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La fleur des neiges

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Par MadyMise à jour le 16/03/2016
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L'histoire

Chapitre I
La quête

Le soleil rayonnait haut dans le ciel et frappait si fort en ce milieu de l’été que bébé Luigi se demandait comment lui, son frère, bébé Peach et bébé Daisy, pouvaient encore s’amuser sous cette chaleur à mourir. La température finit par prendre le dessus et le jeu prit fin. Ils s’installèrent tous près de la fontaine à la recherche de la fraîcheur qui en émanait. Six ans s’étaient déjà écoulés. Son enlèvement et la série de péripéties qui en suivit durant ces années avaient rendu bébé Luigi calme et très mature pour son âge. Il avait désormais neuf ans et comme son frère et les autres il rechignait à ce qu’on ajoute le terme de « bébé » devant son prénom. Mais on avait facilement trouvé un terrain d’entente. Tout le monde s’était mis d’accord pour employer l’épithète « petit ». Petit Luigi s’aspergea le visage d’eau et dirigea ensuite son regard vers la petite Daisy. Elle ne semblait aucunement dérangée par la température qu’il faisait et cela se comprenait car elle avait l’habitude de ce genre de climat. Elle vivait à Sarasaland comme Daisy et faisait le chemin en tuyaux pour venir jouer avec eux. Cependant au lieu de voir de l’impatience dans ses yeux comme elle avait l’habitude de le montrer lorsqu’ils faisaient une pause, elle semblait aujourd’hui un brin mélancolique aux yeux de petit Luigi. Il décida qu’il lui poserait la question plus tard lorsqu’ils seront seuls tous les deux. Il était bientôt l’heure pour petite Daisy de s’en aller et de retourner à Sarasaland. Tout le monde se rendit alors vers la salle des tuyaux quand Mario fit irruption à l’angle d’un couloir.

– Ah petit Mario je te cherchais, dit Mario, prends tes affaires on part en mission. Petite Peach, la princesse t’attend dans son bureau pour vos cours de l’après-midi. Ne soyez pas en retard tous les deux.

– Tout de suite Mario, répondirent en cœur les deux intéressés.

Petit Luigi ne put s’empêcher de remarquer le regard de fierté limite arrogant que lui lançait petit Mario ce qui avait le don de l’exaspérer au plus haut point. Il s’en alla au côté de Mario tandis que la princesse aux cheveux dorés eut la politesse de leur dire au revoir à tous les deux avant de disparaître également. Petit Luigi ne savait pas ce à quoi pensait à cet instant petite Daisy mais lui il se sentait comme s’il avait été mis sur la touche. La main de petite Daisy entra en contact avec la sienne. Il sursauta puis rougit.

- Peux-tu me raccompagner jusqu’au tuyau s’il te plaît ? demanda-t-elle.

- B-bien sûr, bredouilla petit Luigi un peu confus.

Visiblement il y avait des choses qui ne changeaient pas. Tout comme Luigi, petit Luigi l’a trouvait très jolie avec sa robe orange et ses cheveux vénitiens. Il aimait son humeur joyeuse et dynamique. Cependant il ne pouvait s’empêcher de se poser des questions. Est-ce que l’histoire est obligée de se répéter avec eux ? Certes ils étaient comme des copies enfants de leurs homologues adultes mais cela ne voulait pas forcément dire qu’ils devaient agir comme eux. Cela plaisait à petit Luigi de savoir que Luigi s’occupait désormais de Sarasaland avec Daisy mais c’était l’entre-deux qui l’effrayait. Il enviait petit Mario qui partait à l’aventure tandis qu’il restait au château à contempler des illustrations dans les vieux livres de la bibliothèque. Il aurait donné beaucoup de choses pour être à la place de son frère. Il devait faire quelque chose même si ce n’était qu’une petite action. Il repensa aux yeux mélancoliques de petite Daisy. Il s’arrêta net et croisa le regard de petite Daisy.

- Pourquoi tu avais l’air triste lorsqu’on était à la fontaine, demanda-t-il.

- Tu as dû mal regardé, répondit-elle, je ne suis pas triste. Tu te trompes lourdement.

- Oh allez ! Tu étais moins enthousiaste que d’habitude. Quelque chose t’embête ? Tu peux m’en parler à moi. Je te promets de ne rien dire.

Petite Daisy hésita mais au fond elle savait que de tous c’est à lui qu’elle faisait le plus confiance.

- Bon d’accord, abandonna-t-elle, mais tu le promets, hein ? Sinon gare à toi.

- Promis, répondit Luigi.

- Avec le climat aride et tropical qui règne à Sarasaland, je n’ai pas l’occasion d’apercevoir la neige tomber sauf les fois où je viens au château pour vous voir en hiver. Mais même là elle ne tombe qu’en petits flocons et ne donne pas une aussi grosse couche que sur la montagne Glagla. En fait j’aimerais que des tonnes de neige tombent dans la cour du château et qu’on y joue dedans.

- Tu voudrais que la neige tombe en été c’est ça ? Hum, c’est impossible.

- Je savais que tu ne me prendrais pas au sérieux ! s’écria petite Daisy.

- Du calme, je n’ai rien dit de méchant. Je voulais juste dire que je ne connais aucun objet qui peut faire tomber de la neige en été. Les objets que l’on connaît comme la fleur de feu et l’étoile d’invincibilité ont été créés par le premier Roi du royaume champignon. S’il avait créé un tel artefact ça le serait… Attends… Mais oui ! Suis-moi !

Petit Luigi lui prit la main et courut en direction de la bibliothèque du château. Il venait de se souvenir. Quelque chose qu’il avait vu lors de ses nombreuses heures d’ennuis à essayer de faire passer le temps en feuilletant les vieux ouvrages que Papy Champi l’autorisait à regarder. Il ouvrit la porte de ladite pièce et lâcha la main de petite Daisy pour se précipiter d’un pas décidé vers les étagères les plus anciennes. Papy Champi, qui était assis dans un fauteuil, baissa l’ouvrage qu’il consultait pour lancer un regard désapprobateur à la silhouette de petit Luigi. Ce dernier revînt avec dans les mains un livre dont la couverture de cuivre commençait à partir en miettes. Il jeta un air désolé à Papy Champi qui finit par retourner à ce qu’il faisait auparavant. Petite Daisy rejoignit intriguée petit Luigi qui tournait les pages énergiquement. Papy Champi n’aime sûrement pas ce bruit, songea petite Daisy en s’asseyant, petit Luigi va finir par se faire taper sur les doigts et pas uniquement par le vieux maître.

- Ah voilà regarde, finit par dire petit Luigi.

Petite Daisy se pencha. L’ouvrage était écrit en langue ancienne et avait l’avantage d’être accompagné par de jolis dessins faits d’une encre sèche depuis des siècles. Petit Luigi posa alors son doigt sur un de ces dessins. Par des nuances de gris et de contours noirs, il représentait une fleur similaire à d’autres fleurs magiques dont ils connaissaient déjà l’existence sauf que celle-ci était accompagnée à ses côtés par un flocon de neige dont les branches, d’après l’opinion de petite Daisy, étaient magnifiques.

- Je me disais bien que j’avais déjà vu ce genre de fleur quelque part, dit petit Luigi. C’est une fleur de neige, enfin je pense qu’elle doit s’appeler ainsi car je ne connais pas l’ancienne langue.

- Ce doit être une fleur très rare. Même Mario ne doit pas connaître son existence et pourtant il sait pleins de choses sur les objets magiques. Ou alors elle a complètement disparu.

- Pff, je suis sûr qu’il ne sait même pas la moitié des mystères du royaume champignon. Mitsuki, elle, elle connaît pleins de choses et comme Papy Champi elle est beaucoup plus intelligente que lui.

- Qu’est-ce que tu en sais ? Si ça se trouve ce n’est même pas vrai. Elle n’est pas là pour le prouver.

- Si le livre dit qu’il existe une fleur de neige c’est qu’il doit en avoir une ! Tiens pour te le prouver j’irais jusqu’à en ramener une moi-même !

Petit Luigi ne savait pas si c’était le fait qu’elle lui ait parlé de Mario ou de Mitsuki qui l’avait amené à prendre ce ton brutal avec elle. Mais ce qu’il savait c’est qu’il commençait à en avoir plus qu’assez. C’était une accumulation de tous les événements et habitudes qu’il devait subir au quotidien et qu’il supportait de moins en moins. Il bredouilla une excuse tandis que Petite Daisy le regardait avec étonnement, puis elle rompit le silence.

- Attends, tu ne vas pas te mettre à la recherche d’un objet rare uniquement pour prouver que tu peux accomplir quelque chose tout seul et que ce livre dit vrai. J’ai juste dit ça sur un ton de défi, tu n’es pas obligé de le prendre au pied de la lettre.

- Si ! Et je te l’offrirai après.

- Personnellement je suis très touchée par ce que tu viens de dire et je trouve cela très romantique de ta part. Seulement il y a un obstacle à ça.

- Lequel ?

- Papy Champi et la princesse Peach ne te laisseront jamais sortir tout seul.

Là elle marquait un point. Autoriser un enfant à courir sans surveillance dans tout le Royaume Champignon n’était même pas une solution envisageable. Petit Luigi était dans une impasse et il se rendait bien compte que la provocation l’avait embarqué bien loin. Mais il avait envie de partir à l'aventure, non il en avait besoin. Il s’avança quand même vers Papy Champi. Ce dernier ne bougea pas de son fauteuil et le regarda à la manière d’un pédagogue.

- Si ça ne tenait qu’à moi. La réponse aurait été non.

- Pourquoi ça, demanda petit Luigi curieux.

- Étant donné la délicatesse avec laquelle vous consultez des ouvrages vieux de plus d’un siècle, je doute sincèrement que l’objet de votre recherche revienne en un seul morceau.

Petit Luigi rougit de honte en entendant ces paroles.

- De plus votre camarade a raison, continua-t-il, c’est dangereux à votre âge de sortir sans être accompagné et la princesse Peach sera aussi de cet avis. Je sais que nous sommes en période de paix mais ce n’est pas une raison pour déroger à la règle. A l’exception faite si vous trouvez un adulte responsable et qualifié.

- Petite Daisy retourne à Sarasaland, je pourrais demander à Luigi de partir à l'aventure avec moi.

- C'est une possibilité mais ne vous attendez pas à une réponse positive de sa part.

Ces derniers mots sonnèrent étrangement dans la tête de petit Luigi. Au contraire, il ne voyait pas Luigi refuser. Ce dernier passait tellement de temps dans son bureau à signer des papiers qu'il ne dirait sûrement pas non à un instant au grand air. Il sortit de la bibliothèque suivit par Petite Daisy et se dirigea promptement vers la salle des tuyaux située dans l'aile est du château. Il laissa d'abord sauter petite Daisy dans le tuyau indiqué et s’exécuta à son tour. Il sentit sur son visage le vent produit par la vitesse émise du tuyau. Déjà tiède au départ, il se réchauffait à mesure que le voyage s'éternisait. Ils se rapprochaient de plus en plus de Sarasaland. Arrivé à destination près de l'entrée du château, petit Luigi ne put s'empêcher de constater à quel point le soleil cognait et l'air irrespirable.

- Dépêches-toi de rentrer dans le château si tu ne veux pas finir en toast grillé, cria petite Daisy qui avait déjà ouvert l'une des grandes portes du château.

Petit Luigi se précipita à l'intérieur avec soulagement. Par on ne sait quel miracle, sûrement magique comme disait petite Daisy, la température du château restait relativement stable durant les saisons, ce qui rendait l'atmosphère agréable même dans les cas de canicule extrême que connaissait Birabuto durant l'été.

- Bon je te laisse, fit petite Daisy en lui faisant un sourire et un clin d’œil, tu connais le chemin. C'était amusant aujourd'hui.

Petit Luigi rougit légèrement et la regarda sans bouger partir de son côté. Du hall, il se dirigea vers un grand couloir adjacent qui menait directement vers l'aile réservée à l'administration royale. De toute évidence, comme on le disait occupé, Luigi ne pouvait être que là-bas. Il croisa sur son chemin quelques Pionpi du royaume Chai discutant entre eux et qui lui confirmèrent bien ce qu'il avait supposé. Il marcha alors nonchalamment jusqu'à l'accès du bureau royal gardé par Biokinton qui flottait paresseusement dans l'air. Celui-ci le laissa passé et petit Luigi entra.

La salle était grande, simple, bien éclairée par d'immenses ouvertures creusées dans des murs de pierres blanches. Et derrière un bureau en bois d'acacia se tenait le couple royal de Sarasaland. Luigi avait troqué sa célèbre salopette et son pull pour une tenue plus légère composé d’une fine chemise blanche, d’un pantacourt beige et de sandales. Daisy, dont on ne voyait que la tête et la poitrine, portait une banale robe d'été de couleur orangé et se tenait assise à côté de Luigi. Elle avait l’air exténuée, ce qui n’était pas habituel. Luigi, quant à lui, avait les yeux rivés sur de nombreux papiers disposés sur le bureau. Il griffonna sur l’une d’entre elles, prononça de manière tendu un « falloir régler tout ça » avant de la déposer sur la pile naissante de paperasse. Il leva ensuite sa tête vers Daisy, lui fit un sourire qu’elle lui rendit puis il dirigea son regard vers petit Luigi.

- Que me vaut ta visite petit Luigi, demanda Luigi en souriant.

- Est-ce que je peux te parler de quelque chose, en privé si ça ne t’ennuie pas, ajouta-t-il nerveusement.

Son sourire se changea en un regard à la fois interrogateur et soupçonneux qui, de derrière son bureau, fit baisser la tête à petit Luigi. Prenant son courage à deux mains, petit Luigi lui lança un regard suppliant pour l’amadouer. Luigi soupira.

- Bon d’accord, abandonna Luigi, mais pas plus de cinq minutes. Excuse-moi Daisy.

Chose surprenante c’est lui qui se leva de sa chaise. Il embrassa Daisy sur la joue et il sortit de la pièce suivit de près par petit Luigi. Il ferma la porte derrière eux.

- Bon alors, qu’est-ce que tu veux me dire de si important pour que ce soit secret.

- J’ai besoin de ton aide pour une mission.

- Écoute, on en a déjà parlé de tout ça. Tu sais très bien que la situation a changé et que je ne suis plus en mesure de t’apporter mon aide.

- Mais cela ne prendra qu’une journée, peut-être moins ou plus mais je te jure que ça ne prendra jamais plus de deux jours. Juré.

- Je suis désormais à la tête d’un royaume encore plus grand que le Royaume Champignon et les soucis ne cessent de s’accumuler ces temps-ci. Je ne peux me permettre de m’absenter ne serait-ce qu’un seul moment, ce serait irresponsable de ma part. Et puis il y a Daisy. Je ne peux pas la laisser gérer seule tout cela surtout maintenant. Non, je suis désolé mais il faut que tu trouves quelqu’un d’autre pour t’accompagner.

Petit Luigi baissa la tête. Il attendait beaucoup de cet entretien mais Luigi lui faisait une nouvelle fois faux bond. Mais c’était compréhensible, il avait de nouvelles responsabilités. Cependant avec le peu de fois où il sortait en mission, petit Luigi se demandait s’il serait prêt un jour à protéger les royaumes avec son frère. Cette possibilité s’éloignait de plus en plus à ses yeux.

- Je voulais rapporter une fleur de neige, gémit petit Luigi, c’est pour petite Daisy. Elle aime la neige tu sais.

Luigi posa un genou à terre et déposa sa main sur l’épaule de petit Luigi.

- Même cet argument ne me fera changer d’avis, dit Luigi, je suis navré, c’est impossible.

- J’ai vraiment besoin d’un adulte sinon papy Champi ne m’autorisera jamais à partir.

- Demande à Mario de venir avec toi.

- Il est parti avec petit Mario en mission. C’est bizarre, lui il trouve le temps pour l’entraîner.

- Tu ne vas pas remettre le sujet sur la table ! Toi et moi nous savons qu’avec Mario c’est différent. Et Yosushi ?

- Il a ses cours de natation et on est en été. Il n’a pas trop le temps en ce moment.

L’été était une saison chargé chez les yoshis. La récolte des fruits et des légumes nécessitait un effort colossal en cause du nombre incroyable de produits à ramasser. Connaissant la nature des yoshis à dévorer tout ce qui était comestible, c’était très impressionnant de les voir aussi sérieux concernant la nourriture. Ils étaient certes tentés mais ils restaient professionnels. Mitsuki avait encore fait très fort cette année, pensa petit Luigi. Soudain son esprit s’illumina. Il sourit à cette solution.

- Je pourrais demander à Mitsuki de m’accompagner… Oh oui c’est vrai.

La grimace de Luigi lui fit lui rappeler que cette question restait compliquée. Mitsuki était actuellement introuvable. Elle avait pris pour étrange habitude au fil des ans de donner de moins en moins de nouvelles et se montrait distante. Ça avait commencé il y a quatre ans. Tout le monde pensait que le problème était réglé mais ça n’a fait que péricliter. Elle ne réapparaissait que lorsqu’on avait besoin d’elle et même en sachant cela il arrivait à petit Luigi de la rater. Le pire c’était quand deux Toads au château disaient l’avoir vu dans le couloir quelques instants auparavant. Il n’arrivait jamais à la voir, à croire qu’elle disparaissait comme elle apparaissait. Cela l’énervait d’autant plus que ses lettres se raréfiaient et que personne ne savait où elle était et quand elle le serait. Comme un boo mais en pire.

- Au point où ça en est, ça vaut peut-être le coup d’essayer, dit Luigi, mais ne t’étonnes pas d’un échec. Si tu veux mon avis tu devrais aller demander au manoir des boos. Ils ont souvent connaissance des déplacements de Mitsuki.

- Je vais essayer. Merci quand même.

Visiblement ce n'était pas son jour. Plus les minutes s'écoulaient et plus petit Luigi se demandait si la venue de ce voyage tant désiré se réaliserait. Tout reposait sur le peu d'informations que les boos voudront bien lui offrir, eux qui sont connus pour être très avare en conseils. Vois le bon côté des choses, pensa de manière sarcastique petit Luigi, tu es au moins sorti du château. Il prit le tuyau pour retourner à la salle aux tuyaux mais cette fois-ci il prit celui qui l'amènerait à l'orée de la forêt de la brume. Le manoir se dressait menaçant devant lui prêt à défier le moindre héros téméraire d'entrer afin que ses serres ténébreuses se referment sur lui pour l'éternité. Du moins c'était l'impression que lui donnait petit Luigi en le voyant. Hormis quelques coassements de grenouilles venant du marais et le bruit du vent passant dans des endroits exigus il y régnait un silence sinistre. Ce genre d'ambiance plaisait aux boos qui n'aiment pas être dérangés et ça expliquait l'installation de ce manoir sur ce terrain si lugubre. Petit Luigi leva les yeux au ciel. Il se demanda alors si c'était l'ambiance qui avait rendu le ciel gris ou bien l'arrivée imminente d'un orage. Quoi qu'il en soit le temps était à la fraîcheur et il n'allait pas rester dehors longtemps. Il frappa à la porte trois fois. Elle s'ouvrit avec grincement. Soudain deux points bleus apparurent dans le noir de l'embouchure puis enfin le boo entier qui portait un nœud papillon.

- Tiens, tiens, tiens mais regardez qui voilà, déclara le portier connu sous le nom de Boob, la mini copie de ce bon vieux Luigi. Qu'est-ce qui nous faut ta visite ?

- Est-ce que Mitsuki est là, demanda petit Luigi dont la voix tremblait légèrement.

- Mitsuki hein ? Désolé petit elle est pas là pour l'instant. Mais t'as du bol elle risque de venir par ici alors entre le temps de te réchauffer. D'après les copains elle est en chemin pour rentrer.

- Merci c'est gentil, remercia petit Luigi en entrant dans le hall.

- Bah t'imagines pas des choses, répondit Boob en fermant la porte derrière lui. C'est juste parce qu'elle t'aime bien qu'on te laisse entrer. Elle apprécie notre compagnie et on aime bien la sienne. Elle est comme nous, elle aime bien la tranquillité.

- Elle s'arrête souvent ici ?

- Oh plus souvent qu'au château ça tu peux me croire. Elle part pendant un temps, en général entre une ou plusieurs semaines mais jamais plus d'un mois, et elle revient ici pour se ressourcer. C'est sa maison en quelque sorte.

Boob fit signe à un autre boo qui partit à travers un mur. La pluie commença à tomber et, à en juger à la rapidité des gouttes qui s'écrasaient sur le sol et le toit, l'orage risquait d'être violent. On ne voyait plus grand chose dans le hall et les bougies allumées ne faisaient rien pour y remédier.

- Pourquoi elle est distante à votre avis, questionna petit Luigi.

- Sincèrement gamin, nous les boos, on en a aucune idée, signala Boob. Les gens ont tous leurs petits secrets qu'ils aiment bien garder cachés. Certains sont plus gros que d'autres et ces gens n'ont pas certainement envie que quelqu'un les découvre. Mais peut-être que je divague, peut-être que je dis la vérité ou peut-être que je te mens en ce moment même. Qui pourrait le savoir ? Moi oui mais pas toi. Si ça se trouve c'est notre mode de vie qui l'a contaminé.

Le boo eut à peine fini son étrange discours que la porte du manoir s’ouvrit brutalement dans boucan pas croyable. Une silhouette noire se dessinait sur le palier et avec l’orage qui grondait à l’arrière, cela lui donnait un aspect encore plus imposant. Elle s’avança et dans la lueur des chandelles petit Luigi aurait pu la reconnaître entre mille. Habillée d’un manteau sombre de voyage et d’une besace en cuir usée par le temps, elle rabattit sa capuche en arrière découvrant ses cheveux bruns attachés vers l’arrière en queue de cheval. Sa figure était pâle et ses yeux noirs sans fond dont l’un avait une vilaine cicatrice lui donnaient l’air de scanner chaque parcelle de votre corps pour dénicher un quelconque point de faiblesse. C’était Mitsuki. Elle se débarrassa silencieusement de son sac et de sa veste qu’elle accrocha sur un vieux porte-manteau. Elle portait dessous un débardeur qui laissait apercevoir son collier composé d’une étoile blanche et d’une sphère noire. Une seconde mais large balafre descendait de la base de son cou jusqu’à son bras droit dont petit Luigi ignorait l’origine. Elle souffla comme de soulagement.

- Rien ne vaut une bonne petite pluie pour se rafraîchir, dit-elle.

Chapitre II
Les préparatifs

Mitsuki regardait à présent en direction de petit Luigi. Ses yeux aux couleurs d’une nuit sans lune le fixaient si intensément qu’il ne put réfréner un frisson. Il se sentait comme une petite souris devant un chat. Sauf qu’il ne savait pas s’il devait être fasciné ou mouiller sa salopette. Cela devait être sans doute dû à l’aura qu’elle dégageait, du moins c’est ce en quoi voulait croire petit Luigi. Mitsuki brisa finalement ce tableau léthargique en se mettant à son niveau et elle lui caressa les cheveux.

- Et bien petit Luigi, dit-elle d’un ton étonnamment chaleureux, qu’est-ce que tu fais tout seul au manoir ? Ce n’est pas un endroit pour un enfant, ni même pour d’autres personnes je dois l’avouer.

- Je suis venu pour te voir, articula tant bien que mal petit Luigi.

- Y a-t-il quelqu’un au château qui sait que tu es ici ?

Petit Luigi ne put répondre à cette question et baissa la tête, rouge de honte. Mitsuki soupira.

- C’est bien ce que je pensais, fit Mitsuki. On va s’installer au salon pour discuter. Vas-y en premier, tu connais le chemin. Je te rejoins dans un instant.
Tandis que petit Luigi montait les escaliers vers le 1er étage, elle se redressa et se tourna vers Boob.

- J’espère qu’il n’a pas trop troublé votre tranquillité.

- Non t’inquiète, répondit Boob, mais il commence à poser des questions le gamin.

- Des questions ?

- Il voulait savoir pourquoi tu te comportes comme un boo.

- Il a vraiment tenu ses propos ?

- Nan, j’ai seulement résumé toutes ses questions en une seule. Mais je t’apprendrais rien si je te disais que ça jase beaucoup au château à ton sujet. Franchement ça va faire combien de temps que ça dure ? 2 ans ? 3 ans ?

- 28 mois. Je sais, inutile de me le rappeler. Je sais encore ce que je fais et je suis également au courant de ce qui se trame au château même si je n’y vais que dans de rares occasions. Si petit Luigi est venu ici c’est surement pour me demander s’il peut partir à l’aventure avec moi.

- Et du coup tu vas lui répondre quoi si c’est le cas ?

- Je vais lui laisser passer cette lubie. Ça ne peut lui faire que du bien de sortir un peu de ce château pour une fois. Mais ce ne sera qu’une seule fois. Ensuite je reviens au manoir. J’ai vraiment besoin de repos.

Mitsuki se dirigea vers les escaliers et monta les marches quatre à quatre. Arrivée au salon elle vit la silhouette fantomatique d’une vielle dame se balancer d’avant en arrière sur un rocking-chair, travaillant avec la plus grande des minuties à entre mailler des fils aux allures spectrales. Quant à petit Luigi, il se tenait tranquillement assis sur le canapé et regarda Mitsuki fermer la porte derrière elle. Puis elle s’assit mollement dans un fauteuil.

- Je t’écoute, dit-elle.

Petit Luigi raconta son histoire et ce qu’il attendait de Mitsuki. Elle ne tiqua pas lorsqu’il parla de la fleur des neiges, ce qui signifiait pour lui qu’elle avait entendu parler de l’artefact magique et qu’elle savait sans doute où il se trouvait. Ça le remplissait de détermination.

- Alors tu veux bien m’accompagner, demanda petit Luigi.

- C’est d’accord, déclara Mitsuki.

- Vraiment !?

- Oui. Cependant je tiens à te rappeler que tu es venu ici sans en informer qui que ce soit. Je te propose donc de retourner rapidement au château pour faire tes bagages tandis que je discute de ce sujet avec la princesse Peach. Ça évitera certains… problèmes qui se sont déjà produit auparavant si tu vois ce que je veux dire. Et puis de toute manière elle m’aurait convoquée à un moment ou un autre.

Mitsuki se pinça l’arête du nez et inspira à grand coup. Elle aurait amplement préféré une soirée au calme dans ce fauteuil mais c’est vrai qu’elle avait délaissé petit Luigi ces derniers temps et il méritait de passer du temps ensemble tous les deux. Tant pis se dit-elle. Espérons que cette quête ne soit pas trop compliquée à réaliser.

Ils sortirent plus tard de la salle des tuyaux. Petit Luigi s’empressa de courir en direction de sa chambre tandis que Mitsuki marcha de manière nonchalante vers la bibliothèque. Cette histoire de fleur des neiges lui semblait vaguement familière. Son grand-père avait dû surement lui en parler mais elle n’arrivait pas à s’en souvenir. Autant voir ce qu’il en est dans les manuscrits de l’ancien temps. Elle entra dans la bibliothèque où papy Champi sirotait à présent dans son fauteuil un délicieux thé à la rose. Elle prit un manuscrit, le posa délicatement sur une table et elle le feuilleta en silence. Elle tomba sur l’article en question. Quelques lignes plus loin, elle se mordit la lèvre inférieure.

- Maitre Champi, quel est le niveau de petit Luigi en ancien langage, demanda-t-elle.

- Inexistant, répondit l’intéressé.

- Il ne peut pas être aussi mauvais que ça.

- Il est inexistant parce qu’il n’a jamais reçu ce genre d’enseignement. Seules les princesses en ont le droit et quelques Toads que j’ai moi-même choisi. Mais cet apprentissage reste basique. Il n’est jamais poussé bien loin.

- C’est bien ce que je pensais. Cette aventure risque d’être plus ardue tout compte fait.

- Par ailleurs des nouvelles nous sont parvenues ce matin et une d’entre elle n’est pas des plus joyeuses. Je vous suggère de vous rendre au bureau de la princesse au plus vite.

- Merci mais je crois savoir de quoi il en retourne.

- Ah que serait notre gardienne des pierres sans son immense réseau d’information, dit Papy Champi sur un ton amusé.

Mitsuki sourit à sa remarque et rangea le livre à son emplacement d’origine. Lorsqu’elle sortit de la bibliothèque elle vit petit Luigi se précipiter vers elle accosté d’un sac bien trop grand pour lui. Stupéfaite elle le reconnut ; c’était avec ce sac qu’elle avait fait sa première aventure. Comme il ne supportait plus ses longs et nombreux voyages elle s’en était débarrassée. C’était sans compter sur la valeur sentimentale qu’il avait acquis auprès de petit Luigi. Mitsuki en était à la fois impressionnée et effrayée. Ça ne doit pas se passer ainsi, criait une voix dans sa tête. Elle ferma les yeux, secoua brièvement la tête et détourna le regard de cette image d’un petit Luigi avec des étoiles pleins les yeux. Elle se dirigea sans un mot vers le bureau de la princesse Peach.
Le bureau était plus riche que celui de Sarasaland. C’était une pièce bien éclairée et les couleurs chaudes dominaient l’ensemble le rendant ainsi agréable à vivre. Des tapis étaient disposés sur le sol marbré tandis que des tapisseries rouges et dorées pendaient aux murs dont les teintes étaient similaires à celle jonchées sur le sol. Peach était installée à son bureau et s’occupait calmement de la paperasserie quotidienne. En apercevant Mitsuki et petit Luigi, elle se leva et contourna son bureau. Une fois positionnée devant ses invités, elle inclina légèrement la tête.

- Ah Mitsuki quelle joie de vous revoir à nouveau, déclara la princesse Peach d’une voix douce. Comment vous portez-vous depuis la dernière fois ?

- Très bien je vous remercie princesse. Comment vont les garçons ?

- Ils sont en bonne santé, répondit-elle avec un sourire. Et ne me remerciez pas, c’est mon devoir de me soucier de mes sujets. Où en sommes-nous concernant nos relations avec la région de Koopnaval ?

- Elles sont en bonne voie. Les Koopas se sont réunis pour choisir leurs représentants et acceptent de futurs accords commerciaux. Vos entretiens avec eux vont pouvoir débuter prochainement. Je vous laisse vous occuper du reste des modalités.

- Je suis très reconnaissante de ce que vous faites pour apaiser les tensions. Le royaume champignon n’a jamais été aussi calme depuis que vous êtes ici.

- Je ne fais que mon travail votre altesse. Par ailleurs je souhaiterais vous faire une proposition.

- Faites.

- Petit Luigi souhaite m’accompagner pour mon prochain voyage. J’aimerais votre autorisation.

- Bien entendu vous pouvez. A la seule condition que cela ne vous pose pas de problème.

- Vous avez ma parole qu’il n’y aura aucun incident venant de ma part.

- J’ai entièrement confiance en vous à ce sujet. D’ailleurs je crois savoir que vous n’avez pas besoin de mon accord pour guider vos actions.

- C’est vrai. Néanmoins je préfère prévenir afin d’éviter les interrogations qui amèneraient à créer la panique.

- En effet. Hihihi.

Peach émit un rire timide. Elle avait une manière de rire qui rappelait à Mitsuki celui de sa grand-mère. Il avait le don de faire disparaître la moindre tension qui avait dans l’atmosphère. Mitsuki se détendit un peu. Petit Luigi écoutait leur dialogue avec attention et il ne pouvait s’empêcher de sentir cette aura puissante qui émanait de ces deux-là. Royal serait le mot qui s’en rapprocherait le plus. Il remarqua également le regard de la princesse Peach. Un profond respect s’en dégageait. Privilège qu’elle accordait uniquement à Papy Champi et que même Mario, de visu, n’a jamais su obtenir. Habituellement, elle montrait à tous de la bienveillance. Pour petit Luigi, cela donnait une allure encore plus cool à Mitsuki et il n’oubliait pas que c’était souvent elle que la princesse Peach envoyait pour résoudre les missions diplomatiques qui risquaient plus tard de tourner en conflits. Il sentit pousser en lui un élan de fierté. Pouvoir partir à l’aventure avec la personne la plus classe du royaume champignon et qui plus est pour une mission dont il était l’instigateur. Une pointe d’excitation vint s’ajouter à sa fierté naissante.

- Je suis allée voir Papy Champi, reprit Mitsuki. Il m’a informé que vous avez reçu de mauvaises nouvelles.

- Oui hélas. Champ de fleur a subi un terrible incendie. J’aimerais que vous alliez à la rencontre de ses habitants, enquêter et évaluer les dégâts. Savoir s’ils ont besoin de soutien de notre part et, s’il vous est possible, minimiser les dommages. Bien que Champ de fleur soit une province libre rien n’empêche le royaume champignon de s’occuper de tous ses citoyens.

- C’est même le premier objectif.

- Hihi tout à fait. Bien je vais vous laisser, nous avons chacun du travail à terminer de notre côté. Mitsuki. Petit Luigi. Faites attention à vous.

Mitsuki acquiesça et sortit la première suivit de petit Luigi. Il comprit que son aventure devait attendre mais cette contrainte était un bonheur à ses yeux ; il allait passer plus de temps avec Mitsuki. Des Toads s’éloignèrent à la vue du duo mais il semblait ne pas s’en soucier. Cependant, à la grande surprise de petit Luigi, ils prenaient le chemin opposé à la salle aux tuyaux.

- On ne prend pas un tuyau pour aller à Champ de fleur ? demanda petit Luigi interloqué.

- Champ de fleur est une province libre, répondit Mitsuki, ce qui signifie que le royaume n’a aucun droit sur le territoire et donc pas de tuyau.

- Alors comment font-ils s’ils veulent voir des amis ?

- Ils font le voyage à pied tout simplement. La plupart des habitants sont des plantes et des Wigglers alors traverser des plaines et des forêts c’est pas vraiment un problème. Et maintenant si tu permets, on parlera géographie plus tard.

Ils étaient à présent sur le palier du château. La fin d’après-midi apporta avec lui une baisse de température qui fut accueillie avec allégresse. Mitsuki scruta le ciel. Aucun nuage à l’horizon. Elle parut satisfaite et murmura une formule. Un nuage apparut comme par magie. Il ressemblait trait portrait à ceux qu’utilisait les lakitus pour se déplacer. Elle monta naturellement dessus. Petit Luigi, qu’en a lui, trépignait d’excitation.

- Et avec celui-là, pas besoin de hurler « nuage magique » pour qu’il rapplique, fit Mitsuki.

La réunion avec Peach lui avait offert le coup de fouet qui lui manquait. Tout en aidant petit Luigi à monter sur le nuage, elle se dit qu’elle avait encore le temps de penser aux explications qu’elle va devoir plus tard à petit Luigi. En attendant le début du voyage se fit jusqu’au coucher du soleil pendant lequel petit Luigi put assaillir Mitsuki de nombreuses questions sur Champ de fleur.

À suivre...