu es parti j'ai pris conscience que je t'avais souvent négligé. Alors quand je t'ai retrouvé je me suis promis de t'emmener avec moi dans toutes mes aventures pour que tu te sentes enfin comme un égal. »

Luigi soupira profondément, il n'aimait pas faire culpabiliser son grand frère mais c'était la première chose qui lui était venue en tête.

« – Est-ce que ça signifie que tu es calmé, demanda-t-il. »

Mario hocha la tête en souriant. Luigi lâcha doucement sa prise des épaules de son frère. Il se mit ensuite à genoux près de lui tandis que Mario s'asseyait. Puis son grand frère regarda Mitsuki qui s'était entre temps évanouie. De suite Luigi prit la parole :

« – Fais-moi une faveur Mario, dit-il calmement, ne t'en prends pas à Mitsuki parce qu'elle s'est salie les mains.
– Promis, répondit son frère. »

Soudain une voix grondante se fit entendre dans la salle. Celle de Bowser.

« – Bouahahaha ! Félicitations Mario. Moi qui croyais que cette gamine allait gâcher ta douce réputation. J'ai bien eu tort. Je dois avouer que ces deux combats ont été très délicieux à observer. Oh oui, une vraie délectation en particulier le second. Maintenant que cette gamine est hors d'état de me nuire il ne me reste plus qu'à me débarrasser de toi. Les grandes portes sont ouvertes. Viens ! Je t'attends. Finissons-en Mario ! »

La voix se tut dans l'air et tous entendirent les portes s'ouvrirent dans un grondement. Mario se leva et en profita pour manger un champignon ; toutes ses blessures partirent instantanément.

« – Tu veux vraiment y aller tout seul, demanda Luigi.
– Je ne veux pas que tu sois blessé à nouveau, répondit Mario, je vais aller régler son compte à Bowser. Occupe-toi des princesses en attendant. Ce ne sera pas long, je serai de retour très vite. »

Luigi prit son frère dans ses bras. Mario lui tapota le dos en retour et lui promis une nouvelle fois de revenir vite. Puis il se dirigea vers les portes ouvertes. Une fois celles-ci passées, ces dernières se refermèrent sur Mario dans un tonnerre puissant et grave.



Ses pas résonnant, Mario avançait prudemment dans un grand et long couloir vide et de matière pierreuse. Des torches étaient accrochées aux murs et éclairaient sobrement le chemin. Il atteignit la fin du corridor sans rencontrer le moindre incident mais ça il s'en doutait, c'était traditionnel chez Bowser. Cependant ce qui l'était moins, c'était le fait que la salle ne comportait ni de plates-formes, ni de lave : elle était déserte et sombre. Il se déplaça de quelques pas quand tout à coup une grille s'abattit sur le tunnel qu'il venait d'emprunter. Mario se mit en garde, regardant de tous les côtés, prêt à en découdre mais rien ne se produisit. À peine le silence revenu que des Paratroopas plongèrent vers Mario d'une incroyable rapidité. Il les évita facilement mais des Koopa sortirent par centaines de l'ombre dans sa direction. Ils l'encerclèrent. À peine Mario sauta sur l'un d'entre eux pour se sortir de sa situation que cinq autres lui attrapèrent le pied et l'étalèrent sur le sol. Mario tenta de se relever mais les Koopa se jetèrent sur lui de tout leur poids. Un rire grave se fit entendre au fond de la pièce et s'approcha. Mario leva la tête et vit les Koopa reculer pour laisser la voie libre à un immense dragon ayant fusionné avec une tortue : Bowser s'était montré.

« – Bowser, maugréa Mario en se débattant.
– Hé bien ne soit pas si pressé mon cher Mario, ria Bowser, nous avons tout notre temps. – il se retourna et dirigea sa tête vers ses sbires - Amenez-le sur l'estrade. »

Mario fut relevé et retenu avec force par les sbires de Bowser. Des lampes accrochées au plafond s'allumèrent éclairant violemment une énorme arène. De nombreuses tribunes étaient disposées autour de cette dernière et elles étaient déjà noires de monde criant leur impatience. Il veut transformer notre combat en spectacle, pensa Mario. Les sbires le jetèrent sur le marbre blanc qui composait l'arène et se dépêchèrent pour aller s'assoir. Il se releva de suite sur ses jambes et il put apercevoir que Bowser tenait entre ses griffes un fragment de couleur noir. Il déposa la pierre dans sa bouche et l'avala. Sa peau jaune s'assombrit peu à peu et le blanc de ses yeux laissa place à un rouge de couleur sang. Il inspira profondément et cracha une grande gerbe de feu blanc. Mario évita le coup facilement et courra en direction de Bowser. Bowser abaissa sa patte pour le griffer mais il échoua. Mario se pencha, contourna son adversaire et s'élança sur sa carapace. Il sauta mais Bowser se retourna et ses griffes se plantèrent dans le bras gauche de Mario qui eut le temps de se protéger. La force de l'attaque le fit voler quelques mètres plus loin. La foule s'extasia de cette action. Mario tomba sur le sol en criant de douleur. Il mit sa main dans sa poche, prit un champignon et le mangea. Mario se releva mais réalisa que la douleur n'avait pas disparu. Il baissa les yeux et vit avec horreur que le champignon n'a eu aucun effet sur sa blessure. Désarçonné par le sang qui coulait, Mario regardait Bowser s'avancer lentement vers lui, le sourire aux lèvres.

Chapitre XLI
Final

« – Comment ça il te manque un morceau, s'exclama Luigi.
– Je ne sais pas comment l'expliquer, répondis-je confuse, il y a quelque chose d'étrange avec mon artefact. C'est comme s'il n'était pas complet. Je crois que c'est à cause de la pierre de vent.
– Celle que Bowser Jr avait en sa possession ?
– Exact. J'ai comme la sensation qu'il lui manque quelque chose mais je ne sais pas ce que c'est. »

Assise par terre je changeais la position de mes jambes. Je baissais ensuite les yeux, regardant maintenant mon étoile que je bougeais entre mes doigts. Ses mains sur mon avant-bras, bébé Luigi observait par-dessus ce dernier, intrigué par l'objet. Grâce à ma volonté je fis jaillir un mince filet d'eau de l'étoile qui serpenta autour de mon artefact. Cela surpris quelque peu bébé Luigi qui recula par instinct mais il revint rapidement avec un sourire d'émerveillement sur son visage. Pendant ce temps Luigi avait repris son va-et-vient frénétique dans la salle. Pourquoi est-il si long ? Il devrait déjà être revenu. Lui est-il arrivé quelque chose ? se murmurait-il à lui-même. Les deux princesses le regardèrent faire sans rien dire mais leurs regards trahissaient leur inquiétude envers Luigi et Mario qui était absent depuis un moment. C'est vrai qu'il prenait beaucoup de temps. Luigi avait mentionné que son grand frère pouvait défaire Bowser en cinq minutes maximum. Et ça faisait plus de cinq minutes qu'il était parti. Je regrettais quelque peu de lui avoir parlé de mes impressions car cela lui avait ajouté un cran de stress supplémentaire. Il tenta une énième fois d'ouvrir les grandes portes mais ce fut à nouveau sans succès. Je me suis levée et j'ai marché silencieusement vers mon sabre encore à terre. Je le pris dans mes mains. Il n'était plus d'aucune utilité et pourtant je pouvais sentir monter en moi un sentiment de nostalgie. Hors de question que je le laisse ici, il est bien trop précieux à mes yeux, pensais-je. Je l'ai rattaché à ma ceinture et je suis partie en direction du tunnel que j'avais emprunté précédemment. Autant vérifier par moi-même si mon intuition s'avérait être juste.

« – Où vas-tu Mitsuki, demanda Yosushi.
– Je vais aider Mario à vaincre Bowser et voir si ma théorie est vraie, répondis-je calmement.
– Et comment comptes-tu te rendre à la salle du boss final alors que les portes d'accès sont fermées et que tu te diriges dans la direction opposée, fit remarquer Luigi.
– Ah ne pose pas de questions, répliquais-je en claquant la langue, si tu veux donner un coup de main à ton frère et sortir d'ici tu n'as qu'à me suivre. Les princesses, Yosushi et les bébés aussi d'ailleurs. Je sais encore ce que je fais. »

Je passais l'entrée du passage et j'attendis. Trois, deux, un… Luigi craqua, pesta et ronchonna en se demandant quelle idée farfelue j'avais encore inventé. Bébé Luigi fut le premier à se présenter et se jeta directement dans mes bras. Les autres arrivèrent juste derrière lui. Luigi, les mains dans les poches, me regardait d'un air songeur. J'aurais juré qu'au fond de lui il répétait à tue-tête que ce n'était pas une bonne chose à faire.

« – Eh tu savais que les bébés savent conduire un bateau volant, disais-je pour le détendre un peu.
– Ils conduisent bien des karts alors, pour eux, un bateau c'est un jeu d'enfants si on peut dire, répondit Luigi bougon.
– Moi je suis de tout cœur avec toi Mitsuki, dit Yosushi enthousiaste. »

Cela me faisait plaisir d'entendre ça. Je me retournais et pris la route en direction de l'aérodrome. Par précaution j'avais mémorisé le chemin vers le paternoster car je pensais que les vaisseaux nous seraient utiles pour la suite des événements, du genre pour sortir de cet endroit. Tandis que je marchais je me concentrais pour situer la grande salle dans l'espace pour connaître sa position lorsque je serais sur la piste d'atterrissage. Parvenu tous au paternoster je sautais sur une plate-forme montant vers le haut. Mes compagnons firent de même.

« – Ah, nous y sommes, fis-je en débarquant sur le sol de l'aérodrome. »


Pendant ce temps dans l'arène, Mario faisait de son mieux pour rester en vie mais ce n'était pas suffisant en vérité. Sa blessure a fini par ne plus saigner mais il en avait perdu suffisamment pour avoir des vertiges à chaque saut qu'il faisait. Ses coups ne possédaient plus aucune force et il réagissait de moins en moins vite aux mouvements de son adversaire. Bowser avait, certes, un net avantage mais il ne profitait pas de sa toute puissance. Il préférait regarder avec délectation son ennemi juré se battre désespérément pour sa survie au lieu de le détruire une fois pour toute. C'est seulement lorsque ce dernier ne sera plus en état de combattre que là enfin il se décidera à l'achever. Mario avança vers lui, la main en feu, sauta et tenta de le frapper. Il y réussi mais Bowser ne ressentit que de petits picotements à son touché. En retour il crispa ses griffes et les planta dans le ventre et le buste de son adversaire. Sous la force du coup, l'air logé dans les poumons de Mario fut expulsé brutalement alors que le son d'une côte qui se brise se fit entendre. Il fut projeté plusieurs mètres plus loin et atterrit dans un bruit sourd sur le sol. La foule s'esclaffait devant un tel spectacle et hurlait à gorge déployée leur excitation. Bowser s'approcha de Mario qui essayait de se relever mais l'exercice s'avéra être impossible dans son état. Haletant de plus belle, il maintenait sa main tremblante sur l'un des espaces endommagés espérant que cette action atténuerait la douleur. Une fois arrivé devant son ennemi, le roi Koopa souriant ouvrit la bouche et pris une grande inspiration.
C'est la fin, pensa Mario, Luigi... Peach... tout le monde. Je suis désolé…j'ai perdu. Une larme perla sur sa joue et brilla à la lueur des flammes qui se préparaient à sortir de la gueule ouverte de Bowser. Soudain un coup de canon se fit entendre. Le boulet entra en collision avec l'un des murs de la salle mais ne fit aucun dégât apparent à l'intérieur. Les flammes blanches s'éteignirent dans un mouvement de mâchoire et Bowser leva la tête vers l'endroit où la collision avait eu lieu.

« – Huh, fit-il, interloqué. »

Le coup se reproduisit une seconde fois mais cette fois-ci il laissa apparaître une large fissure dans la cloison en briques charbonnés. Les spectateurs commencèrent à paniquer et à ne plus rester en place. Puis le mur céda dans une explosion de fumée et d'éclats de roche. Des débris de mur volèrent dans tous les sens forçant les sbires de Bowser à fuir leurs places. La plupart de ceux qui le pouvait s'envolèrent vers le toit d'où ils étaient apparus. Les autres partirent dans toutes directions affolés par cette attaque. Bowser garda sa tête en direction de l'espace touché mais il ne put rien voir en raison de l'épaisse fumée qui le dissimulait. Il écumait de rage. Qui osait ainsi gâcher son plaisir ? L'épaisse fumée se dissipa peu à peu et il put enfin apercevoir l'instigateur de ce désordre : c'était un de ses navires volants. Ce parfum, renifla Bowser, je le connais. En aucun cas il ne s'attendait à ça. Son regard se centra sur la personne dont provenait cette arôme ; Peach elle-même. Mais elle n'était pas seule ; l'autre princesse, la gamine, moustache verte et son animal de compagnie étaient avec elle tandis que les gosses étaient à la barre. Une nouvelle salve fut lancée et les missiles plongèrent vers le sol de la salle. Les Goombas et Koopas restants disparurent dans la déflagration qu'ils produisirent. Le souffle fit également rouler Mario qui entra en contact avec le pied de Bowser. Ce dernier l'éloigna avec autant de compassion qu'il l'aurait fait avec un sbire suppliant à ses pieds. Durant ce court instant, Moustache verte, son Yoshi rouge et la gamine avaient profités pour descendre du bateau et se tenaient en face de lui, prêts à en découdre.

« – Prépares-toi à mordre la poussière Bowser, déclara la gamine. »


« – Prépares-toi à mordre la poussière Bowser, déclarais-je, déterminée.
– Ah mais c'est vous, répondit Bowser. J'avoue que c'est surprenant de votre part et irritant par la même occasion.
– R-relâche mon frère Bowser, dit Luigi dont les jambes jouaient les maracas. »

Bowser rugit de plus belle. Les tremblements de Luigi redoublèrent d'intensité. Il fit un pas en arrière. Il était prêt à s'enfuir en courant jusqu'à ce que son regard croise celui de son frère qui avait eu la force de relever la tête. Il s'arrêta alors de trembler et il avança les poings levés. Son comportement avait changé.

« – Je n'ai pas peur, se persuada-t-il. Non je n'ai pas le droit d'avoir peur. Maintenant Bowser, laisse mon frère tranquille ou je vais me fâcher.
– Bou ha ha ha, ria Bowser à gorge déployée. Et c'est supposé être crédible. La personne la plus lâche de tout le royaume champignon me demande de relâcher son frère. Haha, laisse-moi rire.
Tout en souriant, Bowser leva son pied et le mit au-dessus de Mario.
– Arrête, ne fais pas ça, cria Luigi d'une voix mêlant peur et colère. »

Bowser posa son pied sur le corps d'un Mario à demi-conscient et appuya avec force. Le visage de Mario se crispa de douleur mais, du faite de sa condition, il ne put émettre qu'un faible gémissement plaintif sous l'effet du poids. Du sang se répandit alors sur les dalles autour de la victime. En l'espace d'un instant l'attitude de Luigi changea radicalement ; une intense lueur de rage irradia instantanément ses yeux. Son corps tout entier brûlait tellement de colère que les éclairs blancs qui recouvraient au même moment ses mains me semblaient encore plus dangereuses que celles qu'avait utilisé Mr L lors de notre combat.

« – ÔTE TA SALE PATTE DE MON FRÈRE, rugit-il en laissant exploser sa colère. »

Il disparut soudain de mon champ de vision. Je le vis réapparaître aussitôt dans un bruit de tonnerre, le poing droit planté dans le ventre de Bowser. Bowser grimaça sous le coup de la surprise. Cela n'avait pas été assez puissant pour le renverser mais c'était suffisant pour lui faire bouger son pied. Luigi prit appui sur le ventre de Bowser et plongea rapidement vers Mario. Il roula par terre et attrapa l'un des bras de son frère qu'il mit sur ses épaules. Il courra comme un fou vers l'espace qu'il jugeait le moins dangereux ; c'est-à-dire derrière nous. Bowser reprit son équilibre et sourit avec fierté.

« – Pfff ! Ce coup était-il censé m'impressionner ? Vous devriez rester à votre place bande de moucherons. Vous n'avez ni le pouvoir ni l'ambition nécessaires pour m'arrêter.
– Tu es le moins bien placé qui soit pour parler de pouvoir et d'ambition, rétorquais-je.
– Comment oses-tu insignifiante petite gamine ? De toute manière, même avec un seul fragment de la sphère des ténèbres je suis en mesure de vous anéantir. Je suis le plus puissant !
– Luigi, évacue Mario hors de la zone de combat, ordonnais-je d'un ton ferme. Moi et Yosushi on va distraire Bowser pendant ce temps.
Sans se faire prier, Luigi déposa rapidement Mario sur son dos et partit comme une flèche vers la brèche là où se trouvait encore le vaisseau volant qui stationnait en l'air.
– Crois-tu vraiment que je vais vous laisser faire ce qui vous chante, gronda Bowser. »

Bowser inspira profondément et cracha une gerbe de feu en direction de Luigi. D'un mouvement de bras j'ai créé un mur de terre entre les flammes et mon compagnon qui continua de courir. Puis de l'autre main j'envoyais une boule d'eau vers la gueule béante de Bowser. Elle n'a pas eu l'effet escompté mais elle a été assez puissante pour ne pas réduire la masse de roche qui protégeait Luigi et Mario en matière magmatique. Bowser rugit et chargea dans ma direction. Il leva ses griffes acérées vers moi. Mais avant qu'il ait pu m'atteindre, Yosushi tira sa langue qui s'enroula autour du poignet du roi Koopa. Cela permit de ralentir l'attaque et donc pour moi de l'éviter sans avoir à user de magie. Yosushi lâcha rapidement sa prise lorsque l'autre serre de Bowser décrivit un arc de cercle vers sa langue tendue.
De son côté Luigi arriva sans encombre sur le pont du navire en accomplissant un saut dont il avait le secret. Le bateau, quand à lui, pris de l'altitude afin de voler dans un espace plus sécurisé. Les princesses accoururent à sa rencontre, Peach s'arrêta net, le souffle coupé, ses mains sur sa bouche, choquée par l'état dans lequel était Mario. Luigi s'accroupit, se retourna rapidement et allongea délicatement Mario sur le planché. Ce dernier agrippa la bretelle de la salopette de son frère avant que celui-ci n'ait fini son action. Luigi s'immobilisa. Malgré la douleur qui le tenaillait, Mario gardait les yeux ouverts, des yeux qui regardaient avec insistance ceux de son frère. Luigi restait comme paralysé par le regard de douleur qu'ils envoyaient. Il déglutit avec difficulté et tentait de reprendre son sang-froid, tout paniqué qu'il était devant une telle situation.

« – Luigi, souffla Mario, il faut fuir. Il est devenu trop fort. »

S'enfuir ? Luigi y avait déjà pensé mais à quoi bon cela servirait-il ? Une fois qu'ils seraient partit rien n'empêcherait Bowser de conquérir le royaume champignon et le mettre sous sa domination. Et la prochaine fois, il fera participer également son armée de sbires à sa besogne et ce serait la fin pour eux. Non, se ressaisit Luigi, il faut en finir ici et maintenant. Nous avons une chance de gagner et il faut l'utiliser, aussi minime soit-elle.

« – Il est peut-être puissant mais nous sommes encore trois à pouvoir l'empêcher de conquérir le royaume champignon, répondit Luigi en tentant de se donner de l'assurance, si nous réunissons nos forces, nous pourrons égaler son pouvoir et le battre.
– Ne soit pas si confiant petit frère. Sa magie peut tuer maintenant.
– Celle de Mitsuki aussi. Je te l'ai dit : je me battrais et vaincrais pour moi. Et puis de nous deux je suis de loin le plus prudent alors arrête de t'inquiéter pour moi et garde tes forces. Je prends la relève. »

Mario voulut ajouter quelque chose mais il s'évanouit avant d'avoir pu le faire. Luigi se releva et dirigea ensuite la tête vers les princesses.

« – Essayez de le soigner du mieux que vous pouvez. Je retourne au combat.
– Luigi attends, cria Daisy. »

Luigi n'eut pas le temps de se retourner que Daisy se précipitait vers lui et déposait passionnément ses lèvres contre les siennes. Quoique surpris il ne résista pas et il la serra avec fougue en retour. Le son d'une explosion provenant de l'arène lui fit reprendre conscience de la situation et il se délogea doucement de son étreinte. Le devoir l'appelait, il devait y aller. Néanmoins, avant de repartir, il recula sa tête pour l'admirer une dernière fois. Le cœur de Luigi s'arrêta lorsqu'il l'aperçu des perles limpides coulées sur les joues de la fille qu'il aimait tant. La fille, dont on disait l'humeur joueuse et solide, pleurait.

« – S'il te plait reviens en vie, supplia-t-elle d'une voix tremblante.
– Je te le promets, lui murmura-t-il en la serrant de nouveau afin de la rassurer et en plongeant son regard dans les yeux de sa bien-aimée aux couleurs célestes. »

Luigi lui sécha ses larmes, se délogea de ses bras avec un sourire et sauta du bateau volant vers l'arène où ses amis ne seraient pas contre son aide.


« – Tu en as mis du temps, répliquais-je sans la moindre pointe de frustration.
– Désolé, tu sais les « au revoir » et tout, répondit Luigi, tu as un plan ?
– Non mais je sais qu'il faut lui faire recracher ce fichu fragment. Il est trop dangereux dans cet état. »

Bowser inspira profondément et envoya plusieurs boules de feu incandescentes dans notre direction qui partirent à une vitesse folle. Je réussi à les contrer à temps à l'aide de mes sphères aqueuses mais cela ne pouvait continuer ainsi. Il fallait trouver une solution. Soudain Bowser sauta et d'un seul coup de pied il détruisit le plateau en plusieurs morceaux. Perturbés par la force de l'attaque nous perdîmes le contact avec le sol et nous sommes tombés en arrière. Par réflexe je réussis à me remettre sur mes pieds. Il fut de même avec mes compagnons. De suite j'envoyais un morceau de roche vers l'ennemi mais il s'en débarrassa d'un revers de patte. Rien à faire je ne trouvais pas de solution, il était trop grand pour que mes pouvoirs lui fasse quelque chose. Grand ? Voilà c'est ça la solution ! Je rangeais mon katana.

« – Luigi, criais-je, lance-moi un mini-champi. »

Malgré son incompréhension Luigi lâcha le champignon en ma direction. Je l'attrapais d'une main et croqua d'un coup sec dedans. Tout en mâchonnant l'aliment, je sentis ses effets se manifestés dans toutes les parcelles de mon corps. Je chargeais tout droit vers Bowser. Le décor s'agrandit autour de moi mais ma vitesse de déplacement dans l'espace restait la même que précédemment. Je pris mon étoile entre les deux mains et je me suis concentrée. Du point de vue de mes camarades, on aurait pu voir une texture multicolore se répandre peu à peu jusqu'à me recouvrir complètement de ses couleurs. Je me sentais invincible. Alors que je m'approchais de notre ennemi, Bowser inspira profondément et souffla une gerbe de feu. Je me suis arrêtée et je me suis laissé submerger par les flammes incandescentes. J'ai fermé les yeux et attendis qu'il finisse son attaque. Ses flammes me picotèrent la peau. Je renforçais ma concentration, je ne devais pas faiblir. Je ne devais pas lui laisser ne serait-ce qu'une infime avance. Une fois son souffle éteint, je pliais les genoux et sautait. Bowser tenta de m'arrêter mais je me suis servi de mon pouvoir du vent pour prendre de l'envol et changer ma direction. Il s'apprêtait déjà à refermer sa bouche. J'ai frappé l'air d'un coup de pied sec. Je réussi à entrer dans sa gueule de justesse. De là je glissais sur sa langue gluante sans aucune résistance et je suis entrée dans son gosier. A la fin de l'étroit passage, j'ai atterri dans une substance aqueuse dont je ne préférais pas connaître la composition tellement l'odeur qu'elle dégageait était infecte. La matière liquide m'arrivait jusqu'aux hanches et le sol sur lequel j'étais était mou. Cet endroit me donnait envie de vomir. Il était temps que je trouve le fragment et que sorte d'ici rapidement. D'un mouvement de poignée j'ai créé une boule de feu en prenant soin de la recouvrir d'une fine couche d'eau afin qu'aucun élément de l'endroit ne s'embrase. Une fois la lumière apparue, j'explorais des yeux l'environnement en déplaçant en même temps la sphère lumineuse. Un éclat de lumière se refléta dans l'obscurité sur la paroi en face de moi. J'avançais alors dans le liquide poisseux pour voir s'il y s'agissait de ce que je cherchais. Bingo c'est ce que je cherchais ! Hélas lorsque que je me suis approchée, j'ai découvert avec horreur que le fragment était solidement incrusté dans le tissu organique de la paroi. J'ai tenté de trouver un endroit où déposer mes mains pour dégager le fragment de sa cavité mais mes doigts s'obstinaient à glisser sur la matière lisse dont était composé l'objet. Pas la peine de réfléchir pendant des heures, me suis-je dis, je sais ce qu'il faut faire. Je sortis mon sabre de son fourreau. D'un coup de lame j'ai planté mon katana dans la chair flasque à quelques millimètres au-dessus de l'éclat. Ce geste provoqua de vives secousses qui m'obligèrent à maintenir le manche de mon arme et me fit sentir une vague de liquide puant se déverser sur mon dos. Je fis un mouvement de levier afin de déloger la pierre de son creux. Ne voyant aucun changement je recommençais de nouveau mon geste. Des secousses m'accompagnaient et me rendait la tâche plus ardue tandis que je m'employais à sortir le fragment. La chair qui reliait la paroi à celui-ci cédait à mesure que je réitérais mon geste. Il ne resta plus que quelques lambeaux lorsque j'ai décidé de retirer mon sabre imbibé de sang de l'entaille que j'avais faite. Je l'ai nettoyé comme j'ai pu et l'ai rangé dans son fourreau. Puis j'ai attrapé le fragment avec la main et je l'ai tourné de la même manière qu'un enfant impatient s'enlève une dent qui bouge. Un tremblement violent ébranla le sol à la seconde où j'ai sorti l'objet tant convoité et il m'expédia en arrière dans la substance aqueuse. A ce moment précis je commençais sérieusement à en avoir marre. Usant de mon pouvoir de vent je remontais un gosier qui s'entêtait à se contracter. Mais malgré cela je réussis à sortir de la gorge de Bowser. D'un raclement de gorge et d'une brusque expiration d'air il me projeta dehors où j'atterris brutalement sur les dalles. Je sentis mon corps perdre son pouvoir de miniaturisation et revenir à ma taille originelle. A mon grand désespoir l'odeur et la substance qui me recouvrait m'avaient suivi. Je m'empressais de me relever et j'ai vivement approché le fragment, maintenant plus petit, vers mon étoile accrochée à mon cou. A son contact l'artefact réagit en créant une brillante lumière et quelques secondes plus tard, le fragment avait disparu. Bon maintenant la contre-attaque. Je me tournais vers notre ennemi qui avait perdu sa peau assombrie et ses yeux rouges sang. Il écumait à présent d'une rage incommensurable. Il inspira profondément et cracha des boules de feu. Mais moins puissantes, moins rapides et surtout moins dangereuses que les précédentes. Elles profitèrent à Yosushi qui les avala une par une et les recracha sur l'ennemi. Bowser se protégea de ses attaques renvoyées. Luigi mit à profit cette action pour se placer derrière Bowser, monter sur sa carapace et faire une charge au sol sur sa tête. Quant à moi j'ai utilisé le pouvoir de la terre pour lui envoyer un morceau du mur rocheux. Il le reçu en pleine face après avoir reçu l'attaque de Luigi. Bowser recula de quelques pas en arrière. On ne lui laissait pas le temps de souffler. De suite après Yosushi tira sa langue qui s'enroula autour d'un des bras de Bowser, Luigi réitéra le fulgurant coup de poing qu'il lui avait déjà fait avant. D'un coup horizontal un arc de cercle enflammé crée par mes soins partit en direction de sa cible. Bowser tomba à la renverse. Luigi attrapa sa queue, il tourna sur lui-même et lâcha Bowser qui partit dans les gradins des spectateurs passés. Sa haine le fit se relever et il sauta pour créer des ondes de choc. Nous sautâmes facilement pour les éviter. Il était temps d'en finir. Luigi pris une fleur de feu qui fit changer ses vêtements de couleur et lança plusieurs boules de feu de couleur verte vers Yosushi qui s'empressa de les avaler une par une. Bowser s'approcha de nous, prit une grande bouffée d'air et éjecta une grande gerbe de feu. Yosushi était prêt et il fit de même, un jet incandescent de couleur verte sortit de sa bouche et bloqua la brulante attaque de l'ennemi. Les attaques cessèrent à peu près en même temps lorsque les deux assaillants furent à bout de souffle. Mais ce que l'ennemi ne savait pas c'est que moi et Luigi on avait profité de cette occasion pour nous enduire le corps de la substance multicolore en nous plaçant à l'intérieur des flammes. De ce fait, quand la chaleur s'est arrêtée, nous avons bondi simultanément, le poing chargé en électricité à puissance maximale, et frappés avec force le roi Koopa. Le coup fut si incroyable que Bowser partit en arrière et son vol ne fut stoppé que par un mur qu'il se fractura à son contact. Il voulut se relever avec difficulté mais j'ai été plus rapide. J'ai lancé une immense boule de feu qui s'écrasa sur le plafond au-dessus de l'ennemi. Le plafond se fracassa en plusieurs gros morceaux de roche et tombèrent sur sa carapace, l'empêchant de se relever. Malgré la fatigue qui me pesait je n'ai pas pu résister à sauter de joie. Mes compagnons sautèrent également, heureux d'en avoir fini avec ce combat. C'était terminé et on avait gagné.

Le bateau entreprit une légère descente et exposa une échelle de corde destinée à remonter sur le navire. Yosushi monta le premier suivit de Luigi. Je restais un peu en retrait, réfléchissant sur le déroulement du combat tandis je me nettoyais pour faire disparaître l'horrible odeur qui me poursuivait. Un grognement fut émis de la zone où se tenait le boss défait. Je me suis retournée et je me suis dirigé vers lui. Une fois devant lui il leva ses yeux emplis de colère vers moi.

« – Qu'est-ce que tu attends pour m'achever ? dit-il dans un grognement. Tu en as le pouvoir. »

Je l'ai ignoré et j'ai commencé à escalader sa carapace. J'ai dégagé les roches qui le maintenaient au sol, puis je suis descendu. Je l'ai regardé droit dans l'œil.
« – Je me fiche de savoir c'est quoi ton problème avec Mario, la princesse et la conquête du royaume champignon et pour tout te dire j'ai bien l'intention de vous laisser vous battre de nouveau à ce sujet, prononçais-je froidement. Cependant, si tu touches encore à une des personnes qui me sont chères ou de t'intéresser de trop près aux anciens mythes, je peux t'assurer que tu le regretteras amèrement. »

Je suis tournée et j'ai marché vers l'échelle pendue qui n'attendait plus que moi. Nœud par nœud je montais petit à petit vers le pont du navire tandis qu'il montait dans les airs. Je suis arrivé exténuée, les jambes et les bras endoloris. La montée m'avait achevé. Ah, vivement un bon repas et du repos bien mérité, me suis-je dis. Je m'imaginais déjà une bonne tranche de Cheep-Cheep dans mon assiette avec une excellente sauce aux champignons comme Toady savait la faire. Cependant quelque chose n'allait pas. Luigi et Yosushi étaient figés devant les deux princesses dont je pouvais observer des traces brillantes sur les joues de leurs visages attristés. Entre eux se tenait un Mario allongé dont la peau était encore plus blanche qu'elle ne l'était auparavant.

« – Je suis désolé Luigi, pleura à chaudes larmes Peach. Il a perdu trop de sang, on, on n'a pas pu le... »

Elle ne put finir sa phrase, ses pleurs redoublèrent d'intensité. Daisy l'a serra très fort dans ses bras. Des larmes coulaient également sur ses joues qui devenaient rouge à force de vouloir les faire disparaître. Luigi, sans voix, tomba à genoux près de son frère.

« – N-non, souffla Luigi anéanti par la nouvelle. Ce n'est pas possible. Ohé grand-frère réveilles-toi... réveilles-toi... réveilles-toi. »

Il poussa d'abord doucement le corps inerte pour tenter de le réveiller puis, voyant que cela ne marchait pas, il agrippa fermement les bretelles de la salopette et le secoua frénétiquement.

« – T'as pas le droit de me faire ça ! s'écria-t-il de manière désespérée. Lèves-toi ! Maintenant ! Aller !
– Arrête Luigi, prononça Daisy accablé de devoir dire cela à Luigi, on ne peut plus rien faire.
– Non il faut encore essayer !
– Luigi, dit Peach avec tristesse, je t'en supplie, arrête. Ça suffit. »

Ses mains griffant le tissu de la salopette, Luigi posa sa tête sur le buste de son frère s'enduisant encore plus le corps de sang. Yosushi tenta de poser ses mains sur les épaules de Luigi mais ce dernier les repoussa brutalement. Le contraste entre le rouge de son visage et le bleue de ses yeux donnait tellement d'ampleur au regard noir qu'il lançait que Yosushi s'éloigna de lui par prudence. Je regardais cette scène avec horreur, des larmes s'étaient misent à couler toutes seules sur mes joues sans que je ne puisse rien y faire. Je ne pouvais rien faire. Ma magie était devenue inutile et même si elle pouvait faire quelque chose je n'en ai pas assez pour changer les choses. Je jurais et frappais d'un violent coup de pied une caisse qui était sur mon passage. A quoi ça servait que je possède la magie la plus puissante du royaume champignon si je ne pouvais pas faire ce que je voulais avec ? Je ne peux rien faire. Bon dieux mais à quoi ça a servi tout ça !

« – Tu veux le sauver ? »

Je relevais la tête d'un bond. Je regardais de tous les côtés pour savoir d'où cette voix provenait. Et voilà, me disais-je, maintenant j'entends des voix. Un petit son de clochette retentit à peine inaudible.

« – Tu veux le sauver ? »

Un nouveau son de clochette résonna mais il semblait que j'étais la seule à l'avoir entendu. Je découvris avec étonnement que les sons venaient de mon étoile d'où émanait des éclats de lumière à intervalle régulier. Étrangement elle était chaude au touché sans pour autant être brûlante.

« – Tu veux le sauver ? répéta-t-elle une nouvelle fois.
– Oui je le veux, chuchotais-je en emmenant l'étoile jusqu'à ma poitrine.
– Alors laisse la magie opérée, dit-elle d'une voix douce et mielleuse. »

Dès lors je sentis comme des picotements dans la main qui tenait l'étoile. Les picotements s'amplifièrent mais, à l'inverse de ce qui devait se produire, ils acquièrent dans leur développement un contact duveteux sur ma paume qui se transforma en une sorte d'aura. Cette aura pourvut de chaleur circula de ma main vers mon bras puis continua sa route vers les autres membres de mon corps. Je me sentais comme apaisé, comme si les évènements du château et la fatigue n'avaient jamais existé. Cette aura me calmait, me redonnait confiance et agissait de la même manière qu'aurait fait le réconfort d'un proche et la caresse d'une couverture moelleuse. J'avançais en direction de Luigi qui n'avait pas bougé de sa place. Je me mis à genoux à côté de lui et mis ma main sur son épaule. Cette fois-ci il ne résista pas. Il soupira profondément et tourna sa tête vers moi. Je lui montrais mon artefact brillant.

« – Luigi, disais-je d'un ton apaisé, je n'y arriverais pas sans toi. »

Luigi ne réagit pas de suite mais lorsqu'il comprit je vis dans son regard un flambeau ardent d'espoir. Je me mis en face de lui et disposais l'étoile au-dessus de Mario. Dès l'instant où Luigi déposa sa main sur la mienne l'éclat de l'étoile dupliqua jusqu'à en être aveuglante. Le rouge pour l'énergie. L'étoile vira au rouge et des filets de poussières de même couleur descendirent vers les blessures ouvertes de Mario qui commencèrent par miracle à se refermer petit à petit. Cependant, avant que les blessures soient toutes guéries, l'artefact perdit brusquement sa luminosité et brisa avec brutalité le lien qui nous unissait. Le choc fut si fort qu'il nous fit tomber à la renverse, haletants et épuisés. L'étoile restée dans ma main fumait. Ce n'est pas assez, il en faut plus. Je me relevais vite fait ainsi que Luigi prêt à réitérer notre action mais avant qu'on ait pu faire le moindre geste une main de couleur rouge se posa au-dessus de celle de Luigi. C'était la main de Yosushi. A peine avait-il fait ce mouvement que les princesses le suivirent et déposèrent leurs mains à l'unisson par-dessus. Je fis un signe et l'artefact recommença à briller de plus belle. Même si la lumière était déjà aveuglante j'aurais juré qu'elle était devenue plus puissante. Et le vert pour la vie. L'étoile prit la teinte familière d'un vert que tout le monde avait déjà vu de son vivant. Cette fois-ci des gouttelettes d'un coloris similaire à de l'absinthe sortirent de l'artefact, tombèrent avec lenteur et pénétrèrent dans le corps inerte qui se mit à briller à mesure que les gouttes en étaient absorbées. Une fois la dernière parcelle de solution infiltrée, le corps de Mario cessa de rayonner tandis que l'étoile perdait à nouveau sa lumière. Tout le monde était épuisé et Luigi plus encore que tout le monde.

« – Pourquoi plus lui que les autres, ais-je demandé silencieusement à mon étoile.
– L'amour, répondit-elle avec douceur. »

Bien sûr, me suis-je dis à moi-même non sans une note sarcastique, c'est tellement simple. L'artefact produisit plusieurs sons de clochettes comme s'il riait de ma réaction. Je l'ignorais et portais davantage mon attention sur Mario. Je regardais ensuite Luigi : son comportement trahissait la tension que lui apportait chaque seconde qui écoulait sans le moindre résultat. Soudain la poitrine de Mario s'éleva gonflée par l'oxygène qu'il venait d'avaler mais l'expirer fut une tâche plus ardue car il ne put le faire qu'à l'aide d'une quinte de toux. Le visage de Luigi s'illumina d'un immense sourire et il pleura à nouveau mais cette fois-ci de joie. Peach et Daisy, tous les deux soulagées, se prirent chacune dans leurs bras tandis que Yosushi et les bébés sautaient de bonheur. Mario ouvrit lentement les yeux et regarda autour de lui jusqu'à qu'il aperçoive son frère à côté de lui. Luigi lui sourit.

« – On a réussi frérot, annonça-t-il en pleurant de joie, on a réussi. »

Mario ne réagit pas de suite. Un sourire passa brièvement sur son visage avant de se changer en grimace de douleur. La magie a fait disparaître les blessures internes mais elle n'était pas arrivée à les refermer complètement. Je me relevais et m'éloignais des deux frères pour m'installer vers le panneau de contrôle du navire. J'ai désactivé le pilotage automatique et je pris la barre pour me changer les idées.

La silhouette sombre de ce qui restait de la forteresse du roi Koopa se dissipa peu à peu à mesure que le navire volait en direction du nord vers le château de la princesse Peach. Le temps réagissait étrangement dans cette zone du royaume champignon. Plus nous allions vers la frontière de cette environnement magmatique et plus le soleil montait haut dans le ciel pour aboutir finalement à une boule incandescente dont l'emplacement m'indiquait que nous étions bien avancé dans l'après-midi. Si on continu à cette allure, me disais-je, on risque d'arriver bien après la tombée du jour et peut-être bien au petit matin. Je commençais à dodeliner de la tête lorsque Yosushi se proposa de prendre ma place. J'en profitais alors pour revenir sur le pont où chacun s'étaient installés comme ils pouvaient. Luigi dormait, sa tête sur les genoux de Daisy, tandis que Peach était assise à côté de Mario qui était éveillé. A peine je me suis assise que bébé Luigi se dirigeais vers moi et plaça dans le creux de mes jambes croisées suivit par son frère.

« – Les enfants ont l'air de beaucoup t'apprécier, fit remarquer Peach d'une voix douce.
– Oh euh oui, répondis-je un peu perdue, c'est l'une des seules choses auxquelles je peux exceller.
– Oui en effet. »

Elle émit un petit rire que j'ai trouvé assez charmant. C'était comme si chacun de ses gestes rayonnaient de grâce et de finesse. L'étoile poussa un petit carillon. La vision d'une femme aux cheveux d'or me vînt à l'esprit comme un souvenir enfoui resurgissant à la surface. Ce rire. Elle avait le même. Un silence s'établit entre Peach et moi.

« – Mitsuki, prononça Mario, je tiens à m'excuser pour mon comportement et pour ce qui s'est passé.
– Étant donné les circonstances, je crois que l'on peut dire que nous sommes quittes, répondis-je.
– Non j'insiste, je sais que je peux parfois être de nature têtu et je tiens à m'excuser pour ce qui t'es arrivé.
– Tu es obstiné, c'est ton caractère. Et puis cette aventure était une expérience comme une autre. Il y a eu des moments difficiles mais je ne regrette vraiment aucun d'entre eux. Même le fait que tu m'aies roué de coups. »

Je rigolais silencieusement de manière nostalgique. Mon sourire s'effaça doucement de mon visage. Quelque chose n'allait pas. D'abord cette voix et ensuite ce rire. Ses choses ne m'étaient pas étrangères. C'était comme des souvenirs qui n'attendaient qu'une étincelle pour s'illuminer. Je n'étais pas rassuré de le savoir. C'était surement la fatigue, rien de plus. Je délogeais bébé Luigi et son frère de mes jambes, mis ma capuche sur ma tête et me laissais tomber exténué sur le plancher. Un rêve vint m'assaillir durant mon repos. C'était une plaine verdoyante baignée par une lumière claire et chaude. Le vent faisait danser harmonieusement les fleurs aux corolles de couleurs diverses. Le royaume n'avait pas changé. Deux hommes aux cheveux bruns parlaient joyeusement entre eux. Le plus jeune semblait prendre physiquement le chemin du plus âgé dont les tempes et la barbe grisonnaient. Leur présence fit bondir le cœur de ma poitrine. Je connaissais l'un d'eux. Le plus jeune était mon père. Les rires s'échappèrent comme un écho vers un autre côté. Je tournais la tête. Trois femmes entrèrent dans mon champ de vision. Une chevelure argentée tombait sur les épaules des deux premières tandis que la troisième possédait des cheveux de couleur châtains. Elle avait mes yeux. Mes larmes coulèrent de mes yeux. Elles sont toujours aussi belles. Elles rejoignirent les deux hommes tranquillement qui étaient maintenant assis sur une nappe de pique-nique. Je courrais vers eux et je m'installais à côté de mon père. Soudain le vieil homme à l'allure royal sortit de sa poche un objet. Je fus estomaquée. C'était l'étoile des cinq éléments.

« – Héhé et dire qu'après toi cet artefact sera un jour à ta fille, dit-il en souriant. Enfin, je ne fais pas de souci. Elle a ton caractère.
– Tu devrais plutôt avoir peur, fit mon père avec un trait d'humour mais il reprit vite son sérieux, tu veux toujours qu'on le fasse ?
– Oui il serait mieux pour vous trois. Je ne peux pas demander cela à …. car c'est elle qui doit régner à ma mort. Mais les temps futurs vont être très difficiles pour le royaume. Pas dans des décennies mais d'ici quelques siècles. Pour être honnête je n'ai que peu de confiance envers cette histoire de héros moustachu. Je serais moins inquiet si je savais que c'était l'un de mes héritiers qui s'en occupait. Mais je suis également roi. J'ai besoin d'un héritier de ce côté-ci aussi. Un pour les pierres, un pour le trône.
– Le temps est une chose différente là-bas. C'est toi qui me la raconté.
– Je le sais mais c'est un sacrifice que je suis prêt à subir. Pour l'avenir du royaume. »

Le souvenir se brouilla et s'assombrit comme un liquide auquel on aurait ajouté de l'encre noir. Des séries d'images et de souvenirs se succédèrent devant mes yeux jusqu'à ce que cela laisse place aux ténèbres qui me firent revenir à la surface vers la réalité. J'ai ouvert les yeux et inspiré profondément. Je me relevais et en me frottant les yeux j'ai remarqué que je pleurais. Le bateau amorça une descente. Le soleil se levait lentement dans le ciel. J'eus alors le château de Peach en visuel et le tumulte d'une foule se fit entendre peu à peu. Une fois l'atterrissage terminé, une nuée de Toads, menés par Papy Champi, se précipitèrent vers les deux princesses, les bébés et les frères Mario qui s'étaient réunis. Quant à moi, je ne bougeais pas d'un pouce. Je regardais plutôt les Toads déplacer Mario sur un brancard avec une force et une rapidité dont on ne les aurait jamais crus capable. Je ne pensais plus à rien, j'avais envie de partir. Ce n'est seulement que lorsque la foule eut disparut que je me décidais à descendre du navire. L'agitation ne s'était pas calmée mais quelque part je m'en fichais. Portant mon étoile dans une main et mon katana de l'autre, je me dirigeais nonchalamment vers la bibliothèque. Elle avait bien changé depuis la dernière fois où je suis entrée à l'intérieur. En même temps j'étais interdit d'y entrer depuis la première fois que j'y suis entrée. Traversant les rayons d'ouvrages, je m'arrêtais devant une étagère de livres dont les dos étaient usagés. Je sortis l'un d'eux et l'ouvris. Les pages jaunâtres répandirent une odeur de poussière compressée dans un minuscule espace pendant des décennies. L'écriture manuscrite n'était pas facile à lire mais je reconnue l'ancienne langue du royaume champignon. C'est tellement loin et près à la fois, me chuchotais-je à moi-même.

« – Je me doutais bien que vous serez ici, fit une voix. »

Je me retournais précipitamment en fermant violemment le manuscrit sous le choc. Papy Champi marchait lentement vers moi appuyé sur sa canne. Il s'immobilisa et leva son regard vers le mien.

« – Votre mémoire semble être revenu, demanda Papi Champy. Que diriez-vous d'une discussion, bien installée dans un fauteuil autour d'une bonne tasse de thé ?
– Ce ne serait pas de refus, répondis-je sur un ton calme. »

Après avoir interpellé un Toad passant dans le couloir, nous nous assîmes confortablement chacun dans un fauteuil. Le silence couvrit l'atmosphère jusqu'à ce qu'un Toad, du nom de Toadbert, arrive portant un plateau où reposait une théière, deux tasses et une assiette de biscuit. Papy Champi remercia le Toad qui s'en alla. Il servit le thé dans les tasses et me tendit la mienne. Je le remerciais. Puis il se réinstalla dans son fauteuil avec sa tasse.

« – J'ai lu tous les ouvrages ici présents dans cette pièce, commença Papy Champi, tous sans exception. C'est le moins que l'on puisse demander à un conseiller royal. L'un des chroniqueurs royaux racontait dans son travail que le premier roi avait ordonné le départ de son héritier mâle ainsi que de sa famille. Malgré les recherches faites par ce dernier, aucune information ne fuita sur le pourquoi de cette décision mais on ne les revit plus jamais. Tout ce qu'il reste d'eux ce ne sont que des portraits peints poussiéreux dans un grenier et des écrits descriptifs oubliés dans un recoin de cette bibliothèque. J'ai remarqué votre apparence la première fois que je vous ai vu, enfin notre première rencontre face à face. C'est une des raisons qui m'a poussé à demander à la princesse de se montrer indulgente concernant la sentence de votre procès.
– Qu'est-ce qui vous fait croire que je suis ce que vous pensez, demandais-je, il n'y a jamais eu de représentation à mon image.
– Toutes les choses que j'ai citées à propos des portraits. Vous ressemblez trait pour trait au prince. Il y a en plus ce message que j'ai reçu du vieux Boo. Mais il se peut que me soit trompé. Si c'est le cas, considérons notre conversation comme un simple malentendu.
– Non vous avez raison. Vous n'êtes pas sans savoir que le premier roi n'était pas originel du royaume champignon.
– Certes oui.
– Le monde duquel il vient est relié au vôtre. En réalité il est relié à tous les autres mondes. Il existe une tradition là-bas. Il est de coutume que chaque mage de nouvelle famille reçoive après son apprentissage un artefact unique et magique en sa possession et qui sera transmis à son héritier. Une fois cet objet acquiert, le mage est envoyé dans un monde pour le protéger contre le mal, enfin théoriquement. Le précédent mage de votre monde n'a pas été un très bon exemple. Mon grand-père a été envoyé pour rétablir l'harmonie et suite à un concours de circonstances il a été nommé roi. Il s'est marié et il a eu des enfants. Quelques années plus tard il eut vent d'une prophétie. Elle disait que dans quelques siècles le royaume serait attaqué et détruit par un dragon géant mais que ce dernier serait sauvé par un plombier moustachu. Bien sûr, mon grand-père n'y a pas cru. Et plutôt que d'attendre et que sa dynastie se déchire au fil des siècles, il a préféré renvoyer mon père, ma mère et moi dans notre monde originel. Après cela il a brisé son artefact en cinq morceaux et il les a confiés à ses amis les plus fidèles. Le temps est une chose différente entre votre univers et le nôtre. On peut changer le cours du temps entre le mien et le vôtre mais cela ne fonctionne pas inversement. Cependant, à mesure que nous passions notre temps dans notre monde, mon père et ma mère ont commencé à éprouver un sentiment fort pour ce dernier. Comme mon grand-père lui avait appris à se servir d'un artefact magique, mon père décida de faire profiter de son expérience à de jeunes novices tout en n'oubliant pas la raison du pourquoi nous avions été envoyé ici. C'est ainsi que le jour de mes 14 ans il choisit de m'envoyer au royaume champignon quelques siècles dans le futur, non sans m'avoir appris toute la théorie en sa possession bien sûr. Mais durant le voyage il y a eu des complications et j'ai écopé d'une perte de mémoire et ma chute dans la bibliothèque n'a rien arrangé à tout ça. C'est ainsi que je me suis retrouvé, quelques mois plus tard, à chercher inconsciemment les pierres pour les réunir afin d'apporter l'harmonie sur le royaume même s'il en avait pas besoin étant donné que le soi-disant plombier moustachu de la légende faisait très bien son travail. »

Le vieux Toad émit un petit rire suite à cette référence. Puis le silence revînt.

« – Donc qu'allez-vous faire maintenant que l'artefact de votre grand-père est reconstitué et que la paix règne sur le champignon, dit Papy Champi.
– Si vous vous poser la question sachez que malgré ma légitimité, je ne désire pas accéder au trône. Non je pense que la princesse Peach est beaucoup plus apte à gouverner le royaume champignon que moi. Et puis, comme mon grand-père disait : un pour les pierres, un pour le trône. Je crois que je vais plutôt partir en voyage. Il reste de nombreux endroits à visiter et à découvrir.
– Je comprends tout à fait votre point de vue et je ne peux vous souhaitez que du bonheur durant votre voyage. Je vous remercie pour cette charmante histoire que vous m'avez racontée. »

Je me levais, le saluais. Mais alors que je marchais vers la sortie, quelque chose me titilla l'esprit.

« – Une petite minute, m'exclamais-je sur le coup de la surprise, comment se fait-il qu'aucune personne, mis à part vous, ne connaisse mon ascendance royale ? Je veux dire, le faite que j'ai obtenu facilement le sabre cela aurait pu être un indice. Mais personne n'a pris conscience de cela. Pas même Luigi qui a pourtant fait des recherches sur le katana.
– Il n'existe plus en ce monde qu'un petit groupe de personnes qui savent encore transcrire des écrits en langue ancienne, dont je fais partie, le vieux Boo aussi d'ailleurs. Et c'est bien le seul qui puisse reconnaître un membre de la famille du premier roi puisqu'il l'a personnellement connu. La princesse connait l'histoire de son royaume mais elle a bien d'autres priorités que de s'occuper de ce que disent d'anciens manuscrits. Quant à maitre Luigi, il a stipulé vouloir un livre relatant la légende à cinq éléments. Je lui ai alors tendu un manuscrit racontant mythes et légendes. Bien sûr, ce qu'il sait ce n'est que de l'histoire abrégée et romancée destinée à être apprécié par des enfants.
– Mais pourquoi n'avoir rien dit alors ?
– Je pense qu'il faut laisser les choses telles qu'elles sont. Imaginé la réaction de tout le monde en apprenant cette nouvelle. Et puis un peu de mystère n'a jamais fait de mal à personne. La princesse en sera informée … peut-être. Tout dépendra de ma volonté.
– Je peux donc laisser tout cela entre vos mains.
– Vous pouvez partir sans crainte. Mais vous ne voulez pas attendre quelques jours avant de vous en aller. Une cérémonie va avoir lieu pour célébrer votre victoire.
– Avec plaisir. Merci monsieur. »

Il me sourit. Puis je me retournais pour sortir de la bibliothèque. Je suis ensuite passé devant une fenêtre et j'ai regardé dehors : le temps était clair. C'était un bon moment pour aller se promener mais je n‘éprouvais pas l'envie de le faire. Je pris la direction de la cuisine où je retrouverais surement Toady aux fourneaux. Une fois arrivé à la cuisine Toady nettoyait sa table de travail à l'aide d'un chiffon. Il leva sa tête vers moi quelques instants et il retourna à sa tâche. Je me suis assise sur une chaise haute. Il descendit alors de son siège et déambula jusqu'à une grande mais basse plaque de cuisson. Avec une rapidité impressionnante, Toady entrechoqua les ustensiles entre eux, découpa, déposa les aliments au-dessus la plaque brûlante qui émit des sons délicieux à leur contact. L'odeur se mit à chantonner dans mes narines et me firent saliver de plaisir. Une fois terminé, il déposa le plat fumant sur la table. Une tranche de Cheep-Cheep accompagnée d'une sauce champignon et de riz. Mon plat préféré. Je mangeais avec bonheur tandis que Toady servait du jus de fraise dans deux verres. Nous trinquâmes et nous bûmes d'une traite.

« – Racontes-moi tout, fit Toady »

Et je me suis à parler.

Chapitre XLII
Épilogue

Après les événements qui ont eu lieu, le royaume champignon repris sa paisible existence. La cérémonie avait été organisée en grandes pompes au château pour récompenser Mitsuki, Yosushi et Luigi de leurs exploits. Elle fut naturellement célébrée avec un gâteau mais il fut entièrement engloutit par un Yosushi très affamé. Tout était calme en cette journée de printemps. Enfin presque. L’infirmerie du château faisait exception.

« – Pour l’amour du ciel maître Mario, s’exclama le Toad médecin qui avait perdu toute idée de patience. Combien de fois faudra-t-il que je vous le répète ! Vous devez rester allongé dans votre lit jusqu’à ce que vous soyez complètement rétablit. Il faut vous le dire en quel dialecte ? La langue pianta ?
– Mais cela va faire deux semaines que je suis ici, dit Mario assis sur son lit. J’ai besoin de sortir prendre l’air et de bouger. Et je vais beaucoup mieux, regardez. »

Il leva son bras en l’air mais il s’arrêta à mi-chemin. Une grimace se forma sur son visage et sa main se posa sur une des cicatrices de son abdomen.

« – Ah je vous avais prévenu, répliqua le médecin d’une voix furieuse. Vos blessures disent le contraire. Et maintenant vous retournez vous coucher de suite ! Sachez seulement que sans l’ordre de la princesse vous seriez encore attaché à votre lit et cela l’aurait été jusqu’à la fin de votre convalescence. Vous êtes de loin le pire des patients que j’ai eu à traiter. Vous savez quoi ? Débrouillez-vous pour lui donner son médicament. Moi j’abandonne. »

Il griffonna violemment sur son calepin et partit ensuite d’une marche rapide en maugréant tandis que Mario relevait sa couverture jusqu’à son torse en boudant. Ayant assistée à toute la scène, Peach, installée au chevet de Mario, émit un petit rire et caressa les cheveux de ce dernier.

« – Voyons Mario, dit-elle d’une voix douce, cesse donc de tourmenter ce pauvre petit Toad. Je suis sûr qu’il fait de son mieux pour te remettre d’aplomb. Soit patient, c’est bientôt fini. Aller, fait « ah ».
– Peach, fit Mario tout rouge en voyant la princesse approcher une cuillère vers lui, c’est humiliant. »


À Sarasaland, Luigi et Daisy prenaient une boisson rafraîchissante au bord de la piscine.

« – Euh Daisy, appela Luigi, les pieds dans l’eau.
– Oui Luigi ? répondit Daisy.
– Après toutes les expériences que nous avons vécues, je voudrais te demander quelque chose.
– Je t’écoute.
– Voilà euh…est-ce que tu vois un inconvénient à ce que je passe plus de temps avec toi ?
– Au contraire, je serais heureuse de partager de mon temps avec toi, sweetie.
– Vraiment !? Oh je suis content de le savoir. »

Ils se sourirent l’un à l’autre et ils s’embrassèrent.

Au temple de maître Yosho à Yoshiville aussi c’était très animé. Des petits Yoshis retenaient leur souffle devant l’incroyable histoire que leur contait Yosushi tandis que le maître Yosho méditait sur un rocher.

« – Et c’est alors que les fonds marins s’ouvrèrent en dessous sous la forme d’une main pour les entraîner à jamais vers le fond. Mais le brave Yoshi ne craignait plus l’eau désormais. Il tira sa langue et réussit à s’accrocher au bord du bateau là où l’attendait la sorcière qui contrôlait les mers. Avec l’aide de ses amis il réussit à vaincre la magicienne qui disparut à tout jamais.
– Oooooh, firent les bébés Yoshis en admiration.
– Encore une de tes aventures s’il te plait, cria l’un des Yoshi.
– Non, apprenez-nous à nager maître Yosushi ! cria un autre.
– Oh oui, on veut nager et être de braves Yoshis ! s’exclama un autre Yoshi.
– « Maître » Yosushi, ria maître Yosho, voilà un titre dont je ne m’attendais guère. »

Yosushi tentait désespérément de remettre le calme dans son groupe mais sans succès. Il rigolait nerveusement maintenant, gêné de la situation.


J’ouvris la porte de la chambre dans un grincement. Pour on ne sait quelle raison, il s’agissait de la plus chaude et de la plus silencieuse de toutes les pièces du manoir des Boos. Mais le mystère s’éclaircissait lorsqu’on entrait à l’intérieur de la pièce. Au fond de cette dernière se tenait un tombeau funéraire et un autel sur lequel il y avait une photo et un présentoir pour sabre. Je pris mon katana et le déposais délicatement dessus. J’ai claqué mes mains en les joignant et j’ai salué. Puis j’entrepris de nettoyer la photo à l’aide d’un mouchoir. Cette dernière représentait un homme à la barbe brune naissante et aux habits royaux dont les mains étaient sur les épaules de sa femme. Celle-ci se tenait assise sur un siège dans une robe somptueuse et ses cheveux de couleur d’or cascadaient avec souplesse derrière son dos mettant alors en valeur son visage angélique. Leurs deux enfants étaient présents avec eux. Leur fille, la plus grande, avait le regard doux et mielleux et se trouvait juste à côté de sa mère. Elle avait hérité de sa chevelure ainsi que sa beauté. Leur petit garçon, en revanche, avait pris la physionomie de son père. Il se tenait assis gentiment sur les genoux de sa mère qui l’enlaçait tendrement. Il était cependant le seul de la photo à regarder ailleurs.
Je remis la photo à son emplacement et je me retournais pour partir. Les légendes ne sont jamais exactes à 100%. Maintenant je le savais. Les souvenirs viennent et passent sans que l’on puisse y remédier. Tout ce qu’on peut faire c’est de continuer à avancer. Soudain, une voix portée comme un soupir dansa jusqu’à mes oreilles. Je savais qu’il était là. Il n’a jamais eu l’idée de quitter son royaume et encore moins ses plus proches amis.

« – Bien joué petite tête, me souffla-t-elle. »

Je souris.
Merci pour ce cadeau grand-père.

FIN